Tribune libre : retour sur un congrès… et avant

A paraître dans le Rivarol de cette semaine, cette analyse du congrès frontiste et du processus qui y a abouti.

L’opinion publique, ce “monstre” selon l’heureuse expression de Bernard Faÿ— et dans cette «opinion publique », il faut inclure les prétendus “intelligents”—, croit souvent qu’en politique, les mots n’ont pas grande importance. Cette conviction est d’autant plus forte qu’à notre époque de “communication”, les faiseurs et les diseurs utilisent ce qu’on appelle pudiquement des «éléments de langage», ce que Serge Tchakhotine nomme plus crûment dans son livre(1) des «instructions de propagande».
Le “succès” de Melle Le Pen(2) au récent congrès de Tours du FN et son «discours d’investiture» ne doivent pas seulement être pris pour une de ces pièces bien interprétées du théâtre de marionnettes de la Ripoubelle. Au-delà des images et des dérapages, il faut prendre en considération le langage, si l’on veut savoir où mène cette équipée. Le discours en question est intéressant à 3 titres, par ce qu’il dit, par ce qu’il suggère, par ce qu’il occulte(3).

Mais un discours de fin de congrès, pont-aux-ânes des banquets politiciens, ce discours(4) ne tombe pas comme des cheveux sur la soupe. Il s’inscrit dans une démarche, une méthode, un projet qui n’ont pas été analysés à leur juste mesure. Ce discours dit d’investiture— si l’on prend le mot dans son sens militaire, investir c’est envahir, tout devient alors plus clair!— constitue le point d’orgue de près de dix ans de manipulation révolutionnaire définie comme «la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et dieu tout ensemble»(5).

 

DIX ANS DE MANIPULATION RÉVOLUTIONNAIRE

Pour Louis Daménie, vulgarisant l’analyse d’Augustin Cochin(6), la révolution est un mécanisme psychologique de conquête d’un corps social non immunisé contre une entreprise de destruction de ses principes fondateurs, menée à son insu, de manière progressive et irréversible. Cette conquête part de la périphérie pour aller au centre nerveux du corps social. Elle connaît deux phases, une phase de destruction et une phase de construction. Application de la devise illuministe, Ordo ab Chaos. Depuis 10ans, le FN a été l’objet de cette conquête “jacobine”, patiente et tenace, dissimulée par la promotion insensée d’une personne. Il est étonnant que le très mol Gollnisch n’ait pas perçu, bien que disposant, paraît-il, d’une vaste culture contre-révolutionnaire, la nature, l’ampleur et l’objectif de la manipulation. Sa participation au processus de sélection dit des “primaires” a, tout au contraire, validé cette affaire. Très étrange en effet.
Le «corps social FN» a été l’objet depuis 2002— depuis le second tour de la présidentielle, tour catastrophique en raison du choix stratégique imposé par l’actuelle présidente, de s’adresser exclusivement à l’électorat de gauche, persuadée qu’il allait rejeter le corrompu Chirac au profit du candidat national—, d’une conquête méthodique partie de l’extérieur, pour arriver à son sommet (présidentiel). Le congrès de Tours— le parallèle avec le congrès communiste de 1920 prend alors tout son sens—, a vu le triomphe de cette entreprise.
La cible— le corps social FN— était d’autant plus vulnérable, qu’il était déjà très malade. La Révolution sait déstabiliser un organisme sain. Un organisme déjà malade est encore plus à sa portée. Organisme malade(7) dans ses trois composantes.
Organisme malade dans sa tête— hypertrophiée est un euphémisme—, avec un président tyrannique et autiste, avant comme après la scission de décembre 1998, qu’il a d’ailleurs contribué à faire naître par ses méthodes de gouvernement et son comportement. Précipitant volontairement la crise de décembre 1998, il a froidement accepté LE risque majeur: la destruction du Mouvement national, mépris du Bien commun qui le délégitime ipsofacto. On ne joue pas avec le sort du Pays quand on s’en prétend le “sauveur”. On ne réduit pas à néant, sans en avoir pesé toutes les conséquences, trente années de travail d’une collectivité humaine aux prises avec un environnement totalement hostile.
Organisme malade dans ses membres: manque de formation généralisé, notamment sur les adversaires; positionnement inadapté vis-à-vis des media, oscillant entre agressivité et flagornerie; sous-encadrement dramatique en nombre et en qualité, à de rares exceptions près, suite à ladite scission; promotion systématique des médiocres et des “alimentaires”; absence de culture de gouvernement et faiblesse du suivi des évolutions législatives, économiques, sociales…; mépris pour le travail intellectuel de longue haleine et les questions d’organisation; embourgeoisement ronronnant de beaucoup d’élus et de cadres, éloignés du terrain, paralysés par la suspicion maladive du “chef” vis-à-vis de toute personne brillante, “félon” en puissance.
Un organisme malade dans ses artères: absence de circulation raisonnée et hiérarchisée de l’information avec les redondances induites; appareil totalement centralisé autour d’une seule personne utilisant des hiérarchies et des procédures parallèles; processus décisionnels lents et inappropriés, où l’on occulte les mauvaises nouvelles ou les décisions difficiles à prendre; réflexion et innovation absentes ou confinées à des secteurs n’ayant aucune part aux décisions; mauvaise utilisation des “relais” politiques, sociologiques et médiatiques; gaspillages de ressources entraînant le découragement des échelons de terrain.

