C’était un 25 mars…

• Dans la chrétienté : fête de l’Annonciation, commémorant l’annonce, par l’ange Gabriel à la sainte Vierge, de la venue du Sauveur de l’humanité, dont elle accepte d’être la mère. La deuxième personne de la Trinité s’incarne alors en son sein, neuf mois avant Noël.

L’Annonciation, par Léonard de Vinci (1472).

1351 : à Ploërmel, en pleine Guerre de succession de Bretagne, un grand tournoi est organisé afin d’éviter une guerre générale : c’est le « combat des Trente ».
Face à face, trente chevaliers anglo-bretons, partisans du duc Jean de Montfort, et trente franco-bretons qui apportent leur soutien à Charles de Blois.
La victoire reviendra au parti français et Charles de Blois prendra le duché de Bretagne. Récit de la bataille en fin d’article.

1794 : au Marillais, près de Saint-Florent-le-Viel, les républicains assassinent un millier de Vendéens prisonniers : hommes, femmes et enfants.
Un jeune homme qui a pu s’échapper au dernier moment raconte :

« La vieille église des Bénédictins, celle même où Bonchamps mourant avait obtenu la grâce de cinq mille prisonniers, renfermait alors un millier de pauvres Vendéens. Dans cette foule qui allait mourir, plusieurs n’avaient pas mangé depuis la veille ; à demi-couchés sur la paille, les hommes gardaient le silence, mais les femmes et les enfants demandaient du pain à grands cris.
– Taisez-vous, hurle tout à coup l’officier de garde, si vous ne voulez pas être fusillés sur le champ. Ne nous importunez pas par de pareilles clameurs ; dans mon pays, quand un boucher conduit un bœuf à l’abattoir, il ne le panse pas, il le tue !
Un éclat de rire féroce suivit ces horribles paroles ; il ne nous restait plus qu’à mourir avec résignation et courage (…) La nuit entière s’écoula ainsi en exhortations et en prières et, quand le jour parut, la mort n’avait rien qui nous effrayât.
Le général avait voulu lui-même présider au massacre. Il était venu de grand matin à la tête de la garnison en armes, et s’était fait suivre d’une charrette chargée de cordes. Liés deux à deux au sortir de l’église, attachés par un autre cordage qui servait de chaîne, les prisonniers étaient jetés ensuite au milieu des soldats et rangés en ordre sur la place. Plus de mille pauvres victimes, dont la moitié était des femmes et des enfants.
(…) Arrivés en face de la vieille église, au bord de la Loire, dans un pré sur la droite, que l’on nomme aujourd’hui le pré des Martyrs, nous nous laissons placer comme des moutons conduits à la boucherie.
Des pionniers creusaient près de la haie, dans la partie la plus élevée, une immense fosse. (…) »

Il y avait déjà eu environ un millier de prisonniers vendéens tués ici en décembre précédent.

• 1847 : naissance, à Nantes, du colonel Georges de Villebois-Mareuil, officier nationaliste, cofondateur de l’Action française, engagé volontaire dans l’armée bœr en 1899, et assassiné dans une embuscade par les Anglais en 1900, après avoir été trahi par son guide.
De nombreuses rues ou places en Bretagne (et l’une à Paris) portent encore son nom.
► une biographie lui a été récemment consacrée.

1914 : à Maillane, mort du poète provençal, Frédéric Mistral, auteur de Mireille, fondateur du Félibrige, prix Nobel de littérature en 1904. Son disciple et ami Charles Maurras écrit dans l’Action française :
« nous avons toujours du compter Mistral parmi nos héros fondateurs. Non qu’il ait jamais adhéré à aucune formation politique, mais il créa la sienne et c’était celle d’un nationalisme intellectuel […] Il l’avait fait pour la Provence, et cela a servi la France, ainsi qu’il l’avait parfaitement prévu et annoncé.  »

1918 : mort, à 55 ans, de Claude Debussy, compositeur français emblématique de l’impressionnisme musical. Son œuvre musicale, « révolutionnaire », empreinte de sensualité, de couleurs sonores et de suggestion poétique, s’émancipe du romantisme tardif pour ouvrir la voie à la modernité du XXe siècle.

1962 : le général Edmond Jouhaud, l’un des quatre participants du « putsch d’Alger » et l’un des chefs de l’OAS, est arrêté par malchance à Oran. On peut lire ici le récit de cette arrestation (pdf).

1991 : mort de Mgr Marcel Lefebvre, à l’âge de 85 ans. Ancien archevêque de Dakar, ancien évêque de Tulle, et supérieur des Pères blancs (spiritains), il fut le plus célèbre opposant à la révolution dans l’Eglise catholique consécutive au concile de Vatican II ; il devint en quelque sorte le représentant des catholiques traditionalistes (fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X).
► on peut retrouver ici les livres qu’il a écrits et sa biographie.

**
*****
************

« LE COMBAT DES TRENTE »

Prémices :

Pendant la guerre de Succession de Bretagne, Josselin est aux mains de Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois alors que Ploërmel est tenu par l’Anglais Robert Bemborough (ou Brandebourch d’après Froissart), partisan des ducs de Bretagne de la maison de Montfort. Un jour que Beaumanoir se rend traiter avec Bemborough, il aperçoit des paysans bretons maltraités par des soldats anglais. Outré, il s’en plaint à son adversaire. La dispute qui s’ensuit conduit les deux hommes à déterminer les modalités d’un duel destiné à régler l’attribution du territoire.

Déroulement
Le , un combat épique se déroule près du « chêne de Mi-Voie », entre Ploërmel et Josselin. Les trente et un Bretons de Jean IV de Beaumanoir s’immortalisent en luttant contre les trente et un hommes commandés par Bemborough. Dans ce camp figure le célèbre aventurier allemand Croquart dont Philippe VI de Valois aurait bien aimé s’attacher les services. Aux côtés de Robert Knolles, on remarque aussi le neveu de Thomas Dagworth, vainqueur de Charles de Blois à la bataille de La Roche-Derrien.

Bemborough et huit de ses hommes sont tués, ainsi que six hommes de Beaumanoir (sans compter ceux qui décéderont de leurs blessures). D’après la légende, ce dernier aurait, épuisé par la chaleur, le combat et le jeûne, réclamé à boire, ce à quoi son compagnon Geoffroy du Boüays lui aurait répondu « Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera ». Cette parole demeurera la devise des Beaumanoir. Les Anglo-Bretons survivants se rendent car il serait déloyal de priver les vainqueurs du bénéfice des rançons : dans la guerre féodale on ne cherche pas à tuer sur le champ de bataille mais à rentabiliser sa campagne en capturant de riches prisonniers.

Croquart est déclaré meilleur combattant pour les Anglo-Bretons, Tinténiac étant, pour sa part, considéré comme le meilleur parmi les hommes de Beaumanoir.

L’issue du combat ne règle en définitive rien : deux jours plus tard, l’essentiel des combattants vainqueurs, partisans de Charles de Blois, sont pris dans une embuscade et ils sont tués, pour la plupart. La guerre de succession, commencée en 1341, va continuer jusqu’en 1365 et, finalement, c’est le camp des Montfort qui l’emporte avec le fils de Jean de Montfort, Jean IV.