C’était un 21 février…

1916 : presque un an après les terribles combats des Éparges et de Woëvre, début, avec l’attaque allemande, de la bataille de Verdun.

L’idée maîtresse du général Falkenhayn est d’attirer l’armée française dans une sorte de gigantesque abattoir, afin de la « saigner à blanc ».
A 7h15, un millier de bouches à feu commencent leur tir. Alors que la disproportion des forces est énorme, d’autant que la préparation d’artillerie a mis hors de combat la moitié des défenseurs, les Allemands rencontrent une résistance aussi héroïque qu’inattendue.

1919 : l’agitateur Kurt Eisner, chef de la République soviétique de Munich depuis le 8 novembre 1918 (il avait renversé la dynastie des Wittelsbach), est assassiné par un jeune monarchiste, le comte Arco-Valley.

Issu d’une famille juive, Eisner s’était attiré la haine des nationalistes en faisant publier des documents officiels confidentiels tendant à prouver la responsabilité du gouvernement impérial dans le déclenchement de la guerre.

1979 : en 1979, Le Monde publie un dossier intitulé « Les camps nazis et les chambres à gaz. La politique hitlérienne d’extermination : une déclaration d’historiens ». Cette déclaration, rédigée sur l’initiative de Léon Poliakov et de Pierre Vidal-Naquet, israélites, constituait une réplique à deux textes que Robert Faurisson avait publié dans le même quotidien, où il affirmait que, pour toutes sortes de raisons, en particulier techniques, les « chambres à gaz nazies » ne pouvaient pas avoir existé. Cette « déclaration d’historiens » s’achevait sur les mots suivants :
« Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz. »

Le texte portait les signatures de trente-quatre historiens. En plus des noms de L. Poliakov, de P. Vidal-Naquet et de F. Braudel se trouvaient également ceux de Philippe Ariès, Alain Besançon, Pierre Chaunu, Marc Ferro, François Furet, Jacques Julliard, Ernest Labrousse, Jacques Le Goff, Emmanuel Le Roy Ladurie, Robert Mandrou, Roland Mousnier, Madeleine Rebérioux, Maxime Rodinson, Jean-Pierre Vernant et Paul Veyne.
Il faudra néanmoins attendre la loi du communiste Gayssot pour interdire le débat, en 1990.