LA PHASE DESTRUCTRICE

Un organisme pleinement vulnérable à l’action du vecteur moderne essentiel de la Révolution, les media. Les media vont donc attaquer ledit corps social en lui imposant des suggestions venues de l’extérieur, suggestions relayées par infiltration à l’intérieur— tâche d’autant plus facile dans un organisme en état de choc traumatique à la suite du 21-Avril— consistant dans deux pétitions simplistes, qu’on se garde évidemment de démontrer et qui ne jouent que sur le “sensible”: le leader est mauvais parce qu’âgé et usé; les idées défendues avant le premier tour 2002 l’ont fait perdre. La “mayonnaise” va d’autant mieux prendre— on ne peut que saluer ici le grand art dans la psychologie des foules—, que le principal dirigeant de cet organisme va favoriser lui-même, au-delà de toute espoir, la manipulation. Ce qui conduit logiquement à se poser la question de son implication personnelle dans ledit scénario…
Confondant l’analyse critique et la remise en cause personnelle, l’autorité fondée sur le charisme avec l’autoritarisme le plus borné, le comble est atteint quand il entend transmettre dynastiquement ledit organisme à l’une de ses proches. Se referme alors le piège d’une dialectique ravageuse comme sait les orchestrer la Révolution.
Premièrement, il justifie les critiques “extérieures”: il n’est plus dans le coup; il faut abandonner les idées du premier tour 2002 au profit de “valeurs” plus soft pour le Système. Secondement, il déstabilise encore plus profondément le corps social FN, en créant une division entre « anciens » et “modernes”, partisans de X contre Y. Au lieu d’apaiser et d’unir dans la perspective du But (Bien) commun comme tout vrai responsable, il réagit aux critiques et interrogations par une pluie de sanctions et des charrettes d’exclusions(8). Il promeut parallèlement de manière provocatrice et finalement pitoyable— en mettant sur la place publique ce qui relève de la sphère privée—, l’une de ses filles à l’intérieur et à l’extérieur du FN, par l’intermédiaire exclusif des media, qui influencent stratégie et thèmes (discours de Valmy, dalle d’Argenteuil…) de l’élection présidentielle de 2007.
Melle LePen en est le porte-parole, les thèmes sont “dédiabolisés”. La sanction tombe: une claque électorale mémorable, amplifiée lors des législatives. En 4ans, les 3/4 de l’électorat 2002 ont été perdus. Les électeurs s’abstiennent ou vont ailleurs, les militants ne reprennent pas leur carte, les cadres sont chassés ou démissionnent. Les adversaires (Sarkozy et consorts) reprennent à leur compte les thèmes abandonnés et la crédibilité qui va avec! Aucune leçon n’est tirée de l’échec, typique de la mentalité totalitaire— «nous avons échoué, continuons»—, sinon une fuite en avant dans l’auto-destruction accélérée du corps social FN, qui n’a même plus besoin d’être stimulée. Succès complet de la manipulation: le corps social s’est dissous. Fin de la phase destructrice. Le FN est en état de mort clinique pour les observateurs. À juste raison. Mais raison apparente seulement.

