Charles d’Orléans recevant hommage d’un vassal. Lettrine ornée, xve siècle, Paris
• 1465: mort de Charles d’Orléans, à Amboise.
Ce prince de France – fils du frère du roi –, capturé lors de la bataille désastreuse d’Azincourt, en 1415, demeura prisonnier des Anglais durant 25 ans.
C’est pour charmer l’ennui de sa captivité qu’il devint poète, cultivant la galanterie raffinée, sous une pointe de mélancolie.
Libéré en 1440, il entreprit de conquérir le Milanais, qu’il tenait de droit par sa mère, mais ne put se rendre maître que du comté d’Asti. Il s’établit alors à Blois, où il tint une cour lettrée.
Il laisse une centaine de ballades, autant de chansons, et environ 400 rondeaux.
« Été revêt champs, bois et fleurs De sa livrée de verdure … Mais vous, Hiver, trop êtes, plein De neige, vent, pluie et grésil … Hiver, vous n’êtes qu’un vilain ! »
► En fin d’article, retrouvez sa fameuse Complainte de France.
• 1477: Charles le Téméraire, maître de la Bourgogne et de la Flandre, trouve la mort en affrontant une coalition d’Alsaciens, de Suisses et de Lorrains, au cours de laquelle son armée est totalement détruite.
• 1884: fondation, à Londres, de la Société fabienne (« Fabian Society »), un influent groupe de pression socialiste et mondialiste. Elle a compté dans ses rangs tous les Premiers ministres travaillistes britanniques jusqu’à 2010, ainsi que les premiers chefs d’État et de gouvernement d’anciennes colonies britanniques tels que l’Inde, le Pakistan ou Singapour.
Le blason originel de la Société fabienne représente un loup caché sous une peau d’agneau. Charmant, non ?
► pour creuser, on peut lire le livre de Guy Boulianne, le seul en français sur ce sujet à notre connaissance.
• 512: mort de Sainte Geneviève, patronne de Paris. Voir en fin d’article quelques rappels sur sa vie.
Portrait de sainte Geneviève, devant l’hôtel de ville et l’île de la Cité, peint au XVIIe siècle. DR
• 898: mort, à la Fère, d’Eudes, ou Odon, comte de Paris et marquis de Neustrie (866-868 puis 886-888), devenu roi des Francs (888-898), le premier de la dynastie des Robertiens.
Une large partie des grands du royaume, au sein desquels les Robertiens tiennent une place éminente, avaient choisi Eudes – qui avait secouru Paris assiégé par les Vikings au cours de l’hiver 885/886, pour le remplacer Charles III.
Eudes est inhumé à Saint-Denis. En 996, son petit-neveu Hugues Capet est inhumé à ses côtés. En août 1793, ils sont parmi les premiers tombeaux détruits par ordre de la Convention lors de la profanation des tombes de la basilique Saint-Denis. Les deux gisants d’Eudes et Hugues disparaissent en même temps que celui du roi Dagobert Ier.
• 366: les Alamans passent le Rhin et mènent un raid de saccage et pillage en Gaule romaine, après avoir défait les troupes impériales.
• 872: fondation, par le roi de France et empereur Charles le Chauve, de Compiègne, édifiée sur le modèle de Constantinople. Il la nomme Carlopolis, de son nom.
• 1492: fin de la Reconquista, avec la prise de la ville de Grenade, en Andalousie, au terme de plusieurs années de combat mené par les rois catholiques, avec l’aide de nombreux chevaliers gascons.
La péninsule ibérique est entièrement libérée du joug mahométan après 880 ans de guerre.
La capitulation de Grenade, par Francisco Pradilla y Ortiz : Boabdil remettant les clès de Grenade à Ferdinand II d’Aragon, et Isabelle Ire de Castille.
Grenade était le dernier bastion musulman mais, deux ans avant à peine, ce royaume s’étendait de la Sierra à la mer.
Si les occupants avaient été plus malins, ils auraient inventé l’expression « vivre-ensemble » pour justifier leur invasion et leur présence…
• 379: mort, à 50 ans, à Césarée de Cappadoce dont il était évêque, de Basile de Césarée, l’un des principaux Pères de l’Église. Il fut appelé, de son vivant, Basile le Grand en raison de son autorité morale.
Fondateur d’un monastère dans la région du Pont, sur la mer Noire, il fut l’auteur d’une règle (dite « de saint Basile ») devenue la principale règle monastique d’Orient, et a partiellement inspiré la règle de saint Benoît dans l’Occident chrétien. Il pratiqua l’ascèse toute sa vie.
