C’est un nouveau scandale qui ne trouve pourtant pas beaucoup de relais dans les « grands médias ». L’association de consommateurs UFC Que Choisir a enquêté sur le poste occupé pendant 18 ans par l’actuelle secrétaire d’État à la famille et aux personnes âgées Laurence Rossignol à la tête de la plus grosse mutuelle érudiante, la LMDE. Ça sent à plein nez l’emploi fictif.
Lu sur Quechoisir : « Cette mutuelle a trop de cadres au sommet et pas assez de petites mains pour faire le travail administratif. Et ces cadres, qui plus est, sont souvent choisis sur des critères politiques. » Tels étaient les propos d’un ancien responsable de la Mutuelle des étudiants (LMDE), dont nous détaillions les graves difficultés dans un article publié il y a 2 ans.
Un cas particulier ravive les interrogations sur cette gestion chaotique, et plus particulièrement sur la question des recrutements des cadres gestionnaires de la LMDE, où l’appartenance politique semble être un critère de sélection. C’est celui de Laurence Rossignol, actuelle secrétaire d’État à la famille et aux personnes âgées. Mme Rossignol a toujours dit avoir travaillé à la Mnef, ancêtre de la LMDE, à partir de 1993. « Le Monde » du 9 avril 2014 parle d’un « passage à la Mnef » dans le portrait qu’il lui consacre. Ce passage a en fait duré 18 ans, de 1993 à 2011, date à laquelle Mme Rossignol est devenue sénatrice.
Interrogé, son cabinet nous a fait savoir qu’elle avait été chargée d’études à la direction Santé et Prévention de la mutuelle, à temps plein jusqu’en 2004, puis à tiers-temps jusqu’en 2011, avec une rémunération de l’ordre de 1 200 € nets par mois (soit 3 600 € nets équivalent plein temps).
La seule trace de son activité que nous ayons trouvée sur Internet est un rapport datant de 2006. Il s’agit d’un guide humoristique de 24 pages sur la sexualité des jeunes (NDLR : forcément ce sujet), où elle est mentionnée comme rédactrice en chef. Mme Rossignol a « pensé, élaboré et rédigé » de nombreuses autres brochures à destination des jeunes, fait savoir une collaboratrice de son cabinet.
« Elle est créditée comme rédactrice en chef pour quelques brochures, mais je sais qu’elle ne les a pas écrites parce que c’est moi et des collègues qui les avons faites, soutient de son côté un ancien salarié de la LMDE. Elle venait très rarement. Son bureau, pas très loin du mien, était toujours fermé. Les syndicats ont d’ailleurs fini par s’émouvoir de cette situation quand on a commencé à parler de suppressions de postes à la LMDE. La question s’est réglée car elle a démissionné quand elle est devenue sénatrice. » Propos confirmés par un autre cadre, lui aussi parti de la LMDE.
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