C’était un 28 avril… (Bulle « In Eminenti », morts de Benito Mussolini et du colonel de La Rocque, notamment)

1192 : quelques jours après son couronnement comme roi de Jérusalem, Conrad de Montferrat, héritier d’une vieille famille d’origine lombarde, est assassiné par des terroristes ismaéliens.

1738 : bulle papale de Clément XII, In Eminenti, condamnant sévèrement la franc-maçonnerie et excommuniant ses membres. Suite à la fondation officielle de la secte en 1717, c’est la première d’une longue série de condamnations papales. On peut les consulter ici.

•  1760 : bataille de Saint-Foye, en Nouvelle-France, où les Français remportent une grande victoire face aux Anglais et « rebattent les cartes » du sort de l’Amérique. Voir le détail en fin d’article.

1920 : la France est officiellement investie par la Société des Nations d’un « mandat pour la Syrie et le Liban » (en fait un protectorat), à la suite de l’accord secret franco-britannique de 1916 « Sykes-Picot ». Elle va transformer ces anciennes provinces ottomanes en deux Républiques laïques.

L’intérêt de la France pour la Syrie et les minorités chrétiennes du mont Liban remonte à François 1er. Sous le règne de Napoléon III, la France n’a pas craint de venir au secours des chrétiens maronites, victimes d’exactions violentes de la part de leurs voisins druzes.
Pressée par les représentants de la communauté maronite, la France détache de l’ancienne Syrie un Grand-Liban qui rassemble le mont Liban mais aussi la vallée de la Bekaa et le littoral. Dans ces limites, les chrétiens ont l’avantage d’être majoritaires (ils ne le seront plus dès 1975 du fait de l’immigration et d’une plus faible natalité que les musulmans).
La nouvelle Syrie inclut quant à elle trois entités politiques distinctes : l’État de Damas, l’État d’Alep et le territoire des Alaouites.

1945 : mort de Benito Mussolini.

Les troupes allemandes en Italie ont capitulé mais les dernières troupes de la République sociale italienne se battent encore.
Une course-poursuite s’engage entre services secrets britanniques et américains pour enlever Mussolini.
Winston Churchill, qui veut faire oublier son admiration pour Mussolini jusqu’en 1939, a décidé de le faire disparaître afin d’éviter qu’il ne soit jugé et qu’il ne parle.
Ce samedi 28 avril, Mussolini et Clara Petacci, qui l’a de nouveau rejoint, sont soustraits des partisans (communistes) locaux par une équipe de tueurs qui agissent sur ordre de Londres. Sans avertissement, ils sont abattus à la lisière du village de Mezzagra.
Les deux cadavres, ainsi que ceux de six dignitaires fascistes, sont emmenés à Milan où ils sont outragés puis pendus par les pieds à la façade d’un garage, place Loreto, face à une foule haineuse.
[pour voir Mussolini parler français, cliquer ici.
Livres historiques à propos du fascisme : L’histoire du fascismeLe crépuscule du fascisme, Du palais de Venise au lac de Garde ;
Essais politiques : Le fascisme par Benito Mussolini, et Qu’est-ce que le fascisme ? de Maurice Bardèche ;
sur Mussolini : Mussolini intime par son fils]

1946 : décès, à Croissy, du colonel de La Rocque, né en 1885, des suites de sa déportation par les Allemands en mars 1943, puis de son internement en France en 1945 par le gouvernement français de la Libération.
Le colonel de La Rocque fonda le massif Parti social français (PSF) et se rallia au Maréchal Pétain. Il est enterré à Saint Clément (Cantal), près du hameau de La Rocque.

1961 : création du haut tribunal militaire pour juger les généraux et officiers défenseurs de l’Algérie française.

1968 : attaque du local du Front Uni de soutien au Sud-Vietnam par les maoïstes de l’UJC. Roger Holeindre est à deux doigts d’être pendu avec sa cravate, et laissé pour mort. Le mouvement Occident publie un tract vengeur et menaçant à l’égard des gauchistes, qui sera pour quelque chose dans le déclenchement de Mai 68.

1969 : vexé, De Gaulle démissionne, suite à l’échec de son référendum : 52,4% des Français ont décidé de se passer des conseils de l’homme de Londres. « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ».

1971 : première réunion de la Nouvelle Action française, scission de gauche de l’Action française, résultat de la révolution soixante-huitarde qui touche aussi le royalisme. Bertrand Renouvin en est la figure de proue.

