Deux-trois choses insolites autour d’Alain Orsoni, récemment tué

Il y a quelques jours était assassiné en Corse Alain Orsoni, à l’âge de 71 ans.

D’abord, un bref rappel de qui il était :

Alain Orsoni était une figure emblématique du « nationalisme » corse, dont il fut un pionnier.
Il fut ainsi l’un des dirigeants du FLNC (Front de libération nationale de la Corse) dans les années 1980, quand cette organisation – adepte des explosifs et des assassinats – défrayait sans arrêt la chronique médiatique et judiciaire.
Il s’était impliqué précocément dans les actions séparatistes (comme l’occupation d’Aleria en 1975 avec son frère Guy, assassiné en 1983). Il avait fondé le Mouvement pour l’autodétermination (MPA) en 1990, après une scission au sein du mouvement séparatiste, suscitant des hostilités dans ce milieu.
Élu à l’Assemblée de Corse en 1986, il a connu plusieurs condamnations (notamment pour apologie de meurtre en 1984) et a fui la Corse en 1996 lors des guerres fratricides chez les séparatistes. Il s’est exilé 13 ans (Floride, Nicaragua, Espagne), où il a investi dans les jeux et casinos, avant de rentrer en 2008. Évidemment, il fut très sérieusement soupçonné d’activités criminelles de droit commun.
De retour en Corse, il devient président de l’AC Ajaccio (club de foot professionnel) de 2008 à 2015, puis brièvement en 2022-2023, tout en étant reconverti dans les « affaires ». Il avait échappé à une tentative d’assassinat en 2008, attribuée à la bande du « Petit Bar », rivale historique de son clan.
Il fut assassiné le 12 janvier 2026, d’une balle en plein cœur tirée à longue distance, alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère dans le cimetière de Vero (Corse-du-Sud), son village natal.
Une mort digne d’un parrain de la mafia et une vie digne d’un film…

Cela étant dit : pour l’anecdote, Orsoni avait commencé sa vie militante à Paris, lorsqu’il était étudiant à Assas, à partir de 1972, dans les rangs du Groupe Union Défense (GUD) syndicat étudiant de droite radicale porté sur la castagne. Il fit aussi partie d’Ordre nouveau, organisation plus sérieuse et plus politique, placée elle aussi sous le signe de la croix celtique.

Après quoi, au mitan de ces années 70 politiquement riches pour les non tièdes, il renoue avec la Corse et bascule, comme déjà dit, dans le militantisme séparatiste armé, puis « les affaires » douteuses.

Quant à son père, ce fut un sacré bonhomme :

« André Orsoni, l’adjudant qui voulait enlever de Gaulle. »

En France, les partisans de l’Algérie française étaient une minorité. Mais ils étaient déterminés.
C’est ainsi qu’une poignée d’entre eux, conduite par le sous-officier le plus décoré de l’Armée d’Indochine, l’adjudant André Orsoni, décida d’intervenir dans les affaires publiques, en organisant l’enlèvement du président de la République.
Il ne s’agissait nullement d’un propos d’après-boire. Orsoni n’était pas un plaisantin.
Engagé à seize ans dans la France Libre, il avait participé à la prise de Tunis avec la 8e armée britannique. Jugeant celle-ci trop calme, il gagna Londres pour s’engager dans les parachutistes S.A.S. Il fut parachuté en France, puis en Hollande. Sur sa lancée, il poursuivit après la guerre la carrière dans « les armes chaudes » en Indochine, puis en Algérie au sein du commando de Chasse Kimono 46 à la tête d’une harka.
Il avait depuis toujours une intelligence au-dessus de la moyenne. Mais, comme il était également passionné, il s’enflamma pour l’Algérie française et, le 27 janvier 1960, trois jours après l’insurrection dite « des Barricades», il passa chez les insurgés avec armes et bagages et devint ainsi le premier déserteur de l’armée sur le sol algérien. Pour la cause de l’Algérie française.
Lorsque les insurgés des Barricades se rendirent, il quitta le camp retranché et, nanti d’un viatique de 80 000 francs que lui avait donné le père de Pierre Lagaillarde, avocat au barreau de Blida, il s’installa à Paris dans la clandestinité, sous le nom de Marcel Nouveau.
C’est ainsi qu’il forma avec des camarades un groupe pour enlever le président de la république Charles de Gaulle.
Après des mois de travail, le plan étant fait, avec des complices à l’intérieur de l’Élysée qui faciliteraient la tâche, Orsoni prit tout de même conscience qu’une fois De Gaulle arrêté et l’Intérieur tombé, les vraies difficultés commençaient.
« – Le grand problème n’était pas d’arrêter le général. Il se résumait en une phrase: qu’allions-nous en faire? Physiquement, nous le tenions.
Mais politiquement? Nous n’étions que des militaires baroudeurs et nous n’avions aucune notion de politique. Pour exploiter notre « prise », il fallait des gens capables. Un adjudant ne peut pas diriger un pays. C’est pour ça que nous avons pensé à aller voir le général Faure. » explique Orsoni.
Mais suite à cette entrevue avec ce général, le plan fut éventé, les services gaullistes avaient infiltrés beaucoup de groupes de l’OAS, cet enlèvement n’eut pas finalement pas lieu…
André Orsoni est décédé en 1985 en Corse sur la terre de ses ancêtres.
source Delta Collines via Furia Francese

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