Rivarol : entretien avec Benjamin Marraud, le militant qui a mené la première action contre le théâtre de la ville

Rivarol publie un entretien dans son édition de demain avec le meneur de la première action contre le théâtre de la Ville : Benjamin Marraud est le responsable parisien du Renouveau français. Il a participé avec une dizaine d’autres à l’opération de protestation au Théâtre de la Ville. Il nous en dit plus sur les motifs et les circonstances de cette action condamnée sans surprise par la «conférence des évêques de France».

RIVAROL : Pourquoi avoir interrompu la représentation d’une pièce au Théâtre de la Ville ? De quoi s’agissait-il dans ce spectacle ?

Benjamin MARRAUD : La pièce de théâtre scato-blasphematoire de Roméo Castellucci Sur le concept du visage du fils de Dieu représente un vieillard déféquant sur scène et son fils en train de le nettoyer. Notons que la scène se déroule sous le regard bienveillant du Christ, en toile de fond. La pièce se termine par l’arrivée de plusieurs enfants caillassant le portrait de Jésus. La phrase «tu n’es pas mon berger» ainsi qu’une coulée noire (faisant référence aux excréments du vieillard) apparaissent alors sur le visage du Christ. Précisons tout de même que lorsque le vieillard défèque, nous avons droit aux odeurs artificielles dans tout le théâtre.

D’un point de vue purement naturel, la pièce nous paraissait déjà contestable. En effet, quel intérêt peut-on avoir à regarder et à sentir un vieillard agir de la sorte ?

De manière surnaturelle, la représentation du Christ avec la fin qu’on lui connaît était ouvertement blasphématoire. Il était donc de notre devoir d’agir.

R. : Comment les choses se sont-elles passées? Comment avez-vous procédé? Combien étiez-vous? Quels mouvements ont participé à cette action? Qui a appelé la police pour vous déloger? L’action des forces de l’ordre a-t-elle été brutale comme on l’a dit?

B. M. : Nous avons donc décidé de nous inviter à la première représentation qui avait lieu au théâtre de la Ville, le jeudi 20octobre. A l’intérieur du théâtre, une banderole, quelques slogans et une bonne dose de courage pour monter sur scène et interrompre la représentation. Face à nous 400 bobos dégénérés nous insultant, nous demandant même de nous mettre «A poils» (on appréciera le niveau intellectuel) et réclamant l’intervention de la police pour respecter la liberté d’expression. La liberté d’expression à géométrie variable ne s’appliquant évidemment que lorsqu’ils l’autorisent. Au bout de presque 30 minutes, le rideau se ferme, les forces de l’ordre arrivent et viennent nous déloger alors que nous étions à genoux en train de réciter des «je vous salue Marie». A aucun moment, nous n’avons fait usage de la violence. Cette action a été menée par une dizaine de militants du Renouveau français dont je suis le responsable parisien.

Les jours suivants, d’autres personnes ont recommencé à interrompre la pièce avec plus ou moins de réussite.

R. : Vous êtes resté 24 heures en garde à vue. Pouvez-vous raconter cette journée? Le directeur du théâtre et la mairie de Paris ont porté plainte. Que risquez-vous?

B. M. : Suite à notre action, nous avons fait 24h de garde à vue pour attroupement et violences volontaires en réunion sur agents de sécurité. Nous étions 2 par cellule, ce qui permet de garder le moral. Interrogatoire, visite médicale, appel téléphonique à un proche. Nos droits n’ont pas été bafoués même si nous avions devant nous des officiers de police judiciaire dont les rires et les moqueries traduisaient le formatage républicain et antichrétien.

A l’issue de la garde à vue, les vigiles n’ont définitivement pas porté plainte contre nous, n’ayant évidemment aucune trace de coup ou de blessure.

En revanche, la mairie de Paris et le théâtre de la Ville ont porté plainte pour outrage a la liberté artistique. Nous attendons à présent la date du procès. Le risque serait que nous soyons condamnés à une lourde amende à titre d’exemple.

R.: Comment soutenir votre action et vous aider concrètement?

