C’était un… 12 février

1429 : « journée des Harengs », ou désastreuse « bataille de Rouvray », lors de laquelle une coalition franco-écossaise (les défenseurs d’Orléans) est largement battue par les Anglais contre qui elle menait une expédition, à cause d’une discorde entre ses chefs. Près de 600 morts (peu en face), dont plusieurs chefs et seigneurs importants. Mais, pendant ce temps, le même jour… :

1429 : Jeanne d’Arc revient trouver le représentant du roi à Vaucouleurs, le capitaine Robert de Baudricourt. En mai de l’année précédente, à 16 ans, elle était venue lui annoncer résolument : « Dites au Dauphin qu’il ait bon courage, qu’il attende encore pour livrer bataille à ses ennemis ; car Dieu lui enverra du secours vers le milieu du prochain carême. Le Dauphin deviendra roi, et ce malgré la guerre et ses ennemis. Moi, je le ferai sacrer à Reims. »
Baudricourt l’avait traitée de folle et renvoyée chez elle, non sans brutalité. Mais la jeune Lorraine persévéra, essayant de monter une expédition avec le seul concours des gens du pays, qui se cotisent pour lui offrir un cheval. Sa ténacité suscite un véritable élan populaire : le peuple croit à sa mission.
Lors de cette nouvelle rencontre, elle signale surnaturellement la désastreuse défaite française « des Harengs » survenue le même jour loin de là, et après une séance d’exorcisme demandée par le prudent Baudricourt au curé local, et dont elle sort victorieuse, le capitaine cède. Il lui accorde une escorte armée. C’est le début de son incroyable épopée.

Départ de Jeanne de Vaucouleurs, Jean-Jacques Scherrer (1855-1916), 1886, mairie de Vaucouleurs

1772 : le navigateur breton Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec aperçoit les îles aujourd’hui françaises qui portent son nom aux confins des océans Indien et Glacial Antarctique.

1804 : mort, à Königsberg, à l’âge de 79 ans, du Prussien Emmanuel Kant, qui révolutionna (négativement) la philosophie, par son idéalisme, son subjectivisme et son scepticisme.

portrait de Kant, par Gottlieb Doebler, 1791.

Sa pensée, qui sera plus tard aggravée par Hegel en certains points, se signale par :
→ un subjectivisme radical (la connaissance serait enfermée dans le sujet humain, avec une impossibilité d’atteindre l’être réel et Dieu tel qu’Il est en soi).
→  un rejet de la métaphysique réaliste, traditionnelle, telle que développée par Aristote et S. Thomas d’Aquin (Kant nie la possibilité d’une science de l’être en tant qu’être et des preuves classiques de l’existence de Dieu – en particulier les voies cosmologiques thomistes).
→  un agnosticisme ontologique (on ne pourrait rien connaître de la « chose en soi »), c’est-à-dire un scepticisme déguisé sur la réalité objective et sur Dieu. Son scepticisme n’est pas pur, au sens où il croit en une réalité objective, mais il la prétend inconnaissable, ce qui en pratique revient au même.
→  l’inversion du rapport intelligence-réalité (chez S. Thomas l’intellect est mesuré par l’être : la vérité est la conformité de l’intellect à la réalité d’une chose ; chez Kant l’être – phénoménal – est mesuré / structuré par l’intellect humain, avec ses catégories a priori de l’entendement, qui organisent l’expérience).
→ une négation de la causalité métaphysique (Kant accepte la critique de Hume de la causalité, en la modérant ; les thomistes y voient une négation de la connaissance métaphysique de la cause première).
→ une morale autonome et une religion rationalisée (la morale kantienne se passe de la loi naturelle et de la grâce) : rejet des données objectives liées à la nature humaine et à la morale révélée. Une morale de l’injonction, du devoir (donc invivable, de fait), fondée sur une morale certes universelle, mais qui viendrait seulement de la raison humaine pure. On revient au subjectivisme.

1884 : l’industriel et inventeur français Édouard Delamare-Deboutteville dépose le premier brevet concernant une automobile avec moteur à explosion.

1892 : Léon Bouly dépose à environ 30 ans un brevet pour une « Caméra cinématographe ».

1894 : à Paris, attentat à la bombe par un militant anarchiste, contre la clientèle du café Terminus, causant une mort. Visant des civils, il inaugure le « terrorisme de masse » moderne.

1910 : mort, à Paris, de Jules Guérin, fameux agitateur anti judéo-maçonnique. Il avait fondé et dirigé (entre autres) le Grand Occident de France. Il s’illustra durablement avec l’épisode de Fort Chabrol.

1912 : le dernier empereur Pou-yi abdique et Sun Yat-sen proclame la république en Chine.

1946 : début de la guerre civile grecque, entre l’armée gouvernementale (royaliste, donc) et les forces communistes. Après trois ans et huit mois (et près de 200 000 morts, combattants et civils), victoire de la première.

2004 : violant gravement plusieurs lois morales élémentaires, des chercheurs sud-coréens annoncent avoir réussi à produire un embryon humain par clonage et à en tirer des cellules souches.

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