Il défendit la foi contre l’arianisme et écrivit des traités sur le Saint-Esprit, développant la théologie de la Trinité.
• 1515: mort, à Paris, de Louis XII, dit « le père du peuple », à l’âge de 52 ans
• 1560: mort, à Paris, du poète Joachim du Bellay. Il était né 38 ans plus tôt, à Liré, en Anjou. Cet humaniste ami de Ronsard publia, en 1549, Défense et illustration de la langue française, un des premiers manifestes sur le sujet. Ce plaidoyer paraît dix ans après l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Du Bellay y montre sa reconnaissance envers François Ier, « notre feu bon Roi et père », pour son rôle dans le fleurissement des arts et de la culture, et considère que la langue française est encore dans l’enfance et qu’il faut la fortifier en la pratiquant et en l’enrichissant par l’invention de nouveaux mots afin de la rendre aussi puissante que le sont le grec et le latin.
Parmi ses plus célèbres vers, le sonnet XXXI des Regrets :
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?
• 192: à Rome, l’empereur Commode – fils de Marc Aurèle, sanguinaire et dément –, après avoir échappé à plusieurs conspirations, est étranglé dans son bain par un esclave, à l’instigation de sa compagne Marcia et du préfet du prétoire qu’il avait effrayés.
• 1578: à Paris, le roi de France Henri III annonce la création de l’ordre des chevaliers du Saint-Esprit, dont le siège est au couvent Saint-Augustin. Cet ordre deviendra le plus important de la monarchie française et permettra au roi d’y accueillir cent nobles dévoués à sa cause.
• 1916: assassinat de Grigori Raspoutine (né en 1869) – homme charismatique à la réputation de guérisseur, dont l’influence était grande à la cour du tsar –, par une conjuration de hauts nobles.
• 1922: naissance officielle de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). Cet empire communiste multinational durera jusqu’en décembre 1991. ► à propos du communisme, pour de bonnes suggestions de livres, cliquer ici. Continuer la lecture de « C’était un… 30 décembre »
• 875 : le roi franc Charles le Chauve, l’un des petits-fils de Charlemagne et fils de Louis Ier le Pieux, est à son tour couronné Empereur d’Occident par le pape.
• 1170 : l’archevêque de Canterbury (une des plus anciennes villes anglaises), Thomas Becket, né en 1117, est assassiné par des partisans du roi d’Angleterre Henri II, à l’issue d’un conflit sur les droits et privilèges de l’Église. Il est canonisé trois ans après dans sa cathédrale, devenue lieu de pèlerinage.
• 1911: à la suite de la chute de la dynastie mandchoue des Qing, le nationaliste Sun Yat-Sen devient président de la République de Chine.
• 1622: mort, à Lyon, de saint François de Sales. Il était né en 1567 au château de Sales, dans le diocèse de Genève. Il devint devenu évêque de cette ville en en 1602. Il institua l’ordre de la Visitation, avec à sa tête sainte Jeanne de Chantal. Homme d’écriture, il laissa une œuvre importante. Son ouvrage la plus célèbre, l’Introduction à la vie dévote, remporta un très grand succès dès sa parution, et est considérée aujourd’hui comme une œuvre majeure de la littérature chrétienne.
• 1878: dans l’encyclique Quod Apostolici muneris, le pape Léon XIII condamne fermement le communisme : « une peste mortelle qui s’attaque à la moelle de la société humaine et qui l’anéantit ».
• 1585 : mort de Pierre de Ronsard, grand poète français et patriote fervent.
Il meurt dans son prieuré de saint Cosme (près de Tours). Ce parent de Bayard et de la reine Elizabeth d’Angleterre était né au château de la Possonnière dans la paroisse de Couture-sur-Loir en 1524. Devenu sourd très jeune et donc privé de carrière militaire, il se consacra alors à la littérature. Fondateur du groupe de la Pléiade avec Joachim du Bellay, il a renouvelé l’inspiration et la forme de la poésie française (Odes, Amours, Hymnes, etc.). Bien de son époque, il était marqué par l’humanisme de la Renaissance, qui imprégnait profondément la pensée et la poésie d’alors.
Les Italiens le mettaient au-dessus de leurs plus grands poètes ; dans l’Europe entière, il fut lu et admiré. Lorsqu’il traversait Paris, la jeunesse l’acclamait et les étudiants touchaient sa robe pour devenir poètes. Ses seuls adversaires furent les protestants.
• entre 31 et 36: mort (et fête) de Saint Etienne, le premier martyr.