B. M. : Pour aider les militants qui ont fermement décidé d’interrompre la pièce de théâtre, une association existe. Le Comité de Soutien aux Victimes de la Répression (CSVR) a été créé dans ce sens et dispose d’un site internet, . Il est possible de faire un don dès maintenant afin d’anticiper les différents frais de justice. On peut aussi nous contacter grâce au site .

R. : D’aucuns disent que ces actions ne servent à rien, qu’elles sont condamnées à l’échec, qu’elles donnent une mauvaise image des catholiques qui cherchent inutilement des coups et qu’en plus elles assurent une publicité à des œuvres blasphématoires qu’il vaudrait mieux ignorer et traiter par le mépris d’autant qu’on ne peut matériellement protester contre tous les spectacles, propos et publicités blasphématoires, impies ou pornographiques de notre société laïque et apostate. Que pensez-vous de ce raisonnement et que répondre aux personnes qui le tiennent ?

B. M. : Les personnes qui ont ce type de raisonnement se situent aux antipodes de ce que nous pensons au Renouveau français. Il est justement de notre devoir de nationaliste de défendre la chrétienté, colonne vertébrale de notre civilisation européenne. Nous ne devons pas nous taire, nous ne devons pas continuer à accepter l’inacceptable comme c’est le cas depuis tant d’années. Aujourd’hui, le pseudo-art grassement subventionné au service de la christianophobie, le mépris de la religion catholique ou même le vandalisme des églises ou des cimetières n’inquiètent pas nos élus. La plupart des moyens légaux ne suffisent plus, la preuve avec la pétition au mois d’avril lancée par l’institut Civitas pour l’interdiction du «Piss Christ» à Avignon. 90000 signataires mais aucune réaction. Inutile de préciser qu’il en aurait été différemment s’il s’agissait de la religion juive ou musulmane. Pour l’une, tous les élus auraient réagi. Pour l’autre, tous les pratiquants auraient réagi. Nous n’avons pas à être la dernière roue du carrosse sur notre sol, dans notre pays.

26 commentaires concernant l'article “Rivarol : entretien avec Benjamin Marraud, le militant qui a mené la première action contre le théâtre de la ville”

  1. Merci Benjamin !!!
    Grace à toi je vais enfin pouvoir repondre à l’eternelle remarque de mes parents !! « Les manif’ ça sert a rien ! Y va pas tu reussiras qu’a finir en garde à vue  »
    Ah quand donc aurai – je 18 ans !!!!!!

  2. Suffit pourtant d’etre hyper nombreux et organisés! si chacun est defaitiste et compte sur son voisin de faire le deplacement, alors oui ça ne marchera pas

  3. Qu’en penserait Camille Marie Gallic qui a réussi à faire survivre Rivarol, contre vents et marées, avec une imprimerie classée monument historique, rue des Petites Ecuries?

  4. Bravo, je serai à la prochaine fin Novembre à Villeneuve d’Ascq et soit dit en passant je n’ai rien d’un intégriste.
    Je suis Catholique pratiquant, Français et fier de l’être et refuse la décadence promise et mis en application pour tout détruire.

  5. Hyper nombreux et organisés.
    On croirait un tract rédigé par les républicains hyper démocrates.
    Vous ne voyez pas que nous sommes une minorité écrasée depuis des lustres?
    Et que le chacun pour soi est la règle?
    A cette heure-ci il y a des humanoïdes qui dorment sur les trottoirs à côté de femmes qui accouchent d’enfants mort-nés.
    Equipés de téléphones portables.

  6. Il fera froid. C’est inéluctable.
    Comme chaque année, je sillonnerai les rues au volant d’une voiture remplie de catholiques toutes simples, aux cheveux bleus, armées de thermos remplies de café pur arabica….
    Elles ne comprennent pas, mes chéries, pourquoi les laissés pour compte viennent plutôt vers moi qui ne dispose que de la même thermos.
    Arme secrète.
    Ma thermos est chargée d’un quart café robusta et trois-quarts rhum de chez ED.
    Les catholiques feraient bien mieux d’être attentifs à ça, merde alors!

  7. Ce que vous ferez au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous le ferez, disait Jésus.
    Et c’est pas le prix Goncourt de cette année.

