C’était un… 31 décembre

192 : à Rome, l’empereur Commode – fils de Marc Aurèle, sanguinaire et dément –, après avoir échappé à plusieurs conspirations, est étranglé dans son bain par un esclave, à l’instigation de sa compagne Marcia et du préfet du prétoire qu’il avait effrayés.

1578 : à Paris, le roi de France Henri III annonce la création de l’ordre des chevaliers du Saint-Esprit, dont le siège est au couvent Saint-Augustin. Cet ordre deviendra le plus important de la monarchie française et permettra au roi d’y accueillir cent nobles dévoués à sa cause.

1805 : fin du calendrier républicain »  ou « calendrier révolutionnaire », en son « an XIV ». Napoléon revient, pour des raisons pratiques, au calendrier grégorien. Les saints remplacent les fruits, les outils, les légumes…

 

1898 : fondation de la « Ligue de la patrie française », face aux développements de l’Affaire Dreyfus et la mise en cause de l’armée par la Ligue des Droits de l’homme. De nombreux écrivains, scientifiques, intellectuels et artistes de grand renom s’y retrouvent : François Coppée (président d’honneur), Jules Lemaître (président), Maurice Barrès, Vincent d’Indy, Frédéric Mistral, Paul Bourget, Charles Maurras, Théodore Botrel, Edgar Degas, Gyp, Auguste Renoir, le duc de Broglie, Charles Brongiart, Honoré Champion, Caran d’Ache, Jean-Louis Forain, …

La presse relaye la profession de foi :

« Les soussignés, émus de voir se prolonger et s’aggraver la plus funeste des agitations ; persuadés qu’elle ne saurait durer davantage sans compromettre mortellement les intérêts vitaux de la patrie française, et notamment ceux dont le glorieux dépôt est aux mains de l’armée nationale ; persuadés aussi qu’en le disant ils expriment l’opinion de la France ; ont résolu : de travailler, dans les limites de leur devoir professionnel, et maintenir, en les conciliant avec le progrès des idées et des mœurs, les traditions de la patrie française ; de s’unir et de se grouper, en dehors de tout esprit de secte, pour agir utilement dans ce sens par la parole, par les écrits et par l’exemple ; et de fortifier l’esprit de solidarité qui doit relier entre elles, à travers le temps, toutes les générations d’un grand peuple. »

La ligue organise des conférences et édite des publications, et a pour objectif les élections municipales de mai 1900, auxquelles elle triomphera à Paris avec les autres nationalistes.
Mais composée largement d’une élite, elle ne parviendra pas à se créer une assise populaire. Son absence de doctrine précise lui sert autant qu’elle la pénalise. Après le départ de Barrès en 1901, puis de Coppée en 1902, la Ligue ne résiste pas à l’échec électoral de cette même année. Se rapprochant de la droite conservatrice, elle tente de se joindre à l’Action libérale en 1904, sans y parvenir car celle-ci, formée d’anciens monarchistes ralliés à la République, lui reproche de ne pas défendre clairement l’Église catholique. Elle finit par se disperser dans les différents courants conservateurs.

1978 : mort, à Tours, de l’historien et essayiste Bernard Faÿ, à l’âge de 85 ans.
Ancien de Verdun, professeur au Collège de France et dans des universités états-uniennes, figure du Tout-Paris de l’entre-deux-guerres, cet homme de lettres de droite nationale se rallia au maréchal Pétain et fut administrateur général de la Bibliothèque nationale, qu’il maintint et développa brillamment dans des conditions difficiles. Fin connaisseur de la franc-maçonnerie, il fut aussi à ce moment nommé chef du Service des sociétés secrètes, chargé de récolter, archiver et étudier les documents saisis dans les loges de la secte (hélas beaucoup avaient été cachés auparavant).
Cette activité lui valut une haine spéciale de la franc-maçonnerie, réinstallée en France par De Gaulle. Emprisonné depuis 1944, il parvint à s’échapper en 1951 – lorsqu’il était soigné à l’hôpital d’Angers – et à quitter la France pour trouver refuge en Suisse, où il résida et reprit l’enseignement.
Il fut gracié en 1959 par le président René Coty. Il mourut en 1978, sans avoir cessé de publier des études littéraires et historiques.
► On peut retrouver ici des livres de Bernard Faÿ.

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