Il avait fait partie des soixante-dix disciples choisis et envoyés par Jésus en mission (Luc, X, 1-24). Ordonné diacre, pour seconder les douze apôtres, il accomplit des « prodiges et des signes remarquables parmi le peuple » (Ac, 6, 1-8). Erudit, inspiré et rempli de saint zèle, il suscita le courroux du sanhédrin qui le condamna à mort pour « blasphème » et le fit lapider.
Ses reliques se trouvent sous le maître-autel de la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs.
Le martyre de Saint Etienne
• 1736: dans une loge maçonnique de Paris, discours du « chevalier de Ramsay », l’un des principaux créateurs de la franc-maçonnerie française. Le texte de cet Ecossais, fondamental pour la secte, se compose de deux parties et comprend une évocation en forme de programme international, intellectuel et humaniste assignée à la franc-maçonnerie en général et une allégorie symbolique et initiatique tendant à faire de la franc-maçonnerie l’héritière des ordres chevaleresques de l’époque des croisades, tout en la reliant aux mystères grecs et égyptiens.
► pour des livres sérieux sur le thème de la franc-maçonnerie,voir ici.
• 1815: Louis de Bonald propose à la Chambre des députés la suppression du divorce (qui avait été instauré fin 1792). Il sera aboli le 8 mai suivant. L’Eglise n’avait jamais accordé de réalité au divorce (autre que celle d’un péché), et ne l’a jamais fait depuis.
Les textes et discours de Bonald sur ce sujet ont été réunis et présentés par l’abbé Rioult dans un ouvrage.
• 1800: attentat de la rue Saint Nicaise contre Bonaparte. Trois chouans acharnés ont fait sauter un baril de poudre à son passage dans cette rue parisienne. Il y aura des victimes mais le consul s’en sortira indemne.
• 1892: le duel entre le sinistre Clemenceau et le leader nationaliste Paul Déroulède – épisode du scandale de Panama – se déroule sur le champ de course de Saint Ouen, en présence de 300 personnes. Six balles sont échangées, sans résultat. Six mois plus tard, le funeste politicien Clemenceau – super-républicain et anticlérical farouche – perd son siège de député du Var.
• 1894: le socialiste Jean Jaurès est expulsé de la Chambre des députés pour antisémitisme. On lui reproche d’avoir dénoncé à la tribune « la bande cosmopolite » et d’avoir raillé « les foudres de Jéhovah maniées par M. Joseph Reinach ».
• 1923: à Paris, l’anarchiste Germaine Berton est acquittée pour l’assassinat de Marius Plateau, chef des Camelots du roi, alors même qu’elle a avoué et reconnu qu’elle l’avait abattu dans son bureau.
• 1942: à Alger, assassinat de l’amiral Darlan – jusqu’à peu avant le dauphin du Maréchal Pétain – qui était alors Haut-commissaire pour la France en Afrique (« au nom du Maréchal empêché » disait-il), du côté des Alliés, par le jeune Fernand Bonnier de La Chapelle (20 ans), dont le bras avait été armé par un groupe d’activistes partisans du comte de Paris et de De Gaulle. On suspecta les services secrets britanniques d’être mêlés à ce crime, Darlan étant un sérieux rival pour leur homme, De Gaulle. Continuer la lecture de « C’était un 24 décembre… »
L’Assassinat du duc de Guise, par Paul Delaroche, musée Condé (1834). (luminosité modifiée)
• 1588: Henri III fait assassiner le duc de Guise, chef de la Ligue catholique et qui l’avait pratiquement renversé le 12 mai 1588, lors de la Journée des Barricades.
Percé de plusieurs coups de poignards, sans pouvoir mettre la main à l’épée, le duc de Guise, que le roi avait pourtant nommé, le 4 août, lieutenant-général du Royaume, expira en disant : « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! »
Dès qu’il fut mort, le roi descendit dans la chambre de la reine-mère et lui dit ce qui venait d’être fait.
« Je ne sais, lui dit-elle, si vous en avez bien prévu les suites ».
D’un courage extrême, ce grand catholique avait sauvé Paris des mercenaires protestants allemands, en les battant à Dormans, en octobre 1575. C’est là, que blessé d’un coup d’épée, il avait reçu le surnom de Balafré. Continuer la lecture de « C’était un 23 décembre… »
• 1522: les Turc de Soliman « le Magnifique » enlèvent l’île de Rhodes (la plus grande du Dodécanèse) aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (dit « Ordre des Hospitaliers »), après 6 mois de siège (avec 180 000 hommes face à 7000 chevaliers, dont la plupart moururent). Continuer la lecture de « C’était un… 22 décembre »
• 1873: au Tonkin, Francis Garnier est tué par les « Pavillons noirs » (de même que l’enseigne de vaisseau Balny d’Avricourt, son principal lieutenant). Cet officier de marine a tout d’abord participé aux campagnes d’Annam et de Chine, était entré dans Pékin (grâce aux cannonières construites sous sa direction), a exploré le Mékong, visité Angkor, approché le Tibet, revenant à Shangai par le Fleuve Rouge et le Yang-Tsé-Kiang. Après avoir participé à la défense de Paris en 1870, il fut chargé par le gouvernement d’une mission diplomatique au Tonkin, qu’il mena de façon musclée.