  8. Va falloir agir, dit le premier sinistre.
    Viens avec moi, tête d’oeuf.
    Atteris!
    Un contact direct avec la misère ne te fera p

  9. Il ne faut pas trop en faire les jeunes car vous serez trahis par les Mgr Fellay toujours prêts au compromis, aux bonnes paroles, aux sourires hypocrites (cf. affaire Williamson) pourvu qu’on les caresse un peu dans le sens de la soutane.

    La preuve, en moins de 48h, Alain Escada (Belge insignifiant piloté par le clergé) commence déjà à retourner sa veste… toujours du bon côté :
    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2011/11/le-cocktail-molotov-cest-du-terrorisme-pas-linterruption-dune-pi%C3%A8ce-de-th%C3%A9%C3%A2tre.html

  10. « Le Racisme antiblanc  » Le dernier livre d’Hervé Ryssen

    « Chaque année, en France, des immigrés se rendent coupables de milliers d’agressions physiques, de centaines de viols et de dizaines de meurtres contre des femmes blanches et des hommes blancs, sans que les hommes politiques qui nous dirigent n’élèvent la moindre protestation.

    Dans les médias, ces affaires ne sont jamais traitées comme des crimes racistes, mais comme de simples faits divers. Il est en effet entendu que le racisme ne peut être que le fait d’un Blanc, et que la victime du racisme ne peut être qu’un pauvre immigré du tiers-monde, un “homme de couleur”.

    Comme dans les films produits à Hollywood, le raciste, le salaud, celui qui agresse les plus faibles, qui pille la planète et qui détruit la nature, c’est toujours le Blanc, qui est le bouc émissaire des véritables prédateurs que sont les mondialistes, les maîtres de la finance et des médias. Ceux-ci travaillent sans relâche, de toutes leurs forces, à instaurer la société multiculturelle et le gouvernement mondial. Leur objectif est clair : ils veulent détruire la race blanche.

    Depuis des décennies, leur propagande culpabilisatrice tourne à plein régime. À la radio, dans la presse, au cinéma et sur toutes les chaînes de télévision, c’est toujours le même discours humaniste, égalitaire et moralisateur qui revient, sept jours sur sept et tout au long de l’année. Au nom de l’égalité et de la tolérance, on demande ainsi au “petit Blanc” d’accepter l’arrivée des immigrés du tiers-monde, toujours plus nombreux, sous peine d’être désigné comme “raciste”. Il faut ouvrir son esprit, ouvrir son cœur, ouvrir… tout !

    Après quelques décennies de ce matraquage idéologique estampillé aux “droits de l’homme”, le résultat est aujourd’hui bien visible pour tous : en Ile-de-France, les Blancs sont aujourd’hui minoritaires. Et au fur et à mesure que leur nombre grandit, les étrangers commettent sur les Blancs des violences et des crimes toujours plus nombreux. Voilà la vérité. »

    http://herve-ryssen.blogspot.com/

  11. Bébert
    Ce que vous faites est trés bien, même si les alcooliser ne sert à rien, l’alcool ne réchauffe pas; dans un pays civilisé tous devraient être au chaud l’hiver. Mais nous ne pouvons pas faire tous le même combat en même temps, nous catholiques nous sommes obligés de descendre dans la rue pour défendre Dieu fait homme,le Christ Jésus, nous préfèrerions que le Christ soit à l’honneur, ne pas devoir passer des nuits dans un train ou dans un car pour essayer de nous faire entendre par les français qui ne peuvent plus réagir, coincés qu’il sont devant leur télé: nous aimerions mieux nous occuper des sans abris, vous au moins vous êtes respecté par le gouvernement, les médias, les bobos et sans doute Amar et la morandais…Nous c’est la garde à vue qui nous guette…

  12. Benjamin est un homme,un vrai,et la France a besoin de gars comme lui.
    Cependant,nous n’étions pas obligés de publier son nom de famille,ce n’est pas très prudent.
    Pas la peine de renseigner les gauchos de manière gratuite.
    Je dis ca,c’est mon avis personnel.

