Au premier plan, le cadavre de Condé juché sur un âne. À l’arrière-plan, la défaite des protestants (représentés, en tant qu’hérétiques, comme des « singes du diable ») à l’issue de la bataille de Jarnac. Enluminure du manuscrit Carmen de tristibus Galliae, 1577
• 1569: bataille de Jarnac entre l’armée royale et les huguenots français.
Au cours de la 3ᵉ guerre de religion, le Lieutenant-général du Royaume Henri d’Anjou (futur Henri III) passe sur la rive droite de la Charente et surprend les huguenots, installés dans Jarnac.
Leur chef Condé charge avec toute sa cavalerie. Il se fait encercler et sa cavalerie est anéantie. Lorsqu’il veut se rendre au Duc d’Anjou, il meurt d’un coup de mousquet. Gaspard de Coligny réussit à se replier avec 6 000 de ses soldats sur La Rochelle. Victoire royale.
Le futur Henri IV (dans l’armée huguenote) ayant appris la mort du prince de Condé se jette au plus fort de la mêlée et en est retiré de force par ses officiers. Ouvrant son pourpoint à cause de la chaleur, il laisse entrevoir un… scapulaire à l’effigie de Notre-Dame. La vue de cet objet de dévotion catholique stupéfia tellement son entourage que sa mère, la dure Jeanne d’Albret, dut expliquer que ce scapulaire a été mis autour du cou du futur roi le jour de sa naissance.
• 604: mort de Grégoire Iᵉʳ, « saint Grégoire le Grand », pape depuis 590. Issu de la noblesse sénatoriale, et l’un des derniers préfets de Rome, il était devenu simple moine en 575 : « Ayant abandonné pour toujours, je le croyais du moins, les soucis du monde, nu, je m’échappai du naufrage de la vie ».
Auteur d’une abondante œuvre, il compte au nombre des quatre Pères de l’Église d’Occident. Il remit de l’ordre dans le clergé, initia des missions, créa des écoles, fut un administrateur brillant ; il a été particulièrement calomnié par les anticléricaux (comme destructeur de la culture antique notamment) mais les accusations dont il a été victime (notamment de la part de Voltaire, menteur éhonté) ont été détruites par la science historique. On lui attribue un grand rôle dans la promotion du chant sacré de l’Église qu’on nomma en son honneur « chant grégorien ». ► on peut lire sa biographie par Anne Bernet, ses Homélies sur les Evangiles, et sa Vie de saint Benoît.
• 1793: révoltés contre l’annonce de la levée en masse, 5 000 paysans se lancent à l’assaut de la petite ville de Savenay (près de saint Nazaire) –drapeaux blancs devant –, mettent en fuite la Garde nationale et tiennent la ville jusqu’à sa reprise par l’armée républicaine le 1er avril.
Le 11 mars 1963 était fusillé au Fort d’Ivry le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry, 36 ans et père de trois enfants, condamné par un tribunal d’exception aux ordres du général de Gaulle.
Polytechnicien, il avait inventé deux missiles anti-chars.
Il avait organisé l’attaque du Petit-Clamart, pour en finir avec De Gaulle qui avait trahi le peuple, livrait l’Algérie française aux mains des égorgeurs et avait liquidé le camp nationaliste en France.
Fervent catholique, il justifiait cette action par la légitimité du tyrannicide (théorisée par Saint Thomas d’Aquin).
Un très bon petit livre constitue une bonne synthèse sur ce sujet : Jean Bastien-Thiry, De Gaulle et le tyrannicide, par l’abbé Olivier Rioult (cliquer ici).
Bastien-Thiry marcha vers le peloton chapelet à la main, laissant derrière lui une forte impression, et l’image d’un héros français et chrétien qui avait porté jusqu’au bout l’idéal du sacrifice.
• 1791: le pape Pie VI publie une lettre longuement argumentée, Quod Aliquantum, dans laquelle il critique la loi obligeant les prêtres à jurer sur la Constitution civile du clergé (qui entend bouleverser l’organisation locale de l’Eglise et démocratiser les diocèses). Il s’en prend aussi à l’idéologie des Droits de l’Homme.
l’Assemblée nationale s’est attribué la puissance spirituelle, lorsqu’elle a fait tant de nouveaux règlements contraires au dogme et à la discipline ; lorsqu’elle a voulu obliger les Évêques et tous les Ecclésiastiques à s’engager par serment à l’exécution de ces décrets. Mais cette conduite n’étonnera pas ceux qui observeront que l’effet nécessaire de la constitution décrétée par l’Assemblée est d’anéantir la Religion catholique. […]
• 1661: à l’occasion de la mort de Mazarin, Louis XIV décide d’être son propre premier ministre. Il effectue une entrée fracassante au Conseil, en tenue de chasse, fouet à la main. Ces objectifs, avec Colbert, sont de faire rendre gorge aux profiteurs et de ramener la noblesse à la cour.