• 1945: mort, à 60 ans, de George Patton, général « quatre étoiles » de l’Armée de terre américaine, des suites d’un accident de voiture survenu le 9 décembre 1945 près de Mannheim, en Allemagne occupée.
On lui prête parfois cette citation, mais qui n’est pas établie : « nous avons combattu le mauvais ennemi » ; il est toutefois bien documenté qu’il était vigoureusement anticommuniste, qu’il tenait des propos peu amènes envers les Noirs et les Juifs, et qu’il aurait voulu combattre les soviétiques jusqu’à Moscou. « Berlin me donne le blues. Nous avons détruit ce qui aurait pu être une bonne race, et nous allons la remplacer par des sauvages mongols. Et toute l’Europe sera communiste. […] J’aurais pu la prendre [Berlin] si on m’en avait donné l’autorisation. » (Lettre à sa femme, du 21 juillet). Des rumeurs non étayées ont circulé sur les circonstances de sa mort.
• 1949: les 70 ans de Staline – plus grand criminel de l’histoire de l’humanité, avec Mao – sont l’occasion d’un déchaînement du culte de la personnalité dans les pays communistes et dans le mouvement communiste international.
En France le PC«F» et l’Humanité sont en transe :
En attendant toujours la « repentance » des communistes et de L’Humanité (et de leurs alliés), on peut relire avec curiosité la prose enfiévrée, et même totalement délirante, que proposait ce quotidien, ce jour-là :
« C’est aujourd’hui l’anniversaire de Staline : quelle grande fête pour les peuples du monde ! A travers la terre entière, les travailleurs se réjouissent. Quelle marée de souvenirs monte en nous au nom de Staline !
Staline, c’est l’homme le plus haï du monde — haï par les impérialistes, les exploiteurs, les fauteurs de guerre. Et c’est aussi le plus aimé — aimé par les simples gens qui savent tout ce qu’ils lui doivent […]
Staline ! L’homme qui, avec Lénine, a été le principal artisan de cette révolution russe qui a ouvert une ère nouvelle dans l’histoire du monde, qui a supprimé l’exploitation de l’homme par l’homme sur un sixième du globe ! Staline ! L’homme qui, à la tête de son peuple, est en train de construire le socialisme, qui démontre par les faits que le peuple peut prendre en main ses destinées ! Staline ! l’homme sans qui Hitler serait sans doute aujourd’hui maître du monde ! Staline ! l’homme qui est à la tête du grand combat pour empêcher nos villes de brûler, nos maisons d’être écrasées, nos êtres les plus chers réduits en bouillie sanglante ! Staline… Et quand on pense que nos ennemis, croyant nous insulter, nous, les humbles disciples de Staline, nous traitent de « staliniens » ! Ils ne savent pas, dans leur haine imbécile, que rien ne saurait nous honorer davantage, que nous ne désirons rien plus, en effet, que d’être dignes du beau nom de staliniens ! Et Staline, ce géant de l’histoire, le seul homme vivant dont le nom soif prononcé avec vénération, avec amour, dans tous les pays, sans exception, du monde, Staline est un homme simple, « ordinaire », comme il raconte lui-même que l’était Lénine. […] Et ce petit garçon qui trébuchait dans les ornières, sur le cailloutis pointu des ruelles de Gort, c’est lui qui allait devenir le grand Staline, dont le nom sera répété tant qu’il y aura des hommes! Quelle dure, quelle dangereuse vie il a menée ! Sept fois arrêté, roué de coups par la police du tsar, sept fois déporté, six fois évadé de Sibérie ! Pas un jour de sa vie il n’a cessé de travailler pour gagner la révolution, pour construire le socialisme, pour gagner la guerre, pour gagner la paix ! Pas seulement pour son peuple, mais pour tous les autres peuples. En ce grand jour, toutes nos pensées vont vers Moscou en fête, vers Staline. Longue vie au cher camarade Staline, pour la liberté, pour le bonheur, pour la paix des hommes ! »