
D’Olivier Piacentini, essayiste (ses livres ici) :
« Mario Draghi est devenu, le 3 février, le nouveau président du Conseil italien, succédant ainsi à Giuseppe Conte. En effet, la défection de Italia Viva, parti de Matteo Renzi, a privé la brinquebalante coalition M5S-centre gauche de la majorité parlementaire. Une majorité elle-même issue du rabibochage express et en coulisse du mouvement populiste M5S avec la gauche de gouvernement, en septembre 2019 : un coup de poignard dans le dos de la Lega de Salvini qui prenait bien trop de poids dans l’opinion, avec les succès de l’ex-ministre de l’Intérieur sur le front de l’immigration.
Lors d’un débat télévisé organisé, il y a quelques mois, sur la RAI entre Renzi et Salvini, le premier avait reconnu avoir fomenté un « coup d’État » pour écarter la Lega du pouvoir, prétextant un risque de flambée du coût de la dette italienne provoqué par la défiance que le second inspirait dans les milieux financiers… Fort de ses malheureux 5 % des voix, Renzi aura donc réussi à chasser les populistes du pouvoir en deux temps, Salvini d’abord, Conte ensuite : chapeau, l’artiste, voilà un Florentin pur jus digne successeur de Machiavel au panthéon de la roublardise politique.
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