  13. La pièce se termine par l’arrivée de plusieurs enfants ( entre 6 et 8 ans )caillassant le portrait de Jésus. La phrase «tu n’es pas mon berger»

    cela me fait tout de suite à la prophètie de soeur Marie Julie Jahénny
    ( qui ne s’est jamais trompée )

    Extraits de la prophéties de Soeur Marie Julie Jahenny en 1881

    “Combien de personnes dupées parce qu’ignorantes de la Vérité, croient servir la bonne cause, alors qu’elles lui tournent le dos.
    L’ignorance religieuse est un fléau terrible.
    Cette ignorance alliée à l’élévation du niveau de vie matérielle explique l’effondrement des vocations, l’apostasie générale, la défection des prêtres ( l’exemple y est )et des consacrés, etc.
    La persécution par endormissement est plus efficace que les violences. La fascination du serpent précède l’étouffement.

    Mais sur le petit nombre qui tente de rester éveillé et fidèle, les forces du mal et leurs complices humains déchaînent leurs assauts : violences physiques, morales, profanations, sacrilèges ne se comptent plus.

    ” Profanation des croix et des temples, mais ces derniers seront conservés ; profanation du Saint-Sacrement. Le démon veut tout détruire. Il ne veut pas laisser pierre sur pierre, mais il ne le pourra pas. Nos temples seront gardés.
    Des enfants n’ayant pas encore l’âge de raison insultent Dieu avant de Le connaître et le blasphèment. ” ( on le voit dans cette pièce avec des enfants de 6 à 8 ans)

    ” Au moment de la persécution, ils seront Mes plus cruels ennemis ” dit Jésus. Ils parcourront les rues en portant ces sentences : ” Mort au Christ ! “, ” Mort aux chrétiens “. ( bientôt , bientôt ça va se faire )

    Il y aura même des prêtres qui n’auront pas le courage de défendre la religion. C’est pour Dieu, la peine la plus déchirante. ( déja on commence à les connaître )

    je vois entrer avec empressement dans cette religion coupable, sacrilège, infâme, en un mot semblable à celle de Mahomet. (parce qu’elle nie la divinité de Jésus-Christ) j’y vois entrer des Évêques. En voyant ces Évêques, beaucoup, beaucoup, et à leur suite tout le troupeau, et sans hésitation se précipiter dans la damnation et l’enfer, Mon Coeur est blessé à mort, comme au temps de Ma Passion. Je vais devenir un objet d’horreur pour la plus grande partie de Mon peuple. Toute la jeunesse sera gâtée et bientôt tombera dans une putréfaction dont l’odeur sera insupportable. ” 9juin 1881

    à vous la suite
    http://www.marie-julie-jahenny.fr/les-propheties-pour-la-france.htm#La_passion_de_l’Église

    C’est frappant comme ces prédictions se réalisent aujourd’hui – et encore, ce n’est que le début. La petite Marie-Julie de la Fraudais (nom du hameau) a beaucoup de choses à nous révéler.

  14. @ Alix
    Mea culpa.
    Vous avez raison: merci de m’ouvrir les yeux.
    Je suis un salaud, je le confesse.
    Parce que je double le café « arrosé » de cigarettes, ce qui me coûte la peau des fesses.
    Je suis ennemi à abattre de la coterie « Santé pour tous ».
    La santé pour tous qui est une facette de la dictature des bien-pensants, lorsque le concept en est instrumentalisé.
    Je n’ai rien contre un « despotisme éclairé ».
    PS: Vous pensez: le marin est un mammifère aquatique qui se nourrit exclusivement d’alcool et de tabac.

  15. @Bertrand: la Bible mentionne déjà que les enfants se retourneront contre leurs parents, les dénonceront en quelque sorte… tel le petit Louis XVII (ou son sosie) qu’on dressait à insulter ses parents.
    Quant au supposé « Mgr » 23 (dites 33) il trouve toujours qu’il n’y a pas de blasphème…

  16. Si Yves Daoudal se met à jouer les « abbé » GROSJEAN et les Myriam PICARD !!! !!! !!!
    … … …
    C’est le diable qui nous divise !!! !!! !!!
    Quand ferons-nous bloc ??? ??? ???
    Dieu sauve la France !!! !!! !!!