• 1831: le roi Louis-Philippe Ier fonde la Légion étrangère, en vue d’encadrer les recrues étrangères, à commencer par les mercenaires suisses. Il renoue ce faisant avec la tradition des régiments étrangers attachés aux rois de France. C’est en Algérie que la Légion s’illustre pour la première fois, sous la devise : « Honneur et Fidélité », avant d’acquérir ses lettres de noblesse à Camerone (Mexique).
• 1857: mort, à 14 ans, de la tuberculose, de Dominique Savio, jeune et célèbre saint italien, disciple de Saint Jean Bosco. Dans la bulle pontificale de canonisation, en 1954, Pie XII le déclare également Dominique Savio saint patron des jeunes, notamment des enfants et des adolescents.
• 1943: mort, en France, à 82 ans, du Suisse Oswald Wirth. Occultiste, franc-maçon et martiniste, disciple très proche de Stanislas de Guaïta, passionné de symbolisme, il en est considéré comme un spécialiste.
« Ou plus exactement la journée marxiste-léniniste de la femme, puisque c’est Lénine qui a décrété en 1921 que le 8 mars serait la journée internationale de la femme.
« 8 mars, jour de rébellion des travailleuses contre l’esclavage de la cuisine », peut-on lire sur l’affiche soviétique ci-dessus : une « travailleuse » tend la main à une femme écrasée par les tâches domestiques (et par une icône de la Théotokos) pour la « libérer », en l’envoyant travailler à la chaîne en usine…
• 203: martyre, à Carthage, de Perpétue (une patricienne, qui n’était que catéchumène) et Félicité (sa servante). Âgée de 22 ans, Perpétue était mère d’un tout jeune enfant. Félicité était enceinte et accoucha d’une fille en prison. Mais ni l’une ni l’autre ne cédèrent aux menaces et aux supplications pour qu’elles apostasient, ni ne faiblirent lorsque, le 7 mars, elles pénétrèrent dans l’amphithéâtre de Carthage et avancèrent la main dans la main vers les taureaux qui devaient les immoler. Elles sont citées au canon de la messe. Leurs reliques sont en l’église Notre-Dame de Vierzon (Berry).
• 1274 : mort, à 49 ans, de saint Thomas d’Aquin, philosophe exceptionnel (continuateur d’Aristote) et plus grand théologien catholique, alors qu’il se rendait au Concile de Lyon.
• 961: victoire byzantine lors du siège de Chandax, point culminant de la campagne byzantine de reconquête de la Crète ; l’île était alors, depuis les années 820, le siège de l’émirat de Crète, qui disparaît.
• 1204: les troupes de Philippe Auguste s’emparent par ruse, après six mois de siège, de Château-Gaillard, l’énorme forteresse normande construite par Richard Cœur de Lion et qui défendait la vallée de la Seine. La conquête de la Normandie lui est alors possible.
• 493: Théodoric, roi des Ostrogoths, pénètre en vainqueur dans Ravennes, dont il fera sa capitale, après plusieurs mois de siège. Cette place était défendue par Odoacre, roi des Hérules, qui s’était rendu maître de toute l’Italie, après avoir dépouillé Augustule, dernier empereur d’Occident.
• 1831: mort, à Paris, de Jean-François Champollion, savant français qui réussit, entre 1811 et 1822, les premiers déchiffrements des hiéroglyphes égyptiens.
• 1924: le réformateur Mustapha Kemal « Atatürk » abolit le califat ottoman en Turquie.
• 1930: inondations du Tarn dans le sud-ouest de la France, qui tuent des centaines de personnes.
• 1941: les Chartreux reçoivent l’autorisation de se réinstaller à la Grande Chartreuse et dans leurs divers établissements.
• 1943: dans la nuit, la Royal Air Force britannique bombarde approximativement les usines Renault à Boulogne-Billancourt. L’île Seguin est en flammes. Des centaines d’immeubles sont touchés. On comptera plus de 400 morts et près de 1500 blessés. Les Américains récidiveront les mois suivants.
• 1960: en Algérie, « tournée des popotes », jusqu’au 5, de De Gaulle, qui rencontre les militaires engagés contre les terroristes du FLN et expose aux officiers sa politique.
Il y multiplie les déclarations de fidélité : « La France restera en Algérie, j’en réponds… » ; « La formule politique ? On verra plus tard. Je ne la connais pas, et personne ne la connaît. De toute manière une victoire militaire est nécessaire avant la consultation du peuple. Mais les Européens d’ici sont chez eux. Ils doivent y rester. L’Algérie française ? Oui. Mais ce sont des mots. Cela ne tranche rien, et l’indépendance réclamée par Ferhat Abbas et sa bande c’est une fumisterie » ; « Je répète que je ne précise pas sous quelle forme la France restera en Algérie, mais je suis sûr qu’elle y restera. » « La France ne doit pas partir. Elle a le droit d’être en Algérie. Elle y restera. »
• 986: mort, après 31 ans de règne, de Lothaire, roi des Francs. Il trépasse subitement, laissant son royaume prospère et tendu vers la récupération de la Lotharingie face à l’Empire.
