• 1463 : mort, à Rome, d’Isidore de Kiev, qui fut métropolite grec-orthodoxe « de Kiev et de toutes les Russies » et cardinal à Rome. Il tenta de résorber le schisme d’Orient, devant la menace turque. L’empereur byzantin Jean VIII Paléologue l’envoya en 1434 au Concile de Bâle, pour parfaire la réunification des Églises. Byzance le nomma « de Kiev et de toutes les Russies ». Après de nombreux avatars, il rédigea, avec le cardinal grec Jean Bessarion, le document de l’unification, proclamée le 5 juillet 1439, ce qui lui obtint de devenir en même temps « cardinal de Ruthénie ». Kiev fut donc unie, mais le grand-prince de Moscou refusa l’union… Le pape Nicolas V renvoya Isidore à Constantinople, en 1452. Il participa activement à la défense de la ville contre les Turcs ; au cours du siège, il annonça aux Byzantins l’unification des « deux » Églises au cours d’un prêche dans Sainte-Sophie, ce qui agréa à la Cour et à la hiérarchie mais non au peuple, toujours très hostile à la papauté. Isidore de Kiev et ses hommes prirent alors les armes et montèrent au créneau pour défendre la ville. Isidore y fut blessé, mais parviendra à fuir, vers la Crète d’abord, avant de rentrer à Rome en 1454, où il rédigea un récit poignant de la chute de Constantinople, Epistula lugubris. Le pape Pie II le nomma, à titre honorifique, “Patriarche Grec de Constantinople”.
• 1521 : mort, aux Philippines, de Fernand de Magellan, explorateur portugais (qui découvrit le détroit à l’extrême-sud de l’Amérique et effectua le premier voyage autour du monde), au cours d’une bataille contre de nombreux indigènes.
• 1578 : « duel des Mignons », à Paris, lors duquel plusieurs favoris (compagnons proches) du roi Henri III s’affrontent entre eux. Quatre d’entre eux y laisseront la vie.
• 1702 : mort à Dunkerque de Jean Bart, grand marin et plus célèbre des corsaires français. Il est victime d’une pleurésie à l’âge de 52 ans.
Légendaire, on le connaît comme le « Renard des Mers », car il aurait capturé au cours de sa carrière presque 400 bâtiments.
Né dans une famille de pêcheurs et de corsaires catholiques, Jean Bart embarque pour la première fois en tant que mousse à l’âge de 8 ans.
Promu lieutenant de vaisseau en 1679, son histoire prend un tour romanesque dix ans plus tard avec la bataille de l’Île de Wight. Pour permettre aux bâtiments qu’ils escortent de s’enfuir, et bien qu’inférieurs en nombre et en armement, Jean Bart et Claude de Forbin attaquent les vaisseaux de guerre anglais qui menacent le convoi. Ils perdent la bataille mais réussissent à faire échapper les bâtiments escortés avant de se retrouver emprisonnés en Albion, à Plymouth. Sa spectaculaire évasion à peine quelques semaines plus tard – il rame pendant deux jours avant d’accoster à Saint-Malo – accroît le crédit de Jean Bart dans l’imaginaire populaire comme dans l’esprit du Roi Soleil. Il est fait capitaine de vaisseau dans la foulée.
La légende s’écrit le 29 juin 1694 : au large de l’île hollandaise de Texel, apercevant à l’horizon le convoi français d’une centaine de voiles qui venait d’être capturé par les Provinces-Unies, et bien qu’encore une fois inférieurs en nombre, Jean Bart et sa flotte hissent successivement le pavillon rouge (à l’attaque !) et le pavillon bleu (à l’abordage !). Le résultat est sans équivoque : 16 morts chez les Français contre plus de 300 chez les Hollandais. Alors qu’il avait été fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis par Louis XIV en 1690, la bataille de Texel lui vaut l’anoblissement par le roi.
• 1825 : loi du « milliard des émigrés », visant à indemniser, très partiellement, les anciens propriétaires d’avant 1789. Cette loi, pourtant restrictive, est attaquée avec une extrême mauvaise foi par l’opposition bourgeoise libérale (duc d’Orléans, marquis de Lafayette, etc.) qui s’était enrichie grâce à la Révolution.
• 1915 : naufrage du cuirassé Léon Gambetta, torpillé par un sous-marin de la marine austro-hongroise, au large des Pouilles (Italie). C’est le premier navire perdu par la France au cours de la Première Guerre mondiale, et l’une des plus grandes tragédies de l’histoire de la Marine nationale, où près de 700 marins français périrent dans l’Adriatique.

• 1937 : mort d’Antonio Gramsci, dans une clinique de Rome. Arrêté en 1926, ce chef du Parti communiste italien avait été condamné à vingt ans d’emprisonnement. Ses cahiers de prison, recueillis par sa belle-soeur, rénoveront la théorie marxiste après la guerre et serviront de base à une nouvelle stratégie fondée sur l’influence métapolitique et l’action culturelle.
• 1960 : indépendance du Togo.
• 1961 : multiples arrestations de militaires et de fonctionnaires favorables à l’Algérie française, comme le commandant Denoix de Saint-Marc, ancien déporté.
• 1962 : début de l’épuration dans les administrations et arrestations dans les armées des sympathisants de l’Algérie française.
• 1969 : le référendum voulu par le général De Gaulle, pour mieux asseoir son pouvoir, est rejeté par 52,41% des voix. Mortifié, le Président démissionnera le lendemain.
