C’était un… 10 mars

1791 : le pape Pie VI publie une lettre longuement argumentée, Quod Aliquantum, dans laquelle il critique la loi obligeant les prêtres à jurer sur la Constitution civile du clergé (qui entend bouleverser l’organisation locale de l’Eglise et démocratiser les diocèses). Il s’en prend aussi à l’idéologie des Droits de l’Homme.

l’Assemblée nationale s’est attribué la puissance spirituelle, lorsqu’elle a fait tant de nouveaux règlements contraires au dogme et à la discipline ; lorsqu’elle a voulu obliger les Évêques et tous les Ecclésiastiques à s’engager par serment à l’exécution de ces décrets. Mais cette conduite n’étonnera pas ceux qui observeront que l’effet nécessaire de la constitution décrétée par l’Assemblée est d’anéantir la Religion catholique. […]

Nous n’avons point encore jusqu’ici lancé les foudres de l’Église contre les auteurs de cette malheureuse constitution du clergé ; Nous avons opposé à tous les outrages la douceur et la patience ; Nous avons fait tout ce qui dépendait de Nous pour éviter le schisme et ramener la paix au milieu de votre nation ; et même encore, attaché aux conseils de la charité paternelle qui sont tracés à la fin de votre exposition, Nous vous conjurons de Nous faire connaître comment Nous pourrions parvenir à concilier les esprits. […]

Où est donc cette liberté de penser et d’agir que l’Assemblée nationale accorde à l’homme social comme un droit imprescriptible de la nature ? Ce droit chimérique n’est-il pas contraire aux droits du Créateur suprême, à qui nous devons l’existence et tout ce que nous possédons ? […]

1793 : à la suite de la décision de la levée en masse de 300 000 hommes à Saint Florent le Vieil, début de la guerre de Vendée, dont la première partie va durer jusqu’au 21 décembre de la même année.
Ce même jour, création du Tribunal révolutionnaire. Une seule alternative : l’acquittement ou la mort. Quelques statistiques sur Paris uniquement : 20% des suppliciés sont des nobles, 9% des membres du clergé, et 71% sont des ouvriers, des artisans ou des paysans.

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1872 : mort, à Pise, de Giuseppe Mazzini, âgé de 66 ans. Il fut un révolutionnaire et « patriote italien », fervent républicain, infatigable combattant de l’unité italienne (la péninsule était divisée en plusieurs états depuis le Congrès de Vienne, et partiellement annexée par l’Autriche). Avec Garibaldi, Victor-Emmanuel II et Cavour, il est considéré comme l’un des « pères de la patrie ». Il fut membre de la Charbonnerie et participa ou soutint tous les mouvements insurrectionnels en Italie.

1906 : catastrophe de Courrières, dans le Pas-de-Calais, quand un coup de poussier dévaste 110 km de galeries, tuant 1 099 mineurs. C’est la plus importante catastrophe minière d’Europe.

1945 : Tokyo est bombardée, durant la nuit, par l’aviation américaine. En quelques heures, plus de 1 700 tonnes de bombes, dont une grande majorité d’engins incendiaires, sont larguées sur la capitale japonaise, faisant plus de 100 000 morts.

1962 : une camionnette piégée explose à Issy-les-Moulineaux, devant un congrès pro-FLN. Trois personnes sont tuées et plusieurs dizaines blessées.
Ce drame soulève une très forte réprobation de la population française ; le jour même, dix mille personnes défilent dans les rues d’Issy-les-Moulineaux à l’appel du maire socialiste. Le soir même, le ministre de l’Intérieur gaulliste, Roger Frey, donne une allocution télévisée au journal de 20 h et dénonce de manière officielle les « méthodes hitlériennes de l’OAS », sans aucun élément. Les médias évoquent surtout le cas des cinq écolières blessées dans l’explosion, publiant leurs portraits.
L’enquête de police ne donnera rien…
Il s’agissait en fait probablement d’une provocation gaulliste.