Sexe, race, religion, genre : la constitution se mêle de tout et s’emmêle

La constitution assure l’égalité des citoyens devant la loi quelle que soit leur origine, leur religion, leur race : les députés ont supprimé ce dernier mot, en rajoutant le sexe mais pas le genre. Pour des raisons politiques obscures. Le nouveau texte se mêle de tout et s’emmêle un peu.

Avec la race, la constitution se mêle de vérité scientifique

Subjectivement, c’est autre chose. Le centriste professionnel Jean-Christope Lagarde, dont l’amendement a été choisi, se réjouit de la suppression du mot parce que selon lui la chose n’existe pas, le concept de race étant « scientifiquement infondé et juridiquement inopérant ». Il a le droit de le dire mais c’est une bêtise et un abus de pouvoir.

Bêtise, je l’ai rappelé voilà quinze jours, parce que les races existent bien, malgré les incantations des députés. Abus de pouvoir, parce que si les députés ont pour vocation de faire la loi, ils n’ont pas celles de dire la vérité scientifique. Le nouveau texte est donc ridicule, néfaste et totalitaire. Le vote a fait l’unanimité des présents. Le brave Lagarde en est fier. La condamnation de Socrate aussi a fait l’unanimité, et Platon y voyait la marque de l’erreur tyrannique.

Binarisation de la société selon le sexe ou le genre : on s’emmêle

Ce n’est pas tout. L’égalité homme-femme étant la grande cause du quinquennat, la constitution garantit désormais les droits du citoyen sans distinction de sexe. Là encore l’enfer me semble pavé de bonnes intentions. Le mot sexe est terriblement ringardos, carrément craignos. Autant que la race. On doit dire genre. Et même quand on dit genre, il faut se garder comme de la peste de confondre identité de genre et expression de genre ! Sous peine de tomber dans la philosophie binaire et essentialiste. Arnaud Gauthier-Fawas l’a pourtant expliqué clairement à Daniel Schneidermann en lui disant : « Je ne suis pas un homme, monsieur ». Que l’assemblée nationale unanime ait cautionné la binarisation de la société selon le sexe donne le vertige et la mesure des progrès à faire !

La religion catholique est opposée à l’idéal maçon

Le maintien du mot religion me paraît tout aussi grave. Il est dangereux pour une république laïque et maçonne que les droits des citoyens soient garantis quelle que soit leur religion. D’ailleurs Pierre Waldeck-Rousseau, avocat et président du conseil, qui fut l’un des grands hommes de la troisième république, refusait tout droit civique aux prêtres, expliquant que ce n’étaient « pas des hommes comme les autres », en raison des vœux qu’ils avaient prononcés et les rendaient dangereux pour la république. En conclusion, cette nouvelle constitution me semble extrêmement dangereuse. Elle se mêle de tout et s’emmêle les pinceaux. La seule réforme qui m’aurait paru judicieuse, pour protéger les communautés fragiles et stigmatisées de l’essentialisation et de la binarisation populiste, aurait été plus simple et plus radicale : il suffisait d’interdire l’emploi du verbe être par la constitution. Je laisse ce projet à la réflexion de Jean-Christophe Lagarde, et gratuitement, encore.

Pauline Mille pour Reinformation.tv


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5 commentaires concernant l'article “Sexe, race, religion, genre : la constitution se mêle de tout et s’emmêle”

  1. Puisque les races n’existent pas Il est donc urgent de supprimer les lois Pleven , et autres lois scélérates.
    Et puis faut il le rappeler une fois encore ces députés imposteurs n’ont aucune légitimité, élus le plus souvent par un électeur sur 10 aux derniers scrutins législatifs, les mathématiques eux ne mentent pas, rappelons nous les chiffres record d’abstention en juin 2017.Des gens élus par personne ou presque n’ont qu’une légitimité usurpée.

  2. Il me semble qu’il y a sur ce sujet, dans toutes les analyses que j’ai pu lire, un manque de discernement évident.
    En effet, suivant l’expression consacrée « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé », les conséquences de la suppression du texte de la constitution de la République du mot « race », et donc de l’expression « sans distinction de race » ne signifient aucunement, à mon sens, que « les races n’existeraient pas », et donc que l’utilisation de ce mot pour exprimer des différences, qu’elles soient physiques, physiologiques ou de capacités intellectuelles, au sein de l’espèce humaine n’aurais pas de raison d’être .

    Mais bien au contraire, qu’à défaut que cette nouvelle constitution ne le prohibe, il serait donc bien désormais possible de faire des distinctions entre différents profils raciaux humains.

    Je suis très étonné que personne ne l’ai ainsi relevé.

    Car cette évolution constiturait donc bien un élément primordial en faveur
    de la suppression de la loi Gayssot, qui réprime le racisme et l’antisémitisme, puisque ni le racisme ni l’antisémitisme ne seraient donc plus désormais prohibés par cette nouvelle constitution.

    (la notion de « sémitisme » n’étant ni une notion de race, ni une notion de religion, mais simplement une notion culturelle, puisqu’elle ne fait référence qu’aux populations parlant les langues d’origine anciennes dites « sémites », araméen, arabe, hébreu ancien,(ce qui exclu l’hébreu moderne) etc..)

    Cette absence d’analyse confirme on ne peut plus, s’il en était besoin, la médiocrité, pour ne pas dire la nullité intellectuelle de nos élus parlementaires, mais aussi des juristes qui les conseillent, et de tous ces beaux parleurs écervelés qui défilent à longueur de soirée sur nos médias, tout comme des journalistes qui les commentent.
    (Et c’en est même à se demander si un « grand remplacement » ne serait pas une mesure de sauvegarde intellectuelle pour toute cette clique d’incapables !)

  3. Les races humaines n’existent pas . Il y a bien des races de chiens , de chats ou de chevaux , mais nous sommes unanimes à en convenir avec cette autorité scientifique que fut l’illustre Jacques Chirac : il n’y a jamais eu de races humaines .
    Il en est de même pour la distinction homme-femme . Honnêtement , dites-moi , je vous prie , qui a jamais vu une quelconque différence entre un homme et une femme ?
    A un simple d’esprit comme moi ces affirmations semblent contredire la sacro-sainte théorie de l’évolution . L’indifférenciation , voilà le dernier mot du totalitarisme qui désormais s’empare de l’Occident
    A jamais ?

  4. Et pendant ce temps là, les vrais problèmes restent aux placards des assemblées.
    Si vous voyez une différence (même infime) entre une jolie blonde aux yeux bleus et un grand noir africain … Changez vos lunettes !

  5. Il serait bien que nos chers (hé oui, très chers !…) députés, et lorsqu’ils sont présents aux séances, proposent des choses utiles, et non ces ramassis de boboïsmes de tous bords. Le peuple en a marre de se voir ainsi infantilisé, aux ordres de la bonne pensée de l’intelligentsia de gauche. Rajoutez à cela la future loi scélérate dite des « fake news », et rendez vous compte que l’on cherche, chaque jour un peu plus, à nous priver de cette fameuse liberté, celle qui est inscrite au fronton de notre devise républicaine… Certaines choses ne seront jamais ni blanches, ni noires. Est-ce le rôle de notre constitution que de vouloir ainsi tout classer ? Et surtout de le faire à très faible vitesse, disons… 80 km/h…

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