• 1755: mort, à paris, à l’âge de 80 ans, de Louis de Rouvroy, duc de saint Simon, grand mémorialiste et observateur impitoyable du siècle de Louis XIV.
• 1922: le pape Pie XI, dans sa lettre apostolique Galliam, Ecclesiæ filiam primogenitam (« France, fille aînée de l’Église », titre dont est parée traditionnellement la France par les papes), proclame Jeanne d’Arc « sainte patronne secondaire de la France », tout en réaffirmant la Vierge comme patronne principale. La pucelle d’Orléans avait été béatifiée en 1909 puis canonisée en 1920.
• 1794: deuxième bataille de La Roche-sur-Yon, lorsque plus d’un millier de Vendéens essaient de prendre la ville, mais échouent face aux troupes républicaines.
• 1815: Napoléon, qui s’est enfui de l’île d’Elbe, débarque à Golfe Juan avec une escorte d’un millier d’hommes, dans l’espoir, chimérique en apparence, de reprendre possession de l’Empire. Continuer la lecture de « C’était un… 1er mars »
• 1760: mort au combat contre les Anglais, à 32 ans, de François Thurot, corsaire de Dunkerque qui s’était couvert de gloire face à la perfide Albion.
• 1791: à Paris, environ quatre cents nobles, armés de pistolets et poignards, interviennent au palais des Tuileries pour protéger le roi Louis XVI et sa famille, alors qu’une menaçante émeute de sans-culottes a lieu à l’est de Paris, à Vincennes et dans le faubourg Saint-Antoine. Mais le roi – sous la pression du funeste La fayette, commandant de la Garde nationale, et voulant éviter que le sang ne coule – leur demande de se retirer après avoir laissé leurs armes sur place. Ceci est vécu comme une humiliation.
La presse, atteinte de paranoïa révolutionnaire, brodera sur une imaginaire conspiration des « Chevaliers du poignard », tandis qu’une partie de la noblesse, déçue par l’attitude du roi, optera pour l’action militaire de l’extérieur.
Les nobles présents aux Tuileries sont brutalement désarmés, le 28 février 1791. Eau-forte de 1815 d’après le dessin de Jean-Louis Prieur le Jeune (1759-1795)
• 1937 : assassinat par les communistes du jeune militant patriote Jean Créton, 20 ans, qui reçut une balle devant un meeting du Parti social français que les Rouges attaquaient, près de Sedan.
En janvier 1794, le général Turreau, responsable des « colonnes infernales », écrivait à la Convention nationale (c’était donc officiel) : « il faut prendre de grandes mesures, il faut exterminer tous les hommes qui ont pris les armes, et frapper avec eux leurs pères, leurs femmes, leurs sœurs et leurs enfants. La Vendée doit n’être qu’un grand cimetière national. »
Le , tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux républicains Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne.
Mais sur le chemin, ils sont attaqués et mis en fuite par les troupes royalistes et catholiques de Charette.
Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, doit se retirer.
Martincourt, un lieutenant de Cordellier, s’en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers le village des Lucs (alors divisé en deux paroisses : le Grand-Luc avec deux mille habitants et le Petit-Luc, avec une centaine d’habitants) avec l’intention d’y exercer des représailles.
Face à l’arrivée des colonnes, une partie de la population court se réfugier dans la chapelle du Petit-Luc alors qu’une autre partie a déjà été massacrée.
Les villageois ne sont guère en mesure de se défendre : la population présente compte principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans.
L’abbé Voyneau, curé du Petit-Luc, se présente alors aux soldats sur le chemin de la Malnaye : ceux-ci se saisissent de lui, le torturent et l’éventrent.
Martincourt, le chef des Républicains, décide de ne pas faire de quartier. La chapelle étant trop petite pour contenir toute la population, les soldats ouvrent le feu sur les personnes à l’extérieur, puis afin d’économiser les cartouches, lancent une charge à la baïonnette massacrant et achevant les blessés. Les survivants se barricadent à l’intérieur de la chapelle, les Républicains incendient alors l’église.
Un soldat républicain, nommé Chapelain, écrit dans une lettre :
« Aujourd’hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter à peu de frais toute une nichée de calotins. Nos colonnes ont progressé normalement. »
On retrouvera plus tard un document du curé du Grand Luc : « Lesquels noms ci-dessus — au nombre de 564 — des personnes massacrées en divers lieux de la paroisse du Grand-Luc, m’ont été référés par les parents échappés au massacre, pour être inscrits sur le présent registre, autant qu’il a été possible de les recueillir dans un temps de la persécution la plus atroce, les corps morts ayant été plus d’un mois sans être inhumés dans les champs de chaque village du Luc : ce que j’atteste comme trop véritable, après avoir été témoin oculaire de ces horreurs et exposé plusieurs fois à en être aussi la victime. Au Luc, ce 30 mars 1794. C. Barbedette, curé du Luc. »
Les noms des 109 enfants des Lucs-sur-Boulogne de moins de 7 ans, massacrés par les troupes républicaines, le 28 février 1794 :