Le mythe du petit délinquant naïf et bêta, entretenu par Jawad Bendaoud depuis le début de son procès, s’est écroulé comme un château de cartes à l’audience de jeudi. Assis dans le box des accusés, l’homme qui a hébergé les terroristes du 13 novembre, d’ordinaire si agité, a écouté froidement les avocats des parties civiles mettre en pièce sa défense. Comme si le masque était tombé.
S’appuyant sur ses relevés téléphoniques, les avocats démontrent méthodiquement que Jawad Bendaoud ne pouvait pas ignorer qui étaient les deux hommes qu’il a logé pour 150 euros. Comment peut-il affirmer ne pas savoir avant son arrestation qu’un commando a fait 130 morts dans les rues de Paris, ni connaître le pedigree et la nationalité des terroristes, alors qu’il a passé près de 180 appels pendant les cinq jours qui séparent les deux drames ? Comment peut-il dire ne pas avoir parlé à Hasna Aït Boulahcen (celle qui cherchait un hébergement pour Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh), alors qu’ils se sont téléphonés pendant 3 minutes 31 ? Si Jawad affirmait qu’il était tombé sur le répondeur et avoir oublié de raccrocher, ce mensonge grossier ne résiste pas plus à l’épreuve des faits que le reste de sa version.
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