C’était un 7 janvier…

810 : mort de Widukind, en français Guiteclin, chef saxon qui fut l’un des plus fermes opposants à la conquête franque et à la christianisation de son peuple, donc l’un des principaux adversaires que Charlemagne rencontra durant la campagne de 777-785. À partir de 772, les Saxons avaient commencé à mener des raids en Thuringe, déjà franque. Charlemagne l’emporta finalement et organisa la Saxe comme une province franque.

1285 : mort, de maladie, de Charles Iᵉʳ d’Anjou, créateur d’un éphémère empire méditerranéen. Dernier fils du roi Louis VIII et frère cadet du roi Louis IX, il était devenu comte de Provence (par mariage), d’Anjou et du Maine. Allié à la papauté, il s’empara du royaume de Sicile en 1266 en éliminant les derniers représentants de la maison de Hohenstaufen. Il étendit son pouvoir dans les Balkans, en Albanie et en Achaïe, et devint également roi titulaire de Jérusalem en 1277. Tandis qu’il préparait une croisade contre l’Empire byzantin, la colère suscitée par la présence française déclencha les « Vêpres siciliennes » en 1282 (massacre, en une nuit, de 2 000 Français et Provençaux, y compris de femmes et d’enfants). Charles fut chassé de la Sicile par une coalition des Siciliens avec Pierre III d’Aragon, mais parvint à se maintenir dans la partie continentale de son royaume (dont Naples fut la capitale). Il accompagna son frère Louis IX à la croisade à deux reprises.

1886 : le général Boulanger devient ministre de la Guerre. Il le demeure jusqu’au 30 mai 1887, cristallisant sur son nom les activistes à la fois républicains, communards et nationalistes.

1944 : mort, à 10h50, d’Eugène Deloncle, âgé de 53 ans, abattu par des agents allemands du SD, à son domicile. Son fils, blessé, survit.
Polytechnicien, ancien combattant blessé sur le front de Champagne (il recevra la Légion d’honneur), il fut militant à l’Action française avant de créer avec d’autres dissidents, en 1935 un mouvement révolutionnaire : l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN), surnommé « La Cagoule », qui fut soutenu financièrement par L’Oréal et Michelin notamment.
En juillet 1938, l’état-major civil et plusieurs militaires de cette organisation clandestine qui se préparait à réagir à un coup de force des communistes, soit un total de 120 personnes, furent arrêtés par la police, dans un grand tintamarre médiatique.
Après l’armistice de juin 1940, Deloncle rejoignit l’amiral François Darlan et reprit contact avec d’anciens cagoulards.
Fin 1940, il créa le Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale (MSR, dont la devise était « Aime et sers »), franchement collaborationniste. Il cofonda en 1941 la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). En 1942, il fut exclu du MSR.
Ce nationaliste un peu mystérieux qui ne dédaignait pas l’intrigue, était en contact avec l’amiral Wilhelm Canaris, responsable du contre-espionnage militaire allemand (l’Abwehr) et opposant à Hitler. Cela lui vaudra l’attention hostile des services de sécurité du Reich : arrestation en août 1943, suivie d’interrogatoire et d’une détention d’un mois, puis le 7 janvier, son meurtre.

► Pour en savoir plus sur la « Cagoule », on peut lire l’article de synthèse paru dans le n°8 de la revue L’Héritage, le petit livre de Jean-Claude Valla, ou encore la biographie de Deloncle par Patrice Delhomme.

1951 : mort, au Caire, de René Guénon, à l’âge de 64 ans.

Auteur d’une centaine d’articles et d’une vingtaine d’ouvrages, il fut une figure majeure de l’ésotérisme au XXe siècle, encore vénéré par de nombreux maçons bien qu’il ait quitté officiellement cette secte en la critiquant pour des questions de « pureté » ésotérique. Devenu officiellement musulman soufi en 1912, il s’installa en Egypte en 1930 (et épousa une locale), mais resta toujours sur sa voie ésotérique (luciférienne en réalité). Il prétendait que les religions partageaient une origine commune et une unité transcendantale (nommée la « Tradition primordiale »), et est à ce titre considéré comme l’un des fondateurs de l’école dite du « traditionalisme pérennialiste » ou « pérennialisme ».
Guénon est particulièrement dangereux car, critiquant (et parfois à juste titre) le « monde moderne », il peut charmer les hommes de droite, les « dissidents », et bien sûr tous ceux dont l’orgueil peut être séduit par la démarche ésotérique (sentiment d’appartenance à une élite au-dessus de la masse des ignorants et des moutons).
► pour en savoir plus, on pourra lire avec profit : René Guénon jugé par la Tradition et l’imposture guénonienne.

