C’était un 22 novembre…

Gamins alsaciens attendant les troupes françaises à Strasbourg

1918 : Après la signature de l’armistice à Rethondes, entrée des troupes françaises à Strasbourg, après près de 50 ans d’occupation allemande. Elles étaient arrivées en Alsace le 16. Les « provinces perdues » fêtent leur retour à la mère-patrie.
Concernant la dureté de l’occupation allemande (probablement plus dure pour les régions françaises touchées que celle de la 2e Guerre), on peut lire les atrocités allemandes, de John Horne et Alan Kramer.

1946 : les journalistes Pierre-Antoine Cousteau (livres et bio ici) et Lucien Rebatet (livres et bio ici) sont condamnés à mort (ils seront graciés, puis élargis dix ans plus tard).

1963 : mort à Hollywood du romancier et essayiste anglais Aldous Huxley, auteur du roman dystopique culte Le meilleur des mondes (1932).

1963 : le président John F. Kennedy est assassiné à Dallas (Texas) par Lee Harvey Oswald, depuis la fenêtre d’un dépôt de livres.
En réalité, les tueurs sont multiples.
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C’était un… 21 novembre

1852 : après un premier succès l’année précédente, lui donnant l’autorité suprême, Louis-Napoléon Bonaparte remporte un nouveau plébiscite restaurant la « dignité impériale » héréditaire en voie masculine, avec l’approbation de 97% des votants.

1892 : scandale de Panama. A la Chambre, le journaliste et député nationaliste Jules Delahaye dénonce la corruption des 104 députés « chéquards », c’est-à-dire achetés par la compagnie occupée à percer le canal de Panama (et qui a fait faillite en ruinant des milliers d’épargnants escroqués). La veille, s’était suicidé (officiellement du moins) le baron Jacques de Reinach, impliqué au cœur de cette affaire avec Cornelius Herz, lui aussi juif allemand comme le souligna la presse patriotique. La troisième République est ébranlée par ce scandale, qu’Edouard Drumont avait révélé les semaines précédentes, dans sa Libre Parole. La carrière de Clemenceau, proche de l’escroc Herz, est mise entre parenthèse quelques années.

1894 : décès, à Paris, de l’historien anti-maçonnique Claude (« Claudio ») Jannet, l’un des premiers à mettre en valeur des liens avec les manichéens, les Templiers et les anciennes corporations. Dans un livre important coécrit avec le père Nicolas Deschalomps, les Sociétés secrètes et la société, il avait mis en relief les caractères communs entre les principales hérésies et les doctrines maçonniques.

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C’était un 20 novembre : mort de Jose Antonio Primo de Rivera et de Francisco Franco

 En 1936, alors que l’avancée nationaliste est bloquée à la hauteur de la cité universitaire de Madrid, à Alicante, le fondateur de la Phalange espagnole est fusillé, à l’âge de 33 ans, par le Front populaire arrivé au pouvoir quelques mois plus tôt.

Fils du général Miguel Primo de Rivera, dictateur en Espagne entre 1923 et 1930, cet avocat – artisan de la doctrine « nationale-syndicaliste » – reste une figure marquante du nationalisme en Europe.
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C’était un… 19 novembre

1316 : mort de Jean Ier, fils posthume de Louis X le Hutin, cinq jours après sa naissance. Durant ce cours laps de temps, il a été roi de France. C’est le règne le plus court de l’histoire de France.

1665 : mort, à Rome, de Nicolas Poussin, figure majeure de la peinture française du Grand siècle. Il est l’auteur de toiles, souvent allégoriques et symboliques, à la signifiation perdue (les Bergers d’Arcadie).

« Les Bergers d’Arcadie » (2e version).

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C’était un 18 novembre…

L’amiral Koltchak, au centre, inspectant des troupes. DR

1918 : coup d’État à Omsk qui porte au pouvoir, contre sa volonté, l’amiral Koltchak, élu Régent de Russie et chef suprême des armées blanches, fonction fictive qu’il ne pourra jamais exercer. Dans le Sud, le général Denikine reconnaîtra son autorité le 30 mai 1919.

