Point de vue politique à propos de Brigitte Bardot [Tribune libre]

« Brigitte Bardot, célébrissime actrice et mannequin française des années 50-60, vient de mourir à l’âge de 91 ans. Inutile de revenir en détail sur sa carrière et sa vie publique (plutôt triste) : les médias le font suffisamment.

On peut tout de même souligner un aspect.
« BB » était devenue ces dernières décennies une figure très appréciée de la mouvance nationale/populiste, car apportant – avec un courage bien rare chez les personnalités publiques – son soutien à Marine Le Pen et Jordan Bardella (mais jamais à Jean-Marie Le Pen, bien qu’ils fussent amis en privé), dénonçant vigoureusement l’abattage rituel des animaux, déplorant l’islamisation, l’immigration massive et même le métissage, critiquant certains aspects de la société française (jusqu’à être condamnée plusieurs fois par les tribunaux liberticides pour ses propos non conformes à l’idéologie en cours).
Il n’en a pas toujours été ainsi.

La jeune Brigitte Bardot fut une révolutionnaire :
en se mettant en avant de façon impudique ou franchement obscène dans des films ou sur des photos – dès les années 50 –, en multipliant fièrement les « maris » et les amants publics, en revendiquant ses avortements, elle fut l’un des principaux fers de lance de la destruction de l’ordre moral, qui tenait encore à peu près debout dans la société française d’après-guerre : choquant profondément, donnant un exemple désastreux aux jeunes femmes et filles, elle joua un rôle de premier plan dans la révolution des mœurs, la « libération sexuelle », le « féminisme » et l’effacement de la civilisation au profit… d’autre chose.

Non seulement bête noire de l’Eglise à l’époque, elle fut aussi très mal vue de la mouvance nationaliste française, soutenant le retournement de veste de De Gaulle sur l’Algérie française ; elle se mit à dos la résistance patriotique, qu’elle dénonçait.
Victime d’une tentative de prélèvement d’impôt révolutionnaire par des membres (apparemment) de l’OAS, elle porta plainte, aidée par son avocat, l’infâme Badinter, et rendit l’affaire publique dans la grande presse : « Je ne marche pas, je n’ai pas envie de vivre dans un pays nazi » [sic].

Il est donc un peu ironique de constater qu’elle est aujourd’hui l’égérie pleurée de la droite nationale, y compris de catholiques, alors qu’elle n’a pas changé ni ne s’est repentie de son passé. Cela illustre surtout le glissement de tout le spectre politique vers la gauche au fil des décennies.

Évidemment, nombre de ceux qui la pleurent – au-delà des clivages politiciens – expriment en creux le regret de cette France où il faisait globalement bon vivre, celle de l’insouciance, des Trente Glorieuses, de la sécurité, celle d’avant le Grand Remplacement…
Mais il faut creuser un peu, par une approche politique sérieuse, les raisons de cette transformation du pays qui ne peut que choquer les âmes honnêtes…
Et malheureusement, Brigitte Bardot, au faîte de sa gloire, a gravement contribué à faire disparaître cette France traditionnelle. »

Henri Ménestrel

5 commentaires concernant l'article “Point de vue politique à propos de Brigitte Bardot [Tribune libre]”

  1. Oui. Merci d’avoir le courage de rappeler cela, en ce moment.
    On peut aussi pointer du doigt quelque chose quant aux engagements de Brigitte Bardot ces dernières décennies, qui allaient globalement dans le bon sens me semble-t-il.
    C’est son animalisme. Défendre le bien-être et le respect des animaux, oui, bien sûr, mais il ne faut pas non plus sombrer dans l’animalisme, et nier la supériorité de l’homme sur l’animal, ni sur la légitimité qu’il y a consommer de la viande (et donc à chasser). Bardot a franchi le pas, ne cachant pas préférer les animaux aux humains, ayant des mots orduriers contre les chasseurs (je ne le suis pas). Elle était en ce sens très « moderne », et de gauche progressiste. Le fou furieux Aymeric Caron lui a d’ailleurs rendu hommage, pour cela, et malgré le reste.

  2. Torchon
    Facile de cracher sur les morts, elle n’est plus là pour se défendre et dire qu’elle vivait sa vie comme elle l’entendait, en toute liberté.
    Liberté, pleine et entière, c’est ce qui la défini
    Et pas cette vision de vévolution matriarcale que vous lui accordez avec une vision de destruction de la société, votre société manichéene du je suis juge et bourreau, peu importe de quel côté vous vous trouvez.

    Vous êtes l’archétype du revanchard arrogant ayant besoin de vomir sa détestation de ce qu’il est au fond de lui… Mais c’est plus facile de s’en prendre aux autres et surtout aux morts

    Vivre et laisser vivre. osez si vous n’êtes pas lâche.

    1. C’est dommage que vous preniez ces rappels, avant tout politiques, comme un « crachat ».
      Ces critiques, elle les a essuyées de son vivant, à l’époque, et elles ne l’ont pas atteinte.
      Cela aurait été mieux que j’écrive ce billet il y a quelques mois ? C’est ridicule.
      Doit-on se taire, au moment où tout le monde fait le bilan de sa vie, pour épargner votre susceptibilité ?
      « qu’elle vivait sa vie comme elle l’entendait, en toute liberté.
      Liberté, pleine et entière, c’est ce qui la défini »
      Qui dit le contraire ? On est bien d’accord qu’elle vivait pleinement sa conception de la liberté, tout le monde l’a bien vu, et on a le droit de jauger cela, car ça a eut un effet social et politique indéniable.
      Et tant pis pour les désagréables comme vous qui restent coincés dans leur émotivité et sont incapables non seulement d’avoir un regard détaché sur une carrière, mais même de supporter que d’autres l’aient.

  3. Bonjour
    Sa vie fait penser au Chemin de Damas, ou à la vie d’Adolphe Retté (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2722389#).

    Comme le futur St-Paul et l’écrivain anarchiste, elle a été du côté obscur durant la première partie de sa vie. Elle symbolisait la subversion de certaines valeurs traditionnelles (on a appelé cela la « libération sexuelle »), mais elle a été emportée là-dedans par des influences fortes et une jeunesse empreinte de naïveté. Elle n’avait que 15 ou 16 ans quand le cinéma lui a mis le grappin dessus, et elle a elle-même en 1973 tout plaqué. Il lui a fallu plus de 20 ans pour saisir que ce monde la détruisait.
    Mais elle l’a fait, rejetant gloire et argent, ce pour quoi les « influenceuses » modernes tueraient père et mère.

    Certains peuvent penser qu’elle n’a jamais renié sa première vie, mais ses livres comme ses actes montrent clairement qu’elle avait jeté dans les orties les illusions qui avaient conduit à mai 68 et à l’affaiblissement moral du pays et de l’occident. Elle s’est mariée, n’a pas caché ses amitiés avec des personnages de droite, précisait qu’elle ne regardait jamais ses films, n’a plus voulu tourner ne serait-ce qu’une scène malgré de multiples demandes, a consacré sa vie à plus faible qu’elle.
    Bref, elle a bénéficié de l’argent et de la gloire de son premier métier mais est arrivée à s’en servir pour mener une autre vie et se détacher ostensiblement des contre-valeurs qui ont détruit la société et qu’elle avait, jeune, contribué à infuser dans la société, et cela doit être salué.

    Le simple fait qu’elle soit critiquée par Libé et autres médias gauchistes signe la vraie valeur de Brigitte Bardot.

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