LA PHASE CONSTRUCTIVE

Place à la seconde étape, la phase constructrice, parce que le travail de dissolution préalable n’avait qu’un objectif et un seul: substituer un corps social, des cadres, des idées, des dirigeants nouveaux à la place des précédents. C’est toute la démarche opérée depuis 2008, avec l’hyper-médiatisation de la fille du “chef” qui se met en place pour les élections européennes de 2009, puis avec la municipale d’Hénin-Beaumont(9). La dialectique de base est toujours la même: une nouvelle tête s’impose (ou on l’impose) à la tête du corps social, seule tête “capable” de relancer la dynamique FN (exit alors le “dauphin” lyonnais); les thèmes de propagande sont “dédiabolisés”, c’est-à-dire rendus conformes aux “valeurs” du Système. La voie est d’autant plus facile que les opposants internes ont été liquidés (Carl Lang et autres), selon des mécanismes proprement staliniens. Jamais la manipulation d’un corps social n’a été si évidente, comme le disait un expert: «L’agitation est mobilisatrice, la propagande est DIRECTRICE»(10).
On peut rassurer les perroquets de l’anti-fâchisme: le FN est bien un parti “démo-cratique”(11), son fonctionnement à cette occasion le démontre. Comme les «partis de masse» centrés autour d’un “chef” auto-proclamé, il a pleinement développé les virtualités totalitaires du «contrat social» rousseauiste. La «volonté générale» écrase la personnalité de l’individu dans une “fusion” à la fois idéologique – on adhère à une ligne qui change ad libitum— et psychologique,— on se dépossède de son libre-arbitre au profit d’une «direction éclairée et infaillible», dans une inversion de type religieux analysée par Jules Monnerot(12). Le «petit père des peuples» procédait ainsi avant chaque congrès du PCUS, pour en renouveler les cadres qui lui devaient alors tout, les rescapés étant paralysés par la terreur ou la peur de perdre leur poste, jusqu’à la prochaine purge (si les gollnischiens n’ont pas compris…).
La phase “constructiviste” du nouveau corps social FN se développe ensuite sur près de 18 mois, la trame de cette phase étant la procédure des «primaires pour la présidence FN». Procédure en effet très primaire, et même binaire, autorisant la bonne vieille dialectique: la “future-nouvelle” présidente du FN aux «valeurs modernes» contre le «vieil ex-dauphin aux idées ringardes catholiques intégristes». Un scénario pour film hollywoodien, où les gollnischiens tiennent aussi bien leur rôle, accréditant le caractère «démocratique» de la compétition, dans une répartition des rôles à faire rêver. À Melle Le Pen, l’émission sur France2 et ses 3,5millions de téléspectateurs, à M.Gollnisch, la tournée des «salles miteuses» (selon sa propre expression) devant 20 militants. Mais la compétition a été “loyale”, chaque compétiteur se félicite de ses résultats… et de ceux de l’autre, déplorant seulement qu’il n’y ait pas eu plus de «candidats à la candidature». Naïveté ou pire? Une fois de plus, la Révolution arrive, comme l’a relevé Joseph deMaistre, à intoxiquer ses propres adversaires jusqu’à leur faire servir ouvertement ses plans.