1922 : mort, à Paris, de l’écrivain Marcel Proust.
Son style se caractérisait par des phrases fort longues, sinueuses et introspectives, qui dissèquent le temps, la mémoire affective et les sensations avec une précision presque microscopique, au risque de l’excès et de la préciosité.
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C’était un… 17 novembre

•  1793 : début des « noyades de Nantes », quand l’infâme Carrier fait noyer 90 prêtres réfractaires dans la Loire.
Mandaté par la Convention nationale pour briser la révolte vendéenne par tous les moyens, Jean-Baptiste Carrier invente la noyade en masse et met au point la « déportation verticale » dans le fleuve, l’objectif étant d’éliminer rapidement et à moindres frais des condamnés trop nombreux…
Pour se faire la main, l’envoyé de Paris commence avec 90 prêtres réfractaires (c’est-à-dire ayant refusé de signer la Constitution civile du clergé) emprisonnés à Nantes. Il demande à son bras armé, l’adjudant général Lamberty, et à ses hommes, la compagnie Marat, de les noyer dans la Loire, le « fleuve républicain ». Lire la suite ici. Entre les derniers jours de 1793 et février 1794, de 1 800 à 4 800 victimes disparaissent dans la Loire.

1796 : mort d’une crise d’apoplexie, à Saint-Pétersbourg, de Catherine II de Russie (Sophie-Augusta d’Anhalt-Zerbst), âgée de 67 ans. Son règne est l’un des plus importants des Romanov.

1860 : l’aventurier français Antoine de Tounens fonde le Royaume d’Araucanie et de Patagonie, dont il se proclame roi sous le nom d’Orélie-Antoine Ier. Jean Raspail a relaté cette geste fantasque dans son roman Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, publié en 1981.

1893 : le Dahomey devient un protectorat français.

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C’était un…16 novembre (mort de Charles Maurras)

1669 : Bossuet prononce l’oraison funèbre d’Henriette de France – fille d’Henri IV et femme de Charles Ier, roi d’Angleterre –, suscitant les sanglots de l’auditoire. Ce propos, dit Voltaire, est « presque en tout un chef-d’œuvre ».

« Nous devrions être assez convaincus de notre néant : mais s’il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés de l’amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible. Ô nuit désastreuse ! Ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt ! Madame est morte ! […] »

► Un recueil des grands textes de Bossuet a été édité.

1831 : mort, en Silésie, du général et théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz, auteur, dans De la guerre, de la célèbre formule « la guerre est la continuation de la politique par l’emploi d’autres moyens. »

1869 : ouverture du Canal de Suez, après dix ans de travaux, reliant la mer Méditerranée et la mer Rouge.

1937 : dans la nuit du 15 au 16 novembre, le CSAR (Comité secret d’action révolutionnaire), surnommé péjorativement par Maurras « la Cagoule », mais originellement nommé l’OSARN (Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale), mobilise secrètement ses effectifs en région parisienne, les tenant prêts à intervenir, dissimulés à côté de différents dépôts d’armes.
S’appuyant sur des notes du 2e Bureau, ils attendent un coup d’Etat communiste pour la nuit et sont prêts à le contrer.

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C’était un… 14 novembre

565 : mort, à Constantinople, de l’empereur romain d’Orient Justinien Ier.
Issu de modestes paysans illyriens, il fut surnommé « l’empereur qui ne dort jamais » en raison de son extraordinaire puissance de travail. Il eut pour dessein de reconstituer l’empire romain (la renovatio imperii) et devait réussir, à l’exception de la Gaule franque. C’est dans le domaine juridique que sa postérité fut majeure (on lui doit notamment le Code justinien), et influença la chrétienté médiévale, le droit canonique, ainsi que notre droit moderne. Il rénova le système routier et, grand bâtisseur, releva plusieurs villes ensevelies sous les ruines. C’est lui qui fit élever la Basilique Sainte-Sophie de Constantinople. Il ferma aussi l’école néo-platonicienne d’Athènes (qui perpétuait l’héritage philosophique de Platon, mais était aussi un centre initiatique ésotérique où l’on s’adonnait aux pratiques magiques) : c’est la fin de l’Antiquité païenne.

