« Le stratagème européen pour la France »

[Tel est le titre d’une tribune que nous envoie un lecteur et que vous pouvez lire ci-dessous.
Bien entendu, elle n’engage pas la rédaction de Contre-info, mais peut-être le support d’une saine réflexion.
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« Il est toujours amusant de voir nos hommes politiques proclamer dans les médias leur amour inconditionnel de la France et laisser entendre, dans le même temps, que notre nation n’est pas assez mâture ni assez importante pour s’en sortir par elle-même. Pour eux, la conclusion est toute trouvée : il faut impérativement que notre pays se fonde dans un ensemble continental voué au mondialisme et fusionne avec Malte ou la Slovénie pour continuer à exister. La contradiction entre leur patriotisme de façade et leur européisme échevelé est évidente, mais il ne suffit pas de constater cette incohérence sans nul doute voulue. Encore faut-il comprendre et démontrer en quoi l’Union européenne est directement nocive pour la France (tout comme elle l’est pour toutes les nations du continent). Et le stratagème conçu par Bruxelles et nos dirigeants européistes est redoutable. Un certain nombre d’analyses s’y sont déjà attelées mais celle-ci entend apporter sa pierre à l’édifice en montrant à quel point cette stratégie est aussi raffinée que dangereuse.

Le danger le plus évident : la disparition de notre mode de vie

Il est désormais acquis pour tous les observateurs un peu sensés que l’euro est à la source de bon nombre de nos problèmes économiques, notamment de l’écroulement de nos exportations. Ces mêmes observateurs savent parfois moins que ce sont plus largement les traités européens qui pénalisent notre économie, puisque le fameux Traité de Lisbonne accepté par toute la classe politique française malgré le référendum de 2005 organise et favorise les délocalisations, la fuite des capitaux, le chômage, etc. In fine, c’est tout notre mode et toute notre qualité de vie qui sont menacés directement par l’Union européenne et la participation coupable de nos dirigeants. Bien évidemment, tous nos grands médias étant détenus, au travers de fonds d’investissement et autres multinationales, par les États-Unis d’Amérique ou leurs alliés, il est peu probable que de telles analyses antimondialistes soient développées à vingt heures sur TF1 ou France Télévisions.

Le stratagème est déjà absolument terrible et il a été décortiqué à plusieurs reprises par certains opposants sagaces au mondialisme. Pourtant, ce n’est pas le pire. Alors que notre pays s’enfonce plus rapidement qu’on ne le pense dans une profonde dépression économique, les médias et hommes politiques français font tout pour détourner l’attention sur d’autres pays par rapport auxquels nous serions prétendument plus avantagés. Inutile de comparer notre économie à celle de la Grèce : ce serait comme chercher à se rassurer en comparant notre espérance de vie à la naissance avec celle du Laos. Ce serait donc se voiler la face en pointant les autres du doigt. Une étude récemment réalisée par Philippe Murer, professeur de finance à la Sorbonne, montre par exemple que le taux de chômage réel atteint facilement 21% en France (et 16% dans une Allemagne prétendument en plein miracle économique), si l’on tient compte des statistiques occultées par les organismes officiels. Dès lors, il devient difficile de se rassurer face au taux espagnol, proche des 25%. Il est encore plus ardu de comparer le caractère compétitif de notre économie face à des pays que les médias dominants disent plus en difficulté : ce n’est pas qu’avec l’Allemagne, mais aussi avec l’Italie ou l’Espagne que notre balance commerciale est largement déficitaire. Quant aux politiques d’austérité imposées à des peuples voisins, elles le seront bientôt aux Français, que le gouvernement en place soit socialiste ou conservateur, nul n’en est dupe. Néanmoins, le stratagème européiste semble fonctionner puisque la plupart de nos concitoyens se réjouissent presque de n’être pas espagnols ou italiens… tout en se lamentant de la nullité de la France, pourtant causée par des facteurs extérieurs.

Un danger plus pernicieux : notre disparition géopolitique et culturelle

Comme souvent, les dangers les plus importants sont rarement les plus voyants. Nos problèmes économiques directement causés par le mondialisme et l’ultra-libéralisme européens ont beau être graves, ils le sont moins que notre progressive disparition géopolitique et culturelle dans le monde. Un premier constat simple à réaliser : en dehors de trop rares occasions (le refus du gouvernement de participer à la guerre d’Irak, en 2003), nous nous alignons toujours sur la politique américaine, promue par l’Union européenne et imposée à tous les pays-membres. Notre intervention en Libye en 2011 et la propagande mondialiste qui nous pousse à armer les « rebelles » syriens, dont l’obédience politique est plus que trouble, n’en sont que des illustrations récentes.