Le corps social nouveau FN, dans lequel sont désormais marginalisés les “anciens”, préalablement épuré des “traîtres” et des “félons” (des “anti-patriotes” à la mode 1793) dont on souhaite la mort («le corps de mon ennemi sent bon») est alors dûment (re)constitué avec des milliers d’adhérents nouveaux, les «adhérents Internet», recrutés grâce aux prestations médiatiques de Melle LePen. Adhérents-votants pour «la future-nouvelle présidente», à qui on ne demande que cela. Masse de manœuvre virtuelle qui n’aura servi qu’une fois et dont on se moque totalement ensuite. Masse de «citoyens actifs» qui n’a même plus besoin de se déplacer, avec le Web et… une votation contrôlée par officier ministériel. Du grand art!
Le résultat, annoncé d’avance par les media— un rapport 90-10 en faveur de la future-nouvelle présidente— étant “corrigé” par le “chef” qui désire que l’ex-dauphin fasse «un score honorable pour ne pas l’humilier», voilà pour la carotte. C’est plus crédible qu’un score à la Bongo… Mais le bâton n’est pas loin. Car si l’ex-dauphin l’emportait, ce serait un «échec personnel pour le chef» ou la «promesse d’un éclatement, d’une scission» du corps social FN. Pauvre mouvement, coupé en morceaux depuis longtemps par ses dirigeants au gré des exclusions et des départs successifs, selon la technique dite «du salami à la hongroise», chère au communiste Matthias Rakoczy… qui épurait lui aussi en partant du plus éloigné pour finir au centre. Étonnant et instructif rapprochement.
Et renversement des valeurs, au bon sens du terme: ce sont celle et ceux qui n’ont cessé de dire, dès juin 2002, qu’ils «n’avaient pas les idées du FN»— son programme 2001 que le président de l’époque a pourtant validé -, qui font procès de dissidence à ceux qui veulent les maintenir ! Depuis un certain Calvaire, les menteurs s’érigent en juges de la Vérité! Éternelle leçon de choses sur «l’extrémité des choses humaines» (Bossuet).
Ce sera donc finalement 30-70 ou peu s’en faut, les vaincus saluant— ultime et pitoyable pirouette— la “victoire” de la gagnante, en déclarant s’y soumettre «par éthique»! On croit entendre le pseudo-souverainiste Philippe Séguin, grand pourfendeur de Masse-trique lors du référendum de 1992, qui se soumit, le scrutin à peine clos, aux exigences de Bruxelles-Francfort, «parce que le peuple avait parlé». Pauvre peuple “frontiste”, que de mensonges on a commis en ton nom, que de balivernes on t’a fait avaler!

