C’était un… 3 janvier

512 : mort de Sainte Geneviève, patronne de Paris. Voir en fin d’article quelques rappels sur sa vie.

Portrait de sainte Geneviève, devant l’hôtel de ville et l’île de la Cité, peint au XVIIe siècle. DR

898 : mort, à la Fère, d’Eudes, ou Odon, comte de Paris et marquis de Neustrie (866-868 puis 886-888), devenu roi des Francs (888-898), le premier de la dynastie des Robertiens.
Une large partie des grands du royaume, au sein desquels les Robertiens tiennent une place éminente, avaient choisi Eudes – qui avait secouru Paris assiégé par les Vikings au cours de l’hiver 885/886, pour le remplacer Charles III.
Eudes est inhumé à Saint-Denis. En 996, son petit-neveu Hugues Capet est inhumé à ses côtés. En août 1793, ils sont parmi les premiers tombeaux détruits par ordre de la Convention lors de la profanation des tombes de la basilique Saint-Denis. Les deux gisants d’Eudes et Hugues disparaissent en même temps que celui du roi Dagobert Ier.

1322 : mort, à Longchamp, de Philippe V « le Long », âgé de 29 ans, victime de dysenterie. Il régnait depuis cinq ans. Sans enfant, c’est son frère Charles IV « le Bel » qui lui succède.
Il avait initié le projet d’établir une même monnaie et de mêmes mesures dans tout le royaume.

1594 : mort, à Barcelone, en odeur de sainteté, de la carmélite Catherine du Christ, née Catherine de Balmaseda. Proche de Sainte Thérèse d’Avila, elle répandit sa réforme radicale du Carmel en Navarre puis en Catalogne. On a constaté à plusieurs reprises, jusqu’au XXe siècle encore, que son corps restait imputrescible.

1794 : bataille et massacre de Noirmoutier, pour le contrôle de l’île du même nom, lors de la guerre de Vendée. Les soldats républicains sont deux fois plus nombreux que les Vendéens, ils ont 130 tués, contre 500 morts chez les royalistes.
Après avoir pris le sud de l’île, les républicains marchent ensuite vers la ville de Noirmoutier, où ils reçoivent la capitulation des Vendéens qui déposent les armes contre la promesse d’avoir la vie sauve.
Acceptée par le général Haxo, la capitulation n’est pas respectée par les représentants en mission Prieur de la Marne, Turreau et Bourbotte, qui font fusiller 1 200 à 1 500 prisonniers en quelques jours, dont Maurice d’Elbée, l’ancien généralissime de l’Armée catholique et royale.
Quelques jours après la bataille du Mans et celle de Savenay, ce troisième désastre signe la fin des espoirs des catholiques lors de la première guerre de Vendée.

1875 : décès, à Paris, de Pierre Larousse, lexicographe et éditeur. Son Grand Dictionnaire universel, en 17 volumes, fit référence, bien qu’il ait été mis à l’Index par le Saint-Siège (interdiction aux catholiques de le lire sous peine d’excommunication), en raison de son orientation rationaliste et antichrétienne. Larousse était effectivement un républicain, un « progressiste » et un laïciste convaincu, qui voyait son ouvrage comme un outil de combat.

1967 : mort de Jacob Rubenstein, dit Jack Ruby, d’un cancer, peu avant le nouveau procès qu’il devait affronter pour avoir assassiné Lee Harvey Oswald le 24 novembre 1963, deux jours après que ce dernier fut arrêté pour avoir tué le président Kennedy. Les relations suivies de Ruby – propriétaire d’un établissement de nuit – avec la mafia ou les moyens dont il disposa pour s’introduire dans le commissariat ne furent pas étudiés lors de son premier procès. Plusieurs journalistes l’ayant approché de près depuis son arrestation, ou son colocataire, sont morts de façon suspecte. De même qu’un témoin, le mafieux John Roselli, qui avait rencontré plusieurs fois Ruby à l’automne 63, et avait proposé de témoigner devant la Commission d’enquête parlementaire « Church », en 1976, fut retrouvé découpé en deux dans un baril flottant dans la baie de Miami.

1980 : L’Humanité, pendant plusieurs jours, s’emploie à défendre l’intervention soviétique en Afghanistan, « un pays à peine sorti du Moyen-Age ».

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SAINTE GENEVIÈVE

Sainte Geneviève*, née à Nanterre en 423 (et décédée en 512), voue très jeune sa virginité à Dieu.

Elle est très vite remarquée par saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre en 429 (elle n’a que six ans), à l’occasion de leur voyage vers la province romaine de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle).
Elle mène une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans.
De son père, franc, dont elle est la fille unique, elle a une charge de membre du conseil municipal de Paris.

Lors du siège de Paris par les Huns, en 451, elle convainc, aidée par sa grande force de caractère, les Parisiens de ne pas abandonner la ville (leur sauvant probablement la vie car toute fuite aurait été très périlleuse) :

« Que les hommes fuient s’ils veulent, et s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous, les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. »

De fait, Attila (pressé d’en découdre avec les Wisigoths, en Aquitaine) finit par épargner Paris.

En 465, elle s’oppose à Childéric Ier qui met le siège de Paris en parvenant à ravitailler plusieurs fois la ville, forçant le blocus.

Elle fait bâtir une église sur l’emplacement du tombeau de saint Denis, premier évêque de Lutèce.

Elle convainc également Clovis, dont elle a toujours été une partisane, de faire ériger une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le mons Lucotitius (qui porte aujourd’hui le nom de montagne Sainte-Geneviève), dans le Vᵉ arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin.
Elle meurt en 512, à l’âge de 89 ans et créditée de divers miracles, dans l’ermitage de Paris, et est enterrée dans cette même église aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples.

En 1793, les révolutionnaires estimèrent qu’il était de « salut public » d’aller détruire ses reliques…

Inutile de préciser qu’en 2012, pour le 1500ᵉ anniversaire de sa mort, Delanoë n’a strictement rien fait pour honorer celle qui a sauvé Paris à plusieurs reprises (en 451, en 465) et qui est la patronne de la capitale…

Note :
* La forme issue du latin Genovefa est également employée et a donné le nom Génovéfain (religieux). Il s’agit de la latinisation du francique *kenowīfa ou *Kenuwefa, sur ken- « genre, race » (comme kin en anglais) et wīf « femme » (comme wife en anglais et Weib en allemand).

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