C’était un… 31 mai

455 : l’empereur Pétrone Maxime tentant de fuir la cité à l’approche des Vandales est reconnu dans les rues de Rome et y meurt lapidé par une foule.

1223 : bataille de la rivière Kalka, conclut par une victoire mongole sur la coalition ruthène. Nombreux morts et prisonniers réduits en esclavage. Hélas les princes de la Rus’ ne mettront pas pour autant fin à leurs divisions et, quand les Mongols reviendront quinze ans plus tard, ce sera cette fois une invasion durable.

1793 : journée insurrectionnelle à Paris, ainsi que le 2 juin, à l’issue de quoi les Girondins sont renversés par les Montagnards, les révolutionnaires les plus radicaux ; ce sera le début de la Terreur.

1945 : dans la nuit du 30 au 31 mai, plus de 20 000 habitants allemands de Brno, en Moravie, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, sont expulsés de la ville en direction de l’Autriche. Les hommes sont restés, en tant que main-d’œuvre forcée. La déportation a été organisée par les autorités de la ville. Au cours de cette « marche de la mort », les déportés furent contraints de marcher sans eau et sans nourriture sur des dizaines de kilomètres. Plusieurs milliers de personnes y laissèrent la vie.

Expulsés allemands sortant d’un convoi.

Ce n’était que le début de la déportation des trois millions d’Allemands de l’ancienne Tchécoslovaquie, qui s’étala de ce mois de mai 1945 à 1948.
Au total, entre 13,5 et 16,5 millions de germanophones ont fui, été évacués ou plus tard déportés d’Europe centrale et orientale, de 1945 à 1948, ce qui en fait le plus grand cas de nettoyage ethnique de l’Histoire. Le nombre d’Allemands, civils et militaires, morts après l’armistice est estimé à près de trois millions.
► sur ce thème, on peut lire les travaux d’Heinz Nawratil.

1968 : mort, à Madrid, de l’écrivain, poète et homme politique Abel Bonnard. Élu en 1932 à l’Académie française, cet écrivain prolifique et mondain, apprécié pour son esprit, est l’auteur d’un essai paru en 1936 et unanimement salué, Les Modérés, qu’il faut lire.
Maurrassien puis proche de Doriot, il fut ministre de l’Éducation nationale d’avril 1942 à août 1944. Condamné à mort par contumace en juillet 1945, il s’exila en Espagne jusqu’en 1958, quand il revint en France se constituer prisonnier. Condamné à dix ans de bannissement rétroactif, il repartit pour l’Espagne. Survenue pendant les événements de Mai-68, la mort de ce grand auteur passa inaperçue.
► on peut trouver un certain nombre de ses écrits ici.

 

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