LA RÉVOLUTION EST ACCOMPLIE

Le grand œuvre est consommé, la future-nouvelle présidente est la présidente “investie” à la tête d’un corps social nouveau et, dans un formidable non-dit, à la présidentielle 2012, bien que ledit corps social n’ait jamais été consulté officiellement sur ce point. On élisait SEULEMENT le président du FN. Mais c’était bien l’objectif ultime de la manipulation: organiser la compétition présidentielle de l’année prochaine avec une «candidate nationale» adoubée et initiée— au sens ésotérique du terme—, par le Système. Tout cela a un petit parfum de référendum gaullien, celui qui pose la question se moque éperdument de la réponse !
Les gollnischiens vont partir au combat «dans l’unité» pour leur nouvelle «tête de proue». On leur laisse, pour l’instant, un os à ronger, petite minorité qui ne va pas tarder à s’effilocher sous le coup des ambitions personnelles (c’est la nouvelle présidente qui va distribuer les investitures électorales, classique moyen de chantage), des déceptions et, pour les plus lucides, avec la conviction de s’être fait rouler une fois de plus dans la farine. Ce sera le départ sur la pointe des pieds ou les éclats tardifs et inutiles (Holeindre et autres).

L’ADOUBEMENT PAR LE SYSTÈME JUDÉO-MAÇONNIQUE

À ce corps social désormais nouveau, avec de nouveaux cadres(13) qui ne doivent rien à la “ringardise”, mais tout à la nouvelle présidente, correspondent des “valeurs” nouvelles déroulées dans un discours dit d’investiture— faut-il dire d’investissement?— qui placent désormais le “nouveau” FN dans la position de parti du Système, «le diable utile au Système», comme l’a dit le sieur Mélenchon, qui en connaît un rayon, là-dessus. Il est vrai qu’il y a longtemps, sous le chef autoproclamé “immortel” de cette formation, que les ambiguïtés foisonnaient, dans la philosophie comme les méthodes. Il y a belle lurette, comme ironisa Mitterrand dans un de ses entretiens avec Georges-Marc Benhamou, que «le parlementarisme a dissout les velléités révolutionnaires» des dirigeants du FN.
Mais, c’est mieux désormais comme cela: l’officieux et l’officiel coïncident enfin. Le FN est l’extrême-droite adoubée du Système démoncratique, destinée à propulser sa présidente élue «après une compétition exemplaire et loyale», vers une place dans le pandémonium mondialiste qui éclipse la Vraie France. Encore un peu de patience, tel pointure de l’UMP la voit au gouvernement dans 10ans, cadeau pour ses 50ans, sans doute. Pour cela, il faut à la fois faire croire aux «idiots utiles» qui restent «malgré tout» que l’on garde «les fondamentaux», tout en envoyant aux “adversaires-partenaires” républicains(14) le signal (maçonnique?) qu’on est bien de la “famille”. On verra cela dans le «discours d’investiture»
Restent 18 mois pour ripoliner «le deuxième étage de la fusée» destinée à lâcher ses leurres. Dix-huit mois consacrés à la “présidentialisation” de la nouvelle présidente— qui n’a que 100 parrainages utilisables, reste à en trouver 400, ce ne sera pas bien difficile, puisqu’on est “républicain”— et à la fin de l’Épuration. Car, dans la logique totalitaire, une fois créé le nouveau corps social après destruction de l’ancien, il faut néanmoins singer l’ancien, c’est-à-dire lui donner des dirigeants, un corpus intellectuel, une élite, plus exactement une contre-élite, pour contrôler la masse des citoyens “actifs”. Dix-huit mois pendant lesquels les gollnischiens seront mis au pas ou mis dehors (on a l’expérience en la matière !), en dépit de la digue de papier de leurs 42% au comité central(15). Où a-t-on vu les «gens de progrès» respecter les «vestiges du passé»? «Ce qui constitue une république, c’est la destruction de tout ce qui lui est opposé»(16). À entendre les dithyrambes de Melle Le Pen sur la Déclaration de 89 et autres «immortels principes», on devrait s’inquiéter du côté de la capitale des Gaules. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre!
(à suivre, 2. Retour sur un discours d’investiture).