► DÉTAIL DE LA BATAILLE DE SAINTE FOYE :

« Le 28 avril 1760, à Sainte-Foye, en Nouvelle-France, les Français repoussent une attaque anglaise et prennent une revanche éclatante sur la bataille des plaines d’Abraham, qui avait vu la mort de Montcalm et la perte de la ville de Québec.
L’historien britannique Francis Packman l’a qualifiée de « plus grande victoire française en Amérique, parce qu’elle a fait un jour trembler le sort de la ville de Québec et de ce fait, trembler toute l’Amérique »…

Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), sous les règnes de Louis XV, George II et George III, Français et Anglais s’affrontèrent sur tous les continents et en particulier en Amérique du Nord où les seconds s’emparèrent de la ville de Québec après la bataille des plaines d’Abraham et la mort de Montcalm, le 13 septembre 1759.

Malgré cette défaite, la colonie de la Nouvelle-France restait toujours à la France ! Le gros des forces françaises n’avait pas été engagé dans la bataille des plaines d’Abraham. C’est alors qu’intervint le chevalier de Lévis…

L’hiver qui suivit la défaite de Montcalm dans les plaines d’Abraham fut rude pour les colons mais plus encore pour les soldats du général James Murray enfermés dans Québec, qu’ils avaient dévastée et saccagée, y compris les provisions mises de côté pour passer l’hiver.

De petits détachements de miliciens français ou indiens empêchaient la garnison de se ravitailler à l’extérieur. Mais pour les Anglais, le pire fut le froid, auquel se rajouta le scorbut. La garnison tomba de sept mille cinq cents hommes à quatre mille, à peine valides.

Côté français, le chevalier François Gaston de Lévis, un militaire languedocien de quarante ans, prend alors le commandement des opérations à Montréal et réorganise les troupes en vue d’attaquer au printemps la garnison de Québec. Ayant tiré les leçons de la défaite des plaines d’Abraham, il intègre les miliciens canadiens et les Amérindiens aux troupes régulières.

Le matin du 27 avril, son avant-garde s’établit sur la route de Sainte-Foy et découvre les Anglais à peine à deux cents toises de là.

Mais James Murray, averti de l’approche ennemie, expulse de Québec les bouches inutiles, femmes, enfants, vieillards, sans excès de commisération pour les malheureux livrés au froid et à la disette. Renonçant à tenir Sainte-Foy, il fait sauter l’église du village et replie in extremis ses troupes sur les hauteurs de Québec.

Puis, le général laisse des troupes dans la ville pour en assurer la défense et se porte au-devant des Français, en terrain marécageux, avec 3.000 hommes, vingt-deux canons et des obusiers.

La bataille s’engage. Les Anglais tentent d’enlever le moulin Dumont, près de Sainte-Foy. Les Français qui l’occupent se replient vers un bois avant de repartir à l’offensive avec les colons et les « Sauvages ».

Le feu devient très vif, les miliciens canadiens se couchent pour recharger leurs armes et fusillent les canonniers sur leurs pièces.

Armés de leurs baïonnettes, ils fondent alors sur les Anglais, traversent leurs rangs et les mettent en fuite, leurs alliés amérindiens terrifiant particulièrement les Anglais avec leurs peintures de guerre et leurs cris effrayants, tomahawks brandis.

Le chevalier de Lévis, témoin de la débandade de l’adversaire, pousse son avantage. La déroute des Anglais est totale.

Ils trouvent moyen de se replier dans la ville de Québec mais laissent aux mains des vainqueurs leur artillerie, les munitions, les outils de retranchement, mais aussi leurs morts et la plus grande partie de leurs blessés, près de mille deux cents au total, ce qui fait plus du tiers de leur armée.

Les Français ont quant à eux plus de huit cents tués ou blessés. Les Indiens, comme toujours à la fin des combats, se précipitent pour scalper les ennemis, en dépit des instructions du chevalier de Lévis.

Reste à concrétiser la victoire. Le chevalier de Lévis compte sur l’arrivée des renforts de France pour chasser enfin les Anglais de Québec. De son côté, le général Murray espère également en l’arrivée de secours. Chaque camp scrute le Saint-Laurent…

Le 9 mai 1760, tous les regards se tournent vers le fleuve au moment où se présente une première frégate. Elle arbore un pavillon anglais ! Les Français, trompés dans leur attente, doivent lever le siège de Québec.

L’avantage passe aux Anglais qui attaquent Montréal et contraignent la ville à la capitulation le 8 septembre 1760. Dans la nuit qui précède, le chevalier de Lévis choisit de brûler les drapeaux des régiments français plutôt que de les voir tomber entre les mains ennemies. C’en est désormais fini de la Nouvelle-France. »

de Marie-Hélène Morot-Sir
extrait d’Au cœur de la Nouvelle France, une Histoire en trois tomes