Au-delà de cette politique belliqueuse directement inspirée du choc des civilisations de Samuel Huntington (un Américain proche des services secrets, comme par hasard), l’Union européenne favorise aussi l’amitié franco-allemande dont l’on peut légitimement se demander ce qu’elle apporte à la France. Littéralement écrasé par le commerce extérieur germanique, la France est aussi totalement coupée de son espace géopolitique naturel, la Méditerranée. Nos relations avec nos anciennes colonies du Maghreb et d’Afrique subsaharienne sont presque nulles – sauf pour y défendre les intérêts du grand capital pétrolier ou minier, ou bien encore pour y soutenir les dictateurs que nous dénoncerons ensuite. Ne parlons pas non plus du mépris que nous ne cessons d’exprimer à l’égard des pays d’Europe méditerranéenne, pourtant latins et de tradition catholique comme nous. Cependant, face à l’écroulement démographique du monde germanophone ou de l’Europe centrale et orientale, la France, si elle défendait ses intérêts au lieu de défendre ceux du mondialisme libéral, s’intéresserait de près à des zones du monde émergentes, dont l’Asie orientale et l’Amérique latine. Dans ce dernier cas, une alliance au cas par cas avec l’Espagne serait bien plus judicieuse pour nous, puisqu’il s’agit du premier partenaire européen du Brésil, du Mexique, de l’Argentine, du Venezuela, de la Colombie, etc.

D’ailleurs, cette politique totalement aveugle concernant notre identité et nos intérêts bien compris a provoqué aussi un déclin accéléré de la langue française dans le monde. Obnubilés par l’Union européenne, nos dirigeants se laissent illusionner par les chiffres surestimés de la Francophonie et ne voient pas que la langue de Molière a reculé partout : Canada anglophone, États-Unis d’Amérique, Brésil, Argentine, Asie orientale, ancienne Indochine, etc. Et ce n’est pas seulement l’anglais qui nous a dépassés, mais aussi d’autres langues, comme l’espagnol. Notre vénération des principes européistes et mondialistes fait donc partie d’un stratagème bruxellois plus large : nous couper de toutes nos alliances traditionnelles, nous mettre au pas en termes géopolitiques et faire reculer notre culture et notre langue (c’est-à-dire notre vision propre du monde) sur la planète. Jusqu’à quand ?

de Maeztu »

6 commentaires concernant l'article “« Le stratagème européen pour la France »”

  1. Bon texte, bien écrit.
    En revanche, on voit que l’approche est purement « souverainiste » : c’est incomplet, surtout en ce qui concerne la question identitaire.

    En effet, il existe une menace bien pire que toutes celles qui sont évoquées : la destruction de l’identité ethnique de la France.
    La France n’est pas qu’une culture, comme le rappelle régulièrement le Renouveau français ; il y a aussi des aspects charnels à notre identité, qui sont menacés de disparition définitive par le jeu de l’invasion migratoire et du métissage généralisé qui lui est connexe.

    Seriez-vous satisfait d’une France à la population qui ne serait plus blanche, comme cela se profile, mais qui aurait retrouvé sa liberté, voire sa culture ? Moi non. Ce ne serait plus la France.
    Cette menace ethnique est la plus grave car elle s’attaque au socle du miracle français et surtout car, contrairement aux autres périls, elle serait irréversible si elle aboutissait.

    En tout cas, ce serait une bonne chose je pense, que Contre-info propose en effet davantage de tribunes libres ouvertes au débat. Je vais peut-être en proposer une prochainement !

  2. C’est très juste, mais je n’ai pas eu nécessairement le temps de tout développer dans ce (court) condensé. D’autres articles suivront sur divers sujets, si la rédaction est d’accord 🙂

  3. Il ya beaucoup de prophéties concernant la France, à commencer par la première, de St Rémy, annonçant la bénédiction pour sa fidélité ou la punition pour le contraire.
    Chaque fois qu’elle a côtoyé la mort, Dieu a donné un secours, Jeanne d’Arc en est un exemple, faiblesse de la jeunesse, Pétain, faiblesse de la vieillesse.
    Saint Pie X , mort en 1914, a aussi annoncé la résurrection de la France comme Fille Ainée de l’Eglise, mais après une punition méritée pour son apostasie.
    Le remède, le seul , c’est le retour à Dieu, et que les hommes d’église donnent l’exemple avant tout.

  4. Les taux espagnols ne sont plus a 25%, voilà une page qui informe sur les taux des pays européens :

    http://pigbonds.info/

    En cliquant sur un taux, ça renvoie vers les charts du site Bloomberg.

    Draghi est en train de racheter les obligations espagnoles, Italiennes, Irlandaises et Portugaises, pour en faire baisser les taux et soulager ces pays.
    En achetant ces obligations, il en fait monter le cours et le taux qui est un pourcentage du cours, baisse.
    Draghi fait ça sans avertir personne, pour casser la spéculation qui elle, vend les obligations pour en faire monter les taux, et mettre les pays comme Espagne, Irlande en cessation de paiement.

    A peu près, je ne suis pas un spécialiste non plus …. :-))

  5. Sur le diagnostic, tout le monde est d’accord, le système nous est nuisible, nocif.
    le problème c’est le remède a apporter. Quel rapport de force mettre en face des politiciens actuels; C’est en termes de rapport de force qu’il faut penser maintenant.

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