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    04 novembre 2011
    Deux autres interprétations de la pièce de Castellucci
    D’une part celle -favorable- d’Yves Daoudal dans son hebdomadaire :

    « [I]l convient d’insister sur ce qui se passe sur la scène après les scènes d’incontinence du père. Les lumières s’éteignent. Le fils va vers le gigantesque visage du Christ qui par contraste devient plus lumineux, l’embrasse, et s’en va. Alors le portrait du Christ va se déformer, suinter d’un liquide sans doute fécal, puis se déchirer, et sous les déchirures et les souillures apparaît l’inscription « You are my Shepherd » (tu es mon berger). Au bout d’un moment le mot « not » s’insère: tu n’es pas mon berger. Mais il ne devient pas aussi lumineux que les autres mots. Et finalement, en surimpression, revient le visage du Christ d’Antonello de Messine, intact.

    Si à la fin de la pièce le visage du Christ apparaît de nouveau, intact, il est difficile de ne pas voir que sa destruction est l’image de la Passion, suivie de la résurrection. Et le reste de la pièce, nonobstant l’obsession scatologique, est une parabole sentie de la condition humaine, car nous sommes en effet tous dans la merde, et nous tachons tout ce que nous touchons, sous le regard de Dieu, qui nous attend, qui attend même nos blasphèmes, ou nos doutes, mais qui est là, qui reste là, même quand nous avons tout démoli, et qui nous attend toujours. La pièce est finalement à l’image de notre époque, qui se complaît dans la déchéance et dans l’ordure, mais, à l’image de son auteur, elle oscille entre la foi et le doute. […]

    Je crois que s’il avait fait une pièce blasphématoire et christianophobe, il l’aurait revendiqué, et il aurait alors été encore mieux considéré dans l’intelligentsia. Or ce qu’il dit dans ses interviews montrent un homme sincère. […] « You are my Shepherd » fait référence au psaume 22. Il est étonnant de constater que le « visage » de Dieu est un « concept » très répandu dans les psaumes, alors que le Seigneur Dieu n’a pas de visage avant d’avoir celui de son Fils. Et dans le psaume 21, le psaume de la Passion, celui qui commence par « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », le Fils de Dieu dit à propos de son Père: « Il n’a pas détourné sa face de moi, et quand j’ai crié vers lui il m’a exaucé. » »

    Puis celle -défavorable- de Jeanne Smits dans Présent :

    « « Qui me voit, voit le Père », disait Notre-Seigneur, « en ce temps-là » et pour tous les temps. Sur la scène de Castellucci, c’est la même chose. Le tableau d’Antonello da Messina en fond de scène renvoie à cette relation entre Père et Fils qui se joue, d’une manière abjecte, devant lui, entre le père incontinent, ricanant méchamment de ce qu’il fait subir à sa progéniture, et ce fils qui se révèle incapable de nettoyer la m… répandue sur scène.

    Image de la Création : d’un Dieu le Père qui répand le mal et la mort et assiste, impuissant et complice, à la déchéance finale de son œuvre. Entre eux – observait une auditrice de Radio Courtoisie – l’Esprit, symbolisé sur scène par les déjections du vieillard. Et de fait, Castellucci qui se vante de faire un théâtre « hors sens » a dit qu’au fond il voulait montrer « the spirit of the shit » (pas la peine de traduire). Cette idée d’un Dieu-Père nuisible, impotent et malveillant est celle que véhicule l’anti-culture de notre temps – on le retrouve, tel quel, dans un roman pour la jeunesse à succès de Philip Pullman (A la croisée des mondes).

    Elle est précisément celle de Castellucci dans sa pièce Gènesi, relecture de la Genèse où Dieu crée puis laisse son œuvre s’enfoncer dans le mal, le malheur, la mort. On retrouve sa fondamentale inversion dans sa trilogie sur la Divine Comédie, où le ciel est le lieu sans espoir où l’homme est confronté à l’ennui éternel de devoir louer Dieu, et l’enfer celui où, finalement, il lui est possible de conserver son identité et de s’exprimer. Quant à ceux qui doutent de ses intentions blasphématoires, je les renvoie au Ministre au voile noir (prochainement programmé en Italie), qui lors d’une précédente mise en scène montrait le héros, ministre du culte protestant, s’enfiler des éclats de v

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