C’était un 22 janvier…

427 : mort de Pharamond, présenté depuis le VIIIe siècle comme premier roi des Francs et ancêtre des Mérovingiens (arrière-arrière-grand-père de Clovis), assertion qui n’emporte pas l’adhésion des historiens modernes, tout comme le fait qu’il serait le descendant du Troyen Priam.

1506 : fondation du corps de la garde suisse pontificale au Vatican.

1647 : élection à l’Académie française, après deux échecs les années précédentes, de Pierre Corneille, l’un des plus grands auteurs français.
► à son sujet, on peut lire l’ouvrage que lui a consacré Brasillach ou savourer sa traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ.

1734 : expulsion massive à Bordeaux. Un arrêt du Conseil du roi ordonne que tous les « Juifs Avignonois, Tudesques ou Allemands qui se sont établis a Bordeaux et autres lieux de notre Province de Guyenne, seront tenus d’en sortir eux et leurs familles sans aucun delay, et leur fait sa Majesté très expresses inhibitions et deffenses d’y séjourner, ny rentrer, sous les peines portées par nos ordonnances. »
Une lettre de M. Orry, contrôleur général, à l’intendant de Bordeaux énonce quelques jours plus tard la raison de l’expulsion :
« L’expulsion des Juifs avignognois a paru nécessaire au Roy pour parvenir au rétablissement du bon ordre dans le commerce de la ville de Bordeaux. Le trafic frauduleux qu’y font ces juifs depuis nombre d’années de toutes sortes de marchandises défectueuses et même prohibées, n’a pas peu contribué a la négligence, et aux contraventions des fabriquans et a nuy sans doutte aux marchands Boutiquiers qui commercent auec fidélité. […] Le Roy ne voulant, par cet arrest donner aucune atteinte aux privilèges par luy accordes aux Juifs Portugais, vous aurez attention au cas que cet arrest leur donnâ quelqu’inquietude de les rassurer en leur faisant entendre quil ne concerne que les Juifs avignognois appelés wulgairement Juifs Tudesques ou Juifs allemands ».

1852 : la famille d’Orléans est bannie de France, par le nouveau pouvoir de Napoléon III.

1917 : décès de l’abbé Bérenger Saunières, curé de Rennes-le-Château, devenu richissime de façon inexpliquée. Depuis, les chercheurs n’ont cessé d’arpenter la région, en quête de son trésor (wisigoth?). Il aura au moins fait la fortune des éditeurs.

1923 :  assassinat du cadre nationaliste Marius Plateau, secrétaire général de l’Action française et chef des Camelots du roi – l’une des plus puissantes ligues nationalistes – par Germaine Breton (militante anarchiste), dans les locaux du journal royaliste.
Celle-ci voulait abattre Léon Daudet ou Charles Maurras mais ne put accéder à eux.
Son amant, anarchiste connu, est retrouvé suicidé peu après, le 8 février 1923, le jour même où il suggère des pistes durant l’enquête. Un haut policier mêlé à l’enquête est également retrouvé mort. Des supputations sur l’implication des services de police sont faites.
Germaine Breton sera acquittée par la justice républicaine en décembre et embauchée – en guise de récompense – à l’Humanité !
La tombe de Marius Plateau se trouve au cimetière de Vaugirard (Paris XVe).

1965 : mort, à 77 ans, de Pierre Taittinger, qui fut un important industriel, journaliste et homme politique de la droite nationaliste.
En 1924, alors député bonapartiste (il siègera à l’Assemblée jusqu’en 1942), il fonda les Jeunesses patriotes, ligue d’opposition au cartel des gauches, qui rassemblait environ 60 000 membres en 1926.
Après la dissolution des ligues, il réactiva à l’été 1936 un Parti républicain national et social (PRNS) fondé sans succès en 1930.
Soutien du maréchal Pétain, il fut le président du conseil municipal de Paris en 1943-1944, tâchant de protéger la capitale de la destruction.
Après guerre, déchu de ses droits civiques pour avoir voté les pleins pouvoirs en 1940, il ne put persévérer dans la compétition électorale mais continua l’action politique (créant les Indépendants de Paris).
Il fut pendant près de trente ans maire de son petit bourg de Charente-Maritime. Il fut membre de l’Association pour la Défense de la Mémoire du Maréchal Pétain.
Editorialiste et patron de presse, il fut aussi, sur le plan des affaires, notamment propriétaire de la maison Champagne Taittinger à partir des années 1930 et PDG de la Société du Louvre à partir des années 1950.

Taittinger présidant un rassemblement des JP en 1936, salle Wagram.

1985 : mort d’Henri Dorgères (Henri d’Alluin), ancien responsable nationaliste paysan, fondateur en 1929 des Comités de défense paysanne, dits aussi « Chemises vertes » d’après la couleur de leur uniforme.
Il eut une certaine influence, surtout dans le nord et l’ouest de la France rurale d’avant-guerre, s’appuyant sur de nombreux journaux locaux et nationaux : son mouvement revendiquera jusqu’à 420 000 membres à la fin des années 1930.
Il réclamait un État autoritaire et corporatiste, et défendait les petits fermiers.
En 1935, il devint secrétaire général de la Ligue des paysans de France et l’année suivante, délégué à la propagande du Syndicat agricole de défense paysanne.
Soutien du maréchal Pétain, il fut nommé délégué général à l’organisation et à la propagande de la Corporation paysanne, créée en janvier 1941.
Il publia en 1943 Révolution paysanne, où se précisaient déjà un certain nombre de thèmes préfigurant le poujadisme.
Pendant l’Occupation, il délivra des centaines de fausses cartes à des prisonniers évadés ou à des personnes poursuivies et, souvent, c’est personnellement qu’il leur fit franchir la ligne de démarcation.
Après la guerre, et des ennuis avec la « justice » de la Libération, il se rapprocha de Pierre Poujade, fut élu député sur sa liste en 1956, et créa le Rassemblement paysan, en 1957, avec ce dernier.
Il fut inculpé par la justice française en tout 69 fois.
Dans Haut les fourches et Au temps des fourches, il retraça son combat en faveur de la petite paysannerie française contre les trusts et les communistes.

Un orateur éloquent

1973 : célèbre « arrêt Roe v. Wade », qui aura un retentissement évidemment mondial, par lequel la Cour suprême des États-Unis libéralise, au niveau fédéral, l’avortement volontaire. Il faudra attendre 2022 pour que la même cour annule cette sentence et donne à chaque Etat la liberté législative en la matière.

1999 : le navire Far East Victory, commandé par un capitaine sri-lankais, est contrôlé en train de dégazer au large du Touquet-Paris-Plage, laissant dans son sillage une nappe de 25 km de long sur 900 mètres de large.