C’était un… 27 février

1794 : les Républicains commandés par le général Huché massacrent les habitants du bourg de La Gaubretière ; plusieurs centaines d’hommes, femmes et enfants sont tués par cette « colonne infernale » au nom de la République.

«  Ils étaient peut-être 10 000, n’ayant pour mot d’ordre que la mort et l’incendie. […] Plus de 500 personnes furent tuées ! Voici les détails les plus marquants : Mme Le Bault de la Touche chez laquelle l’état-major tenait ses réunions, on lui trancha la tête que l’on jeta dans un bassin plein d’eau. Son corps fut lancé au milieu des flammes avec ceux de ses quatre domestiques qui ne voulurent pas l’abandonner et partagèrent son sort. M. Morinière, sa femme, deux domestiques et une de mes tantes furent traités avec la dernière barbarie. Sur leur refus constant de crier « Vive la République », ils eurent la langue arrachée, les yeux crevés et les oreilles coupées avant de recevoir le coup de la mort. M. de la Boucherie, sa femme, et Mlle de la Blouère, sa sœur, furent suspendus par le menton à des crampons de fer, au milieu de leur cuisine, et consumés dans cet état par l’incendie qui réduisit leur maison en cendre. […] Deux hommes pris dans les jardins de M. Forestier, périrent par le sauvage supplice du pal, au lieu même de leur arrestation. Le cœur saigne encore à la pensée de tant d’horreur. » (témoignage de Pierre Rangeard, habitant)

1936 : mort, à Leningrad, du physiologiste russe Ivan Pavlov, qui mit en évidence les réflexes conditionnés. Ses recherches passionnèrent évidemment les Bolcheviques. En 1921, Lénine avait signé un décret spécial afin de lui permettre de poursuivre ses études sur la programmation du comportement dans les meilleures conditions possibles. Il avait notamment obtenu la livraison, en grand nombre, de singes anthropoïdes. Une bonne partie de la psychiatrie soviétique stalinienne et post-stalinienne, visant à assimiler l’homme à un simple rat, découle de ses travaux.

• 1977 : l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, située dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, à côté de la maison de la Mutualité, est prise par des prêtres catholiques traditionalistes, menés par Mgr Ducaud-Bourget.

Depuis 1971 et l’expulsion de ce dernier de la chapelle de l’hôpital Laënnec, sur ordre de la CGT, les catholiques n’avaient plus une seule église pour vivre leur foi traditionnellement dans la capitale. La messe tridentine avait été remplacée par une liturgie réformée depuis 1969, et chassée de tous les lieux de culte.
Ce dimanche de Carême de 1977, les catholiques traditionnels de Paris s’étaient rassemblés exceptionnellement à la Mutualité au lieu de l’habituelle salle Wagram. Voilà à quoi, par l’hostilité de l’épiscopat progressiste, en étaient réduits les partisans de la messe de toujours :  organiser des cérémonies dans une salle de bal aménagée à la hâte entre deux combats de boxe, après le « bal du samedi soir ». Mais quand les fidèles arrivèrent près de la fameuse salle de réunion du Ve, des prêtres en soutane les invitèrent à se rendre à l’église voisine. Pourquoi l’avoir choisie ? Simplement parce que l’un des piliers de la Tradition, l’abbé Séralda, y avait été vicaire, connaissait les lieux, et savait que – dans la débâcle d’après Vatican II – le dimanche rassemblait, les jours les plus fastes, jusqu’à 40 fidèles… et qu’elle menaçait d’être désaffectée.
Dès l’office moderniste terminé, le curé en titre (de gauche, d’ailleurs) est expulsé de force, et une procession entre dans l’église, menée par Mgr Ducaud-Bourget et les abbés de Fommervault, Emmanuelli, Juan, Coache et Séralda qui célèbrent immédiatement la Sainte Messe.
A la fin de la dernière bénédiction, l’abbé Coache monta en chaire et lança  : « Maintenant que nous y sommes, nous y restons ! ».

Malgré les protestations et recours du diocèse, les traditionalistes resteront, et la gestion de l’édifice (vaste et doté d’un riche patrimoine artistique) échoira, de fait, à la Fraternité saint Pie X, qui y célèbre les sacrements dans leur forme traditionnelle et y enseigne le catéchisme classique.

1989 : mort, à 89 ans, à Cosne-sur-Loire, de Mgr Michel-Louis Guérard des Lauriers, prêtre dominicain traditionaliste puis évêque, et théologien thomiste.
Elève brillant (admis à Polytechnique, normalien, agrégé de mathématiques), il rencontra le père Garrigou-Lagrange qui suscita en lui la vocation dominicaine.
Devenu prêtre, il enseigna et aurait participé aux travaux préparatoires à la définition du dogme de l’Assomption promulgué en 1950.
Il s’opposa à cette époque aux théories des modernistes Teilhard de Chardin et Henri de Lubac.
À partir de 1961, il fut chargé d’enseignement à l’université pontificale du Latran.
En juin 1969, il fut l’un des principaux rédacteurs anonymes du Bref examen critique du nouvel Ordo Missae, document crucial, en réaction à la nouvelle messe de Paul VI promulguée la même année.
Il perdit sa charge d’enseignant à l’université du Latran en février 1970, après avoir signé une déclaration dans laquelle il expliquait qu’il lui était impossible de célébrer selon le nouveau missel, qu’il affirmera plus tard invalide en soi.
Il devint alors professeur de théologie au séminaire d’Écône ouvert par Mgr Marcel Lefebvre.
À partir, de 1976, il développa une thèse sur la vacance formelle du siège apostolique (qui sera appelée « thèse de Cassiciacum »), selon laquelle Paul VI et ses successeurs, bien que canoniquement élus (papes materialiter), ne le sont pas formellement (formaliter) car en propageant les hérésies de Vatican II, ils posent un obstacle à la réception de l’autorité papale.
Il fut alors exclu d’Ecône par Mgr Lefebvre, en septembre 1977.
Il donna en 1979 l’habit dominicain à l’abbé Olivier de Blignières et soutint la naissante Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, qui adhérait alors à sa thèse, ainsi que le couvent d’Avrillé.
Le 7 mai 1981, il reçut en secret à Toulon la consécration épiscopale de Pierre Martin Ngo Dinh Thuc, archevêque émérite de Hué. Il consacrera lui-même trois évêques, sans mandat pontifical bien sûr.

► On peut retrouver ici les ouvrages de Mgr Guérard des Lauriers.

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