L’Empereur Justinien Ier auréolé et entouré de généraux et de clercs Mosaïque de 547, Basilique de Saint Vital, Ravenne (Italie)

1943 : début du « congrès de Vérone », du Parti fasciste républicain (créé en 1943), dans le but de rédiger le programme de gouvernement de la « République sociale italienne », établie au nord de l’Italie après la libération de Mussolini par un commando allemand. Cette assemblée fonde le « troisième fascisme », qui renoue avec ses origines et préconise la fin du capitalisme. Ce congrès, où s’exprimèrent des tendances variées fut tumultueux : Mussolini parla d’une « foire d’empoigne ».

1967 : parution de la Société du spectacle, du philosophe situationniste Guy Debord, une pertinente dénonciation de l’ordre marchand, du consumérisme capitaliste et du règne de l’apparence. L’ouvrage sera en réalité découvert après Mai 68.

C’était un… 12 novembre

1437 : après que les Anglais ont été chassés de Paris, à l’issue de vingt ans de présence, le roi Charles VII fait triomphalement son entrée solennelle, par la porte Saint Denis. A l’époque, les entrées officielles se font non par le sud, mais par le nord, après avoir fait un détour à la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France. Toutes les rues sur son passage étaient garnies de théâtres, où l’on joutait les Mystères (de la religion) selon l’usage du temps. Le spectacle le plus original fut l’affrontement des sept péchés capitaux contre les sept vertus morales.

►à propos de la représentation théâtrale des Mystères, on peut lire l’excellent petit livre Réconcilier Justice et Miséricorde

1793 : l’astronome français Jean Sylvain Bailly est guillotiné sur le Champ-de-Mars. Membre de la loge des Neuf sœurs, révolutionnaire modéré, il fut le premier maire de Paris et fit face à l’agitation des Sans-culottes ; convoqué au procès de Marie-Antoinette, son refus d’accabler la reine dans son témoignage entraîna sa condamnation à mort.

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11 novembre…

1,4 million de Français tués, 4 millions de blessés et de mutilés.
Le conflit aurait pu s’arrêter en 1917, en Europe occidentale du moins, mais l’intransigeance et le jusqu’au-boutisme des Allemands d’un côté, et de Georges Clemenceau de l’autre (« franc-maçon sans tablier » qui détestait la monarchie austro-hongroise et ne voulut pas entendre d’une paix séparée avec elle) en décidèrent autrement.
Cette radicalité de Clemenceau notamment allait aboutir au mauvais traité de Versailles, qui allait entraîner la Deuxième guerre vingt ans plus tard.
Si les braves Poilus avaient imaginé ce que la France allait devenir quelques dizaines d’années plus tard : une province d’une entité supranationale (l’UE), une poubelle tiers-mondisée, aux moeurs contre-nature, où la moitié des naissances ne concerne pas des bébés français…

C’était un… 10 novembre

1444 : les forces combinées de la Hongrie, de la Pologne et de la Valachie, descendues du nord pour libérer les Balkans du joug ottoman, sont écrasées par les Turcs, deux fois plus nombreux, à la bataille de Varna (actuelle Bulgarie). Le vaillant roi polonais Vladislav III Jagellon, qui était en même temps Ulaszlo I de Hongrie, trouve une mort héroïque au combat. C’est l’échec de la croisade prêchée quelques mois avant par le pape Eugène IV.

1567 : le connétable de Montmorency, qui commande l’armée du roi, est tuée lors de la bataille de Saint-Denis, laquelle est tout de même remportée face aux Huguenots.

1861 : mort d’Henri Mouhot, près de Luang Prabang (actuel Laos), du paludisme et de la fièvre jaune, à l’âge de 35 ans, en pleine expédition. Ce naturaliste, botaniste, entomologiste et explorateur français est considéré comme un des explorateurs pionniers en Indochine.
Grâce à ses expéditions, ses carnets, ses collections, et ses dessins, il fit découvrir à l’Europe les vestiges de l’architecture khmère et particulièrement le temple d’Angkor, et ouvrit la voie aux futures explorations de cette région qui permettront de grands chantiers de restauration des temples, qui seront orchestrés par l’École française d’Extrême-Orient.

« M. Mouhot bivouaquant dans les bois du Laos. – Dessin de E. Bocourt d’après une aquarelle envoyée par le voyageur à sa famille quelques jours avant sa mort. »

il illustra bien le goût de l’exploration, des connaissances et de l’aventure ainsi que le courage de la race française.

►à propos de l’empire français à travers les siècles et les continents, nous recommandons le recueil Mémoires d’empire.