Pasquin de CHARONDAS.
_____
(1) Le viol des foules par la propagande politique, éditions Gallimard, 1952, reprise coll. poche Tel, 1992.
(2) Deux fois divorcée, mère-célibataire de 3enfants; Marion, Anne, Perrine Le Pen, pour l’état-civil.
(3) Comme les sociétés du même nom.
(4) Disponible sur le site web du F N.
(5) Mgr Gaume, La Révolution, introduction, tome 1, reprint éditions Saint-Rémi.
(6) La révolution, phénomène divin, mécanisme social ou complot diabolique?, DMM, 1988, pages 34-81.
(7) Manipulation d’autant plus facile que numériquement très faible, début 2009, le FN ne comptait que 8000 adhérents environ, sur lesquels 1500 à 2000 seulement, vraiment actifs. Le tour est vite fait ! Le FN comptait plus de 40000 adhérents— dont près de la moitié de vrais actifs— avant la scission de 1998. Le fichier comptait aussi plus de 200000 sympathisants contrôlés. La plupart n’ont pas réadhéré. Les «adhérents Internet» de 2009-2010, s’ils restent, n’auront jamais le même dynamisme. Ils étaient là pour voter. Le reste ne les concerne pas. Les chiffres actuels avancés par la direction du FN sont donc à prendre avec prudence. C’est le même phénomène qu’au Parti communiste où ont “milité” quelques mois ou années, des millions de Français (10 selon l’historienne du PC, Lilly Marcou), partis déçus par les méthodes d’appareil.
(8) Frappant en priorité les militants et militantes historiques qui lui furent fidèles en 1998. Sans doute sa manière d’appliquer la devise de la Légion citée à tout bout de champ !
(9) Laquelle est en réalité un lourd échec, le Système ayant tout fait pour qu’elle l’emporte: municipalité discréditée par les scandales, divisions des gauches locales et silence de Martine Aubry, candidat UMP inconnu au nom à consonance arabe, réaction minimaliste des états-majors parisiens, énorme couverture médiatique, présence sur le terrain de tout ce qui reste de l’appareil FN…
(10) Joseph Staline, in Les principes du léninisme, 1924.
(11) Les amis de Besancenot, au lieu de manifester à Tours, auraient dû être invités audit congrès, ils y auraient retrouvé leurs marques de révolutionnaires professionnels et apprécié le discours “gauchiste” de la nouvelle présidente.
(12) Dans sa Sociologie de la révolution, le comble étant que Jules Monnerot appartint un moment au FN et présida son «conseil scientifique»!
(13) Parmi lesquels des représentants patentés d’une certaine “communauté” évidemment non-communautariste elle, comble de l’ironie pour un parti qualifié en mars 1998 par le président de la République de «parti raciste, antisémite et xénophobe»!
(14) Expression de Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional d’Ile-de-France, où siégea un temps… Melle Le Pen, pour désigner les partis “républicains”. Mais aujourd’hui, le FN est un parti républicain, c’est même sa présidente qui le dit. À cinq, on se tient plus au chaud que dans la «bande des quatre»… Reste le plus dur: se partager les places.
(15) Mot d’origine jacobine (le Comité central de la Commune de Paris renversa Robespierre le 9Thermidor, an II), repris par les organisations socialistes ou communistes depuis le début du 19esiècle… Un mot malheureux.
(16) Saint-Just à la tribune de la Convention nationale, mars 1793.

Source : http://www.rivarol.com/Billet.html

20 commentaires concernant l'article “Tribune libre : retour sur un congrès… et avant”

  1. ATTENTION
    NPI injurie le Renouveau Français et l’OEuvre Française aujourd’hui sous la plume médiocre d’un certain François Vial qui s’en prend odieusement à Jérôme Bourbon.

  2. Pasquin ‘De’ Charondas est aux néo-frontistes et autres lepenistes irrédentistes dont Bruno Gollnish lui-même ce que Céline fut aux Juifs… Destructeur.

    Quelle belle prose. Mais dans quel but et pour quelle finalité ?…..

    Il ne me semble pas que ce pseudo marquis ait élaboré une stratégie pour remettre l’ ex Front National dans le droit chemin, si toutefois celui-ci n’ y a jamais cheminé..

    Il ne suffit pas en effet d’ aller faire le singe tous les 1er Mai au pied de la statue dorée de Jeanne d’ Arc pour pouvoir revendiquer Urbi et Orbi le
    leadership des catholiques de France.

    Bref.. Le Front n’ est plus le Front.. Rivarol semble le découvrir.

    Quant aux 400 signatures que MLP aurait besoin pour se présenter à la présidentielle, ne vous faites pas de soucis..Les maires UMP, sur instruction, se feront un plaisir de les lui accorder. Ils la refuseront à un Dupont-Aignan ou a un ‘de’ Villiers….. Normal…

    MLP ?.. la nouvelle égérie de la gauche.

  3. Excellent article, excellente analyse, mais le mal est fait!
    Nous, les nationalistes sincères, devons, pour la eniéme fois, recommencer a zero!
    Ca devient lassant, vivement que tout ca implose………….

  4. Ne vous inqiétez pas Lansquenet. Le Front n’ est plus le Front et a ‘déjà’ implosé.

    Il ne représente plus rien, sauf ce que les médias veulent bien qu’ il représente et à ce titre ils jouent parfaitement le jeu..

    Le seul qui aurait été capable de souder une véritable force non pas de droite, mais une force patriotique et en partie nationaliste qui aurait pu ratisser large, à savoir Bruno Gollnish, a préféré couler avec le paquebot.

    Paix à ses cendres.

    Les autres ?… Pfut.. De la roupie de sansonnet.

  5. François Vial s’en prend à JB, à l’Oeuvre Française, au Renouveau Français, au PDF, au MNR, au NDP… bref, à la droite, quoi! Cela prouve bien que MLP ne veut pas rassembler mais diviser, elle appelle tous les téléspectateurs à la rejoindre, car les nationaux, elle s’en fout. Mais une réponse a été faite à ce Vial.

  6. Je crois que je vais transformer mon abonnement à RIVAROL actuellement au tarif simple pour le porter au tarif soutien .

    Depuis quelques jours cela me démange;
    retenez moi camarades

  7. Pourquoi Miss Cotelec est-elle autant promue par les médias et le Système depuis des années ?
    Tout simplement parce que Sarko rêve qu’elle soit au 2e tour face à lui en 2012, seule chance pour lui de pouvoir être réelu.
    Et le PS, quant à lui, fait le même calcul…
    A lire à ce sujet l’intéressante analyse du journal MINUTE de cette semaine : « L’ascension de Marine l’arrange : Le 2e tour rêvé de Sarközy ».

  8. « Pasquin de machinchose » est en réalité FX de Rochette, qui comme d’habitude radote en boucle sur sa cible Marine.
    Avec de tels adversaires, le nouveau FN sort ragaillardi !!!!

  9. La bonne blague! Marine est là est, à la manière d’NPI, se contente d’asséner des « vérités » invérifiables. Faut dire qu’il adore démasquer les pseudos des uns et des autres, lui qui n’hésite pas à en changer pour donner l’impression d’un afflux de marinistes sur les blogs. Ou pour attaquer ceux qui ne sont pas d’accord avec ses élucubrations. Car si Rochette avait voulu écrire un article sous son nom, qu’est-ce qui l’aurait empêché de le faire?
    Comme tous les marinistes sans cervelle, Marinella croit que balancer une fausse info qui a l’air d’un scoop peut affaiblir les vérités d’un article. Non, mon petit, ça nous donne juste l’impression que tu n’as rien à répondre à Charondas! Allez, va écrire sur j’aimemarine.com, tu n’auras pas de contradicteurs!

  10. Marine n’est pas fille de Pétain, ce qui irrite les miliciens en herbe. Pendant ce temps là, dans la vraie vie, c’est la fête au carré !!

  11. Parader sous Ste Jeanne si on est franc-maçon n’est pas du meilleur goût et on ne peut jamais gagner si on est franc-maçon pour la cause du Christ-Roi de France: on ne peut servir que d’épouvantail tout au mieux comme en 2002…
    Le FN est FiNi ! Fidélité Nigaude

  12. Il est étonnant que le très mol Gollnisch n’ait pas perçu, bien que disposant, paraît-il, d’une vaste culture contre-révolutionnaire, la nature, l’ampleur et l’objectif de la manipulation.

    Ce n’est pas evident de voir la manoeuvre au jour le jour
    avec le recul et façe aux evenements c’est + facile de s’en appercevoir

    On ne voit pas la stratégie revolutionnaire au jour le jour malgrs une bonne solution

    Le seul reproche qu)on « peut » faire à BG et de rester sur place et se faire bouffer

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