1978 : massacre d’Acca Larenzia, à Rome.
Cinq jeunes militants du MSI (parti nationaliste-social italien), s’apprêtant à quitter le siège de leur parti, rue Acca Larenzia, pour se rendre à un concert, sont atteints par des tirs d’arme automatique, provenant d’un commando d’extrême-gauche.
Franco Bigonzetti, 20 ans, en première année de médecine, est tué sur le coup.  Francesco Ciavatta, étudiant âgé de 18 ans, alors seulement blessé, tente de s’enfuir mais, poursuivi par les assaillants, est achevé d’une nouvelle balle dans le dos.
L’arme du crime était un pistolet-mitrailleur Skorpion, retrouvé plus tard dans une cachette des Brigades rouges, qui avait été fourni au commando par un policier du quartier.
Des centaines de militants néo-fascistes arrivèrent sur place et soudain, sans raison, un officier des Carabiniers (l’équivalent italien des Gendarmes) tua de sang-froid Stefano Recchioni, 19 ans, d’une balle dans la tête, relate l’intellectuel néo-fasciste italien Gabriele Adinolfi, qui poursuit dans un entretien :
« L’explication de tout cela nous l’avons eu plus tard. Les Brigades Rouges s’apprêtaient à kidnapper le président des chrétiens-démocrates, Aldo Moro, que les Américains, les Israéliens et les Russes voulaient mort mais dont l’enlèvement par [la loge] P2 était perçu d’une bonne façon.
En prévision de l’enlèvement, la P2 et les Brigades Rouges voulaient faire monter la tension dans la ville pour créer des diversions. Et de fait la réaction fut immédiate : au lendemain du triple homicide, des néo-fascistes et des policiers s’affrontèrent à coups de revolver. »
Chaque années, de nombreux militants de droite radicale italienne se réunissent en hommage à ces jeunes militants morts.

2015 : attentat au siège du journal d’extrême-gauche ordurier Charlie Hebdo, à la suite de publications de caricatures de Mahomet.  Vers 11 h 30, les frères Kouachi (algériens islamistes, de prétendue « nationalité française ») pénètrent dans le bâtiment abritant les locaux du journal, armés de fusils d’assaut. Ils assassinent douze personnes, dont huit membres de la rédaction.
Les Kouachi sont tués par le GIGN deux jours plus tard.
En Algérie, notamment, ont lieu alors des manifestations spontanées en leur hommage, la foule les qualifiant de « martyrs », ce qui sera très peu annoncé dans les médias français. Ici, à Alger, malgré l’interdiction de manifester en vigueur depuis plusieurs années, des milliers d’hommes défilent en scandant « les Kouachi sont des martyrs » (« Kouachi chouhada ») :

 

2025 : mort, à l’âge de 96 ans, de Jean-Marie Le Pen.
Orphelin de père (marin-pêcheur de la Trinité-sur-Mer tué par une mine allemande en 1942), il voulut s’engager dans les FFI en novembre 1944, mais fut refusé du fait de son jeune âge (16 ans).
Il servit dans l’armée lors des guerres d’Indochine et d’Algérie, et son parcours politique débuta vraiment dans le courant poujadiste. Il fut ainsi député du département de la Seine de 1956 (à 27 ans) à 1962, puis dirigea la campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour pour l’élection présidentielle de 1965.
Sollicité par le mouvement nationaliste Ordre nouveau, il participa en 1972 à la fondation du Front national (qui devint au bout de quelques années le principal parti de la mouvance patriotique, pour longtemps), dont il prit la présidence, et l’exerça jusqu’en 2011. Il fut ensuite chassé du parti par sa fille, à qui il avait tenu à transmettre le mouvement contre l’avis des cadres et militants historiques (mais avec l’appui des médias).
Tribun, homme cultivé et courageux sachant se faire apprécier des classes populaires, il fut pendant des décennies le porte-voix du patriotisme français et, finalement, du bon sens en matière politique, économique, industrielle, sécuritaire et identitaire.

► voir aussi : L’ahurissant et mensonger article du « Monde » suite au décès de Jean-Marie Le Pen

4 commentaires concernant l'article “C’était un 7 janvier…”

  1. Gral Boulanger:
    Comment les français se sont fait piéger par un homme sans envergure!

    Deloncle:
    Père de Mme Bettancourt, riche héritière du groupe L’ORÉAL.

  2. Que le monde est petit avec la Bettancourt, cela sens le carnaval ripoubicain du CSAR au SAC il n’y pas loin. Quand à Boulanger ce fut un général moue qui nous Quand méme permis de réunir en son nom puis plus tard de constituer des ligues contre la gueuse.

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