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De Gaulle (mort le 9 novembre 1970) : autopsie d’un mythe

Un texte puissant de Guy Bourdon :

« Né en 1890, 50 ans plus tard, De Gaulle n’est ni célèbre ni même vraiment connu au-delà du cercle de ses intimes et relations ordinaires. Sorti 10e de sa promotion de St Cyr (la même que le futur Maréchal Juin, sorti 1er), colonel en 1940, sa carrière militaire n’a, jusque-là, été marquée par aucune action notoire si ce n’est un talent d’écrivain repéré par le Maréchal Pétain qui, après la Grande Guerre, l’intègrera à sa « maison ».

Cette guerre de 1914/18, creuset et révélateur de tant de vertu et d’héroïsme, du « Poilu » au général en chef, n’a pas été très brillante pour celui qui, à 18 ans, utilisant déjà le pluriel de majesté, affirmait : « Quant à l’avenir, il sera grand car il sera pétri de nos œuvres (…) ». Gratifié par erreur et précipitation d’un éloge funèbre à Verdun en 1916, il sera découvert qu’en réalité il s’est piteusement rendu à l’ennemi de manière si peu honorable que, prisonnier, les Allemands lui refuseront de porter son épée en assistant à la messe du dimanche ainsi qu’ils y autorisent, par tradition, les officiers vaincus avec honneur.

L’après-guerre le trouve donc près du Maréchal Pétain auquel il voue une admiration telle qu’il le voudrait pour parrain de son fils, né en 1921 et qu’il prénomme Philippe.
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C’était un… 8 novembre

1226 : mort du roi de France Louis VIII, dit « le Lion » – fils de Philippe Auguste et près de Saint Louis –, victime de la dysenterie.
Son règne fut court (trois ans) mais cependant marqué par deux brillantes campagnes : l’une contre les Anglais en Guyenne, l’autre contre Raymond VII de Toulouse (dans le cadre de la lutte contre le catharisme). Il avait publié un édit en 1223, interdisant l’usure aux Juifs et annulant les créances détenues par eux.

La mort de Louis VIII par François Boucher (1721).

La fin rapide de ce souverain âgé de 39 ans qui, quelques semaines auparavant, chevauchait à la tête de son armée, donna lieu aux rumeurs (d’empoisonnement). Les médecins attribuèrent sa maladie à une trop longue continence sexuelle, et lui amenèrent une fille… Mais le roi la chassa en disant qu’il préférait mourir plutôt que de commettre un péché mortel.

1793 : lorsque Mme Roland, femme du ministre Roland de la Platière, monte à l’échafaud, elle lâche cette parole passée à la postérité : «Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »
Elle est exécutée pour avoir été, dans l’ombre de son salon, l’inspiratrice des Girondins.

1906 : le parti anticlérical veut extirper la religion des campagnes. Le député socialiste et franc-maçon Viviani l’avoue à la tribune de l’Assemblée : « nous avons arraché les consciences humaines à la croyance. […] Ensemble et d’un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus. »

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C’était un… 6 novembre

1777 : mort de Bernard de Jussieu, médecin, zoologiste important et botaniste lyonnais qui aménagea, pour Louis XV, le jardin du Trianon.

1793 : Louis-Philippe d’Orléans, appelé (à sa demande) « Philippe-Égalité », est traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et guillotiné le jour même.
Ennemi de la Cour, acquis aux idées libérales depuis longtemps, il avait, dès 1787, entretenu des pamphlétaires et des chansonniers chargés par lui de moquer le régime. En octobre 1789, il avait organisé la « marche du peuple » sur Versailles. Député de la Convention, il avait voté la mort de Louis XVI.

1836 : mort, à Goritz (Autriche), où il vivait en exil, de l’ex-roi de France Charles X, qui avait été renversé en 1830, au profit du libéral Louis-Philippe, fils de Philippe-Egalité.

Charles X, régnant.

1944 : sanglant assassinat, au Caire, de Lord Moyne, ministre d’Etat britannique (le plus haut représentant officiel anglais en Egypte) et de son chauffeur, par deux membres du groupe Stern, organisation terroriste sioniste, sur ordre d’Yitzhak Shamir, futur Premier ministre israélien, qui a toujours assumé cet acte.
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