C’était un… 9 février

• 1879 – 1936 : naissance et mort de Jacques Bainville journaliste, chroniqueur de politique étrangère, historien et académicien français.
Proche de Charles Maurras, il se consacra essentiellement au journalisme. Il toucha à de multiples sujets (dans l’Action française et ailleurs), mais ses analyses géopolitiques marqueront son époque et d’autres de ses ouvrages demeurent des références historiographiques, en particulier son Histoire de France qui fait encore autorité (en dépit de quelques manques et points discutables). On peut se procurer ce livre incontournable ici, et d’autres livres de et sur cet auteur ici.

En 1920, à l’issue de la Grande Guerre, en réplique à l’opuscule de l’économiste John Maynard Keynes sur les Conséquences économiques de la paix, Bainville publie un lumineux essai : Les conséquences politiques de la paix à propos du traité de Versailles, y démontrant avec brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d’un autre conflit et résume le traité dans une formule cinglante et juste : « une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur et trop dure pour ce qu’elle a de doux ».

1801 : traité de Lunéville.
La victoire de Marengo avait terminé la seconde campagne d’Italie (juin 1800) : cependant il fallut encore la victoire d’Hohenlinden (décembre 1800) pour décider l’Autriche à conclure la paix. Dès le 1er janvier 1801, un congrès s’ouvrit à Lunéville, et, le 9 du mois suivant, le traité fut définitivement signé, au nom de l’empereur d’Allemagne et de la République française.
Ce traité, rappelant toutes les clauses de celui de Campo-Formio (1797), établissait entre la France et l’Allemagne la limite naturelle du Rhin. La France obtenait la souveraineté des provinces situées sur la rive gauche de ce fleuve, depuis l’endroit où il quitte le territoire helvétique jusqu’à celui où il entre dans le territoire batave. De son côté, elle cédait à l’Allemagne toutes les places qu’elle possédait sur la rive droite, telles que Dusseldorf, Philisbourg, les forts de Cassel et de Kehl, etc. L’Allemagne reconnaissait l’indépendance des républiques ligurienne, cisalpine, batave, helvétique, et abandonnait au premier consul la libre disposition de la Toscane, avec promesse d’indemniser le grand-duc.

1925 : à Marseille a lieu, salle Prat, une réunion de la Fédération nationale catholique, créée récemment pour protéger les droits des catholiques après l’arrivée au pouvoir du « cartel des gauches ». Le président-fondateur, le général de Castelnau, est présent, ainsi que l’évêque de Marseille qui inaugure la réunion par une prière. Mais des milliers de manifestants de gauche (SFIO, PCF, CGT, etc.), menés par leurs élus, essaient d’attaquer la salle. La police les en empêche, pendant deux heures, aux prix de violents heurts.
Mais après la fin du meeting, ils traquent dans les rues les spectateurs qui rentrent chez eux. Des dizaines de personnes sont blessées (dont maints ecclésiastiques, tel l’abbé Fouque, fondateur de l’hôpital St Joseph et de nombreuses œuvres charitables, gravement atteint d’un coup de matraque). Deux sympathisants de la FNC sont tués : Ephrem Ville, hôtelier de 58 ans qui eut le crâne fracturé, et Louis Vian, 32 ans, qui fut abattu à coup de revolver par un communiste italien qui ne sera que modérément condamné.

Une foule nombreuse a assisté aux obsèques de Louis Vian et Ephrem Ville à Marseille

1930 : mutinerie d’inspiration marxiste au sein du 4e RTT au Tonkin (Yen Bay) en Indochine
Résultat de recherche d'images pour "ho chi minh"Tout commence au cours de la nuit du 9 au 10 février, lorsque des mutins du 4e Régiment de tirailleurs tonkinois attaquent la caserne et l’état-major de Yen Bay.
L’opération insurgée est menée par N’Guyen Ai Quoc (futur Ho Chi Minh) et est le résultat d’un long travail de propagande du Parti communiste indochinois auprès de sous-officiers et tirailleurs. L’attaque échoue en raison du loyalisme des autres compagnies et de la combattivité des familles des cadres français (une épouse est citée et décorée de la médaille des TOE). Ho Chi Minh, en fuite, est condamné à mort par contumace pour avoir fomenté la révolte qui a causé la mort de 11 personnes et blessé de nombreux civils. Il est arrêté quelque temps après à Hong Kong par les Britanniques. Après six mois de prison, il gagne l’URSS.

1957 : mort, en exil au Portugal, de Miklós Horthy, qui fut notamment régent du royaume de Hongrie de 1920 à octobre 1944. D’une famille aristocratique, ce nationaliste et anticommuniste convaincu était devenu commandant en chef de la marine impériale (austro-hongroise) en février 1918, puis il exerça le pouvoir en Hongrie après la défaite du communiste Bela Kun en 1920. Pendant la 2e Guerre, il fut en quelque sorte l’équivalent du maréchal Pétain hongrois.

1997 : malgré une campagne de haine et de déstabilisation, la frontiste Cattherine Mégret, épouse de Bruno Mégret, remporte le second tour de l’élection municipale de Vitrolles (avec une forte participation). C’est la première fois que le FN (non « dédiabolisé »), qui contrôle déjà trois villes du sud-est de la France – Marignane, Orange et Toulon – depuis juin 1995, conquiert une municipalité à la majorité absolue.

2024 : mort, à 95 ans, du militant de gauche Robert Badinter, qui aura énormément nui à la France en tant que ministre mitterrandien de la justice notamment. Voir son parcours ici.

5 commentaires concernant l'article “C’était un… 9 février”

  1. Assez curieusement, la conclusion de son HISTOIRE DE FRANCE éditée en 1935, est…optimiste!
    Bainville d’ordinaire si lucide, a-t’il écrit cela pour plaire à son éditeur?

  2. Pour Mulot : INDISSOCIABLE, adj.
    A. Qu’il est impossible de dissocier d’autre chose. Élément, œuvre, souvenir indissociable de; enfants, parents indissociables.

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