Procès : les sinistres fanfaronnades de Jawad Bendaoud

Autant le dire tout de suite, après deux heures trente d’audience, Jawad Bendaoud n’est ni émouvant ni touchant. Il n’est pas drôle non plus. Il comparaissait cet après-midi devant la 17e chambre correctionnelle du TGI de Bobigny pour des violences conjugales perpétrées entre août et novembre 2015 et des menaces de mort en mars 2018 contre son ex-compagne avec laquelle il entretient une relation « toxique », selon le président comme le ministère public.

« Je vais te tuer », « je vais t’égorger sur la vie de mon fils », il faut l’imaginer éructant dans le box des prévenus « niquant » à tout bout de champ « la mère de son fils » ou « des vendeurs à la sauvette » qui nuisent à sa tranquillité d’homme libre qui se tiendrait désormais à carreau.

Lui ne se voit que des qualités. « Depuis le 14 février [date de sa sortie de prison, NDLR], j’ai couché avec 17 filles. » Entre son ex-compagne et ses conquêtes, « il y a la différence qui existe entre une Clio 1 et une Clio 4 ». « Vous comparez des femmes à des voitures ! C’est rabaissant », s’exclame le président Friat, excellent tout au long de l’audience.

Jawad plastronne. Il a 80 000 « vues » sur Snapchat. Grâce à la manne publicitaire, il dit percevoir jusqu’à 3 000 euros par mois. Les femmes, l’argent, la notoriété, rien ne manque plus à Jawad le Magnifique, qui consomme gratuitement pour 6 000 euros d’alcool en boîte de nuit. C’est offert par le propriétaire. Certes, lors de son procès précédent, il n’en menait pas large. Là, il a touché le jackpot, et sans passer par la case télé-réalité.

Coup de tête

Son ex-compagne, selon lui, serait jalouse de sa réussite. Voilà, à son avis, l’unique explication à la plainte qu’elle a déposée contre lui. Sinon, comment expliquer qu’après s’être posée en victime auprès de la gendarmerie, elle lui envoie des photos en lingerie ? Certes, le tribunal confirme. « Mais est-ce une raison pour la menacer de mort ? De lui avoir mis un coup de tête en 2015 ? De vouloir forcer sa porte ? », etc. Des violences reconnues par le prévenu. Son ex-compagne a décidé de retirer sa plainte. Cela n’a aucune conséquence sur l’audience, qui permet d’expliquer comment une relation commencée douze ans plus tôt a sombré dans le sordide, puis la violence.

En revanche, on ne comprend pas quelle est cette « sympathie » que Jawad Bendaoud générerait au point de la faire fructifier. Lui qui a tué son meilleur ami parce qu’il ne retrouvait pas le téléphone de sa mère, censé avoir été volé, si on a bien compris ses explications alambiquées.

La procureur a, elle, considéré qu’il était un danger pour la société autant que pour la victime. Elle a requis 10 mois de prison, dont 4 avec sursis, et mise à l’épreuve ainsi qu’une obligation de soins. Avec mandat de dépôt à l’audience. Le tribunal a été plus clément. Jawad Bendