
Pourtant, trois jours avant, le porte-parole du Kremlin déclarait sur la chaîne Rossiya 1 :
« Nous insistons, nous appelons à la raison. Nous vous invitons à vous poser la question suivante: quel est l’intérêt pour la Russie d’attaquer qui que ce soit? »« Nous devons rappeler que tout au long de son histoire, la Russie n’a jamais attaqué personne ».« La Russie, qui a connu tant de guerres, est le dernier pays d’Europe à vouloir même parler, à prononcer le moindre mot de « guerre » ».
Au prétexte bidon que l’Etat ukrainien mènerait un « génocide » dans ses provinces rebellées (avec l’aide de Moscou) de Lougansk et Donetsk, Poutine entend probablement annexer l’est de l’Ukraine, après avoir pris la Crimée. Il affirmait aussi officiellement, à l’aube :
« Nous nous efforcerons d’arriver à une démilitarisation et une dénazification de l’Ukraine »
Il est vrai que de nombreux jeunes patriotes ukrainiens, de droite nationaliste (donc la jeune élite de cette nation), ont formé des bataillons de volontaires pour défendre l’intégrité de leur territoire, avec parfois une efficacité remarquée, alors que l’armée ukrainienne était peu opérationnelle après 2014.
Mais en les diabolisant (et même, au-delà, le gouvernement ukrainien que contestent ces mêmes nationalistes) Poutine enfile à nouveau son costume de premier « antifa » d’Europe, et se place dans une rhétorique et une méthode qui évoqueront Staline auprès de certains.
Il faut bien dire qu’il porte une lourde responsabilité dans l’effusion du sang d’Européens, dans une guerre inutile.
Certains en France le présentent comme un fin stratège, mais même s’il atteignait ses objectifs en Ukraine, il risque de payer très cher cette guerre : économiquement, géopolitiquement, politiquement…
Et il va pousser davantage vers les structures politiques et militaires occidentales les pays limitrophes, qui, redoutant la Russie, s’étaient déjà tournées vers elles, en quête d’une protection. La possibilité d’une grande zone géopolitique amicale autour de la Russie semble avoir pris du plomb dans l’aile, alors que ce pays au vaste potentiel est lui-même menacé (avec en particulier l’extinction démographique rapide de sa population ethniquement russe, et sa fragilité économique qui en fait une proie pour la Chine).













