• 735 : mort, à 62 ans environ, de Bède le Vénérable. Docteur de l’Eglise, grammairien et traducteur, son œuvre la plus célèbre, l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais, lui a valu le surnom de « Père de l’histoire anglaise ».
• 1498 : Louis XII, « le père du peuple », est sacré roi en la cathédrale de Reims.
Comme le veut la tradition, le roi prononce les quatre serments traditionnels :
il jure de défendre l’Église, de faire régner la paix en son royaume (par paix on entend que le roi s’engage à préserver l’ordre social voulu par Dieu et à rendre la justice), d’empêcher ses sujets – quel que soit leur rang – de commettre des iniquités, de chasser les hérétiques de France.
Puis, dans un silence solennel, l’archevêque de Reims, Guillaume Briçonnet, l’oint sur la tête, sur la poitrine, entre et sur les épaules, ainsi qu’à la jointure des bras. Au rite de « l’unctio » succède celui du « coronatio », du couronnement, tout aussi essentiel. Désormais paré de la robe royale et du grand manteau fleurdelisé, le souverain reçoit la couronne d’or rehaussée de quatre fleurs de lys et de pierres précieuses. Puis, après lui avoir donné le baiser de paix, le prélat s’exclame par trois fois : « Vive le Roi ! Vive le Roi éternellement ! »
Dans les jours qui suivent, selon la coutume, il se rend à l’abbaye de Saint Marcoul à Corbeny, à quelques lieues de Reims, pour y faire ses dévotions et y toucher les écrouelles, en prononçant les paroles rituelles : « Le Roi te touche, Dieu te guérit ». Louis XII guérit ainsi « plus de quinze » des quelque vingt scrofuleux qui lui sont présentés.

• 1564 : mort, à 54 ans, à Genève (où il s’était réfugié et qu’il dirigeait) du Français Jean Calvin, le plus important acteur de la révolution protestante après Luther.
• 1610 : esprit tourmenté et quelque exalté, François Ravaillac est cruellement supplicié et tué, à 33 ans environ, place de Grève, pour avoir assassiné le roi Henri IV le 14 mai précédent.
• 1603 : au nom du roi Henri IV, François Gravé du Pont et Samuel de Champlain concluent un traité – « la Grande Alliance » – avec le chef montagnais Anadabijou leur permettant de peupler leurs territoires en échange d’une protection militaire. Cette alliance est le premier traité franco-amérindien du Nouveau Monde, et permit la colonisation de la Nouvelle-France et de l’Amérique du Nord.
• 1762 : sur ordre du roi Louis XV, le livre L’Émile ou De l’éducation est condamné à être brûlé. Son auteur, Jean-Jacques Rousseau, se réfugiera le 9 juin en Suisse. Dans cet ouvrage aux conséquences sociales catastrophiques, l’auteur est parti du principe que l’homme est naturellement bon et que l’éducation prodiguée par la société est mauvaise. Il en conclut qu’il faut proposer une « éducation négative comme la meilleure ou plutôt comme la seule bonne ».
• 1792 : l’Assemblée nationale vote la déportation des prêtres non jureurs.
• 1797 : François-Noël Babeuf, dit « Gracchus », est guillotiné à l’âge de 36 ans. Ce militant révolutionnaire, dont les idées préfigurent le communisme, avait fomenté un coup d’État contre le Directoire, qui s’était accaparé le pouvoir, en vue de rétablir la Constitution de 1793. Bien que révolutionnaire parmi les plus radicaux, il avait dénoncé la Terreur et l’action exterminatrice (il utilise le terme populicide) des Bleus en Vendée.
• 1832 : assassinat par les gendarmes de Jacques-Joseph de Cathelineau, chef de la garde de Charles X et fils de Jacques Cathelineau, « le saint de l’Anjou ».
Né en 1787, il était le seul fils du généralissime parmi 8 enfants.
Le jeune Cathelineau vit son père et ses oncles mourir tour à tour dans les combats contre les colonnes infernales des républicains. D’abord Joseph, capturé par les « bleus » et guillotiné en mars 1793, Jean, à la défaite de Savenay en décembre 1793 et enfin Pierre, en février 1794, à Cholet.
Jacques-Joseph grandit dans le rejet de cette révolution qui a mis fin à l’Ancien Régime et décimé sa famille. On évoquait la mémoire de son père, on vilipendait Napoléon qui n’a pas voulu du titre de connétable proposé par Louis XVIII en échange de sa restauration. D’ailleurs, Louis de la Rochejaquelein soulèvera la Vendée et l’Aquitaine contre « l’Ogre corse » en 1814, permettant au duc d’Angoulême d’entrer dans Bordeaux. Jacques-Joseph Cathelineau vivait dans le culte de la grande épopée de son père et devait s’en inspirer.
Il s’engagea dans la nouvelle insurrection contre-révolutionnaire qui s’était constituée au retour de « l’Empereur des Français » de l’île d’Elbe et qui prit en tenaille Napoléon Iᵉʳ, bientôt défait à Waterloo, en juin 1815.
Auréolé de ses premiers faits d’armes, la Restauration le combla d’honneurs, anoblit sa famille le 14 mars 1816 et le plaça auprès du comte Charles d’Artois, dont il demeurera toute sa vie un fidèle, gagnant le surnom de « Saint de la Garde ». Ultra-royaliste, il protégea la famille royale lors de la révolution de 1830 qui porta sur le trône Louis-Philippe Iᵉʳ d’Orléans, puis se retira en ses terres. Ce fut un opposant au régime libéral qui se mit en place et qui heurta ce profond catholique. Il complota, était surveillé, et répondit à l’appel de la duchesse de Berry qui entendait soulever l’Ouest de la France afin de rétablir Charles X. Elle lui confia son premier corps d’armée entre Loire et Sèvre. Mais, surpris par la gendarmerie, il fut capturé entre Beaupréau et Jallais. Après une parodie de procès, il fut assassiné par les gendarmes le 27 mai 1832.
• 1871 : l’insurrection de la Commune de Paris touche à sa fin, face à l’avancée des troupes républicaines venues de Versailles.
Les communards brûlent plusieurs édifices publics (Palais des Tuileries, Hôtel de Ville de Paris, son état-civil, ses Archives, la Cour des comptes, le Conseil d’État, le ministère des Finances). Des dizaines d’insurgés se replient au cimetière du Père-Lachaise, où l’on combat pied à pied entre les tombes, et à la baïonnette, à la tombée de la nuit.

• 1905 : bataille navale de Tsushima, qui marque la première victoire militaire (écrasante en l’occurrence) dans l’époque moderne d’un pays asiatique, le Japon, face à un pays en partie européen, la Russie.
• 1916 : mort, à 67 ans, du général Joseph Gallieni (élevé au maréchalat à titre posthume), qui fut un important explorateur et administrateur colonial. Afrique noire, Soudan français, Indochine, Madagascar. Il est à l’origine des fameux « taxis de la Marne » en 1914.
• 1944 : bombardements anglo-américains sur Marseille. Ils détruisent plus de 400 immeubles et en rendent inhabitables 827 autres, tuant 1 832 personnes et en blessant environ 1 300 autres… Le nombre des sinistrés est lui évalué à plus de 20 000 !
► on peut voir ici des images video de l’époque.
► Sur ce thème, on pourra lire Quand les Alliés bombardaient la France, d’Eddy Florentin.
• 1970 : dissolution de l’organisation maoïste « la Gauche prolétarienne » (GP). Le mouvement continue pourtant ses activités dans l’illégalité, jusqu’à son
autodissolution en novembre 1973. De nombreux cadres feront ensuite carrière dans le monde des médias, des lettres et de la « gauche-caviar ». Parmi ses membres, on peut citer Gérard Miller, Marin Karmitz, Serge July, Alain Geismar, André Glucksmann, Benny Lévy, Judith Miller, ou encore Christian Harbulot.