• 1687 : mort, à Paris, du maréchal de France François de Créquy, marquis de Marines. Fameux homme de guerre du règne de Louis XIV, il s’illustra dans les nombreuses campagnes militaires qui jalonnent le XVIIe siècle à partir de la guerre de Trente Ans. Il fut célébré de son vivant comme le successeur de Turenne, et l’un des chefs militaires les plus importants de son temps.
• 1764 : Louis-Antoine de Bougainville et son expédition débarquent aux îles Malouines, et vont y fonder une colonie française. Quelques mois plus tard, aura lieu la prise de possession officielle et solennelle au nom du roi Louis XV.
Mais les îles seront vendues en 1767 à l’Espagne, qui possède l’Argentine voisine, et les familles françaises évacuées.
• 1917 : presque aveugle, Edouard Drumont – journaliste, écrivain et homme politique nationaliste – meurt, dans sa résidence de Moret-sur-Loing, près de Fontainebleau, à l’âge de 72 ans.

Outre de nombreux ouvrages consacrés à Paris (dont il était amoureux), ce brillant pamphlétaire fut l’auteur d’une description de la société française au XIXe siècle : le « best-seller » intitulé La France juive, « livre magique » pour Georges Bernanos qui lui consacrera lui-même un ouvrage fameux : La Grande Peur des bien-pensants.
La fin d’un monde est aussi un maître-ouvrage d’Edouard Drumont, qui a moins vieilli.
Drumont fonda en 1892 et dirigea le journal quotidien La libre parole et fut un leader du camp nationaliste et antidreyfusard (il fut député de 1898 à 1902).

Après avoir connu succès et notoriété (il manqua de très peu l’élection à l’Académie française en 1909 – à 10 voix contre 12), Drumont finit ses jours démuni et un peu isolé, alors que la France était toute tournée vers la ligne de front avec l’Allemagne.
« Je n’ai été que l’instrument de Dieu qui m’a forcé à écrire, et je n’ai eu qu’un mérite: celui d’avoir été un instrument obéissant. » (La Libre Parole, 31 janvier 1910)
Son vieil ennemi Arthur Meyer (patron de presse juif), converti au catholicisme, assistera à ses obsèques.
Charles Maurras, dans son Dictionnaire politique et critique, dit que « la formule nationaliste est ainsi née presque tout entière de lui ; et Daudet, Barrès, nous tous, avons commencé notre ouvrage dans sa lumière. »
Plus loin, Maurras ajoute : « Chroniqueur merveilleux, historien voyant et prophète, cet esprit original et libre s’échappait aussi à lui-même. Il ne vit point tout son succès. »
Léon Daudet (dont le père Alphonse était un ami de Drumont) rendra un puissant hommage à l’écrivain dans son livret Edouard Drumont ou le sens de la race.
La tombe d’Edoaurd Drumont a été profanée par les pouvoirs publics, attaquée au burin, pour en modifier l’épitaphe, en 2006.
On peut retrouver des écrits d’Edouard Drumont et autour de lui ici.
• 1919 : avec l’aide de son compagnon d’armes Michael Collins, le nationaliste irlandais Eamon De Valera s’évade de sa prison de Lincoln, en Angleterre. Il sera élu en avril nouveau président du Parlement irlandais puis, plus tard, président de la République.
• 1933 : décès à Paris, à 85 ans, d’Anne de Rochechouart de Mortemart, duchesse d’Uzès par son mariage.
Issue d’une famille illustre et entrée dans une famille toute aussi ancienne, cette grande dame haute en couleur et féministe avant l’heure s’illustra de diverses façons.
Elle réchappa de l’incendie du Bazar de la Charité puis fut l’une des pionnières de l’automobilisme féminin (et la première femme à obtenir ce qui était le permis de conduire de l’époque, en 1898).
Elle fut également, pendant plus de 30 ans, présidente de l’Union des femmes peintres et sculpteurs. Remarquable cavalière, passionnée de chasse autant que d’automobile, elle fut la première femme lieutenant de louveterie.
Sensible à la cause animale, elle milita au sein de la Société protectrice des animaux, jusqu’à ce que son amour de la chasse à courre l’en fasse exclure.
Monarchiste légitimiste puis fusionniste (c’est-à-dire soutenant les Orléans après la mort sans héritier du comte de Chambord, faute d’autre prétendant en France hormis le descendant Naundorff), la duchesse, devenu veuve à 31 ans, s’impliqua politiquement.
Elle fut la principale source de financement des activités politiques du général Boulanger, nationaliste qu’elle rencontra souvent à partir de 1888, en espérant qu’il aiderait Philippe d’Orléans à rétablir la monarchie, et consacra à cette aventure une partie de sa fortune sans jamais regretter ce choix.
Non conformiste, elle fut l’amie de la communarde et révolutionnaire anarchiste Louise Michel, au retour de déportation de celle-ci, et voulut prendre en charge financièrement l’éducation de Sidonie, la fille de l’anarchiste condamné à mort et exécuté Auguste Vaillant.
Elle soutint également la Fédération nationale des Jaunes de France, syndicat qui s’opposait aux socialistes, était hostile à la grève et promouvait la collaboration entre les classes sociales.