
La politique d’Israël vis-à-vis du conflit syrien est d’une grande cohérence car elle est ambiguë. On ne peut guère soupçonner l’Etat hébreu d’amitié particulière pour le régime de Damas et on imagine mal des députés de la Knesset venir se compromettre avec Bachar al-Assad. Pour autant, la situation politique en Syrie d’avant 2011 avait au moins le mérite de la clarté et la ligne de cessez-le-feu le long du plateau du Golan était la limite d’Israël la plus calme.
Le déclenchement de l’insurrection a troublé ce paysage. On y passait en effet de la certitude de la malfaisance à un spectre très large où la probabilité d’un autre mal, des Frères musulmans au pouvoir jusqu’à l’implantation dans le pays d’organisations jihadistes, paraissait plus forte que celle d’une démocratie apaisée et favorable. Dans le même temps, il est rapidement apparu que la victoire d’Assad passait par l’intervention et la présence d’autres ennemis, jugés, à tort ou à raison, peut-être encore plus dangereux pour Israël : l’Iran et son allié le Hezbollah.
Entre toutes ces évolutions plutôt déplaisantes et loin des engagements verbaux sans volonté d’agir des Occidentaux (sinon par des intermédiaires plus faibles que fiables), Israël est resté dans l’expectative mais prêt à frapper. Pour paraphraser Péguy, peu importait à Israël que l’on sache que ses mains étaient pures, pourvu que l’on sache qu’il avait des mains. Plus précisément, Tel Aviv a rapidement fait comprendre par déclarations, messages discrets ou par des actes qu’il ne tolérerait pas la mise en place en Syrie d’une force à la fois ouvertement hostile et susceptible de frapper son propre territoire.


Avec son projet d’amendement
Tel Aviv est prêt pour une invasion totale du Liban en cas de conflit militaire, a déclaré le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman.
Ariel Sharon, à l’image de tous les sionistes fanatisés, était prêt à tuer des centaines d’innocents pour neutraliser un seul opposant. La finalité de leur action légitime les moyens employés pour y parvenir. La similitude philosophique avec les idéologies les plus meurtrières du XXème siècle, est frappante. A noter : le Mossad avait un plan pour essayer de faire croire à un « incident » technique…


En frappant jeudi dernier une usine de production de missiles sol-sol en territoire syrien – et non un centre de production d’armes chimiques –, Israël a délivré un avertissement militaire à Damas et au Hezbollah, mais aussi un message à Moscou et Washington : il n’y aura pas de retour à la paix en Syrie si les intérêts de sécurité israéliens ne sont pas pris en compte.
La liberté d’expression se réduit en France comme peau de chagrin. 
La colonisation israélienne dure depuis 50 ans. Illégale au regard du droit international, elle ne cesse de s’accélérer. La planification de 6 000 nouveaux logements depuis janvier 2017 en est la dernière manifestation. Dans la continuité de ses résolutions antérieures, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté le 23 décembre 2016 la résolution 23341, exigeant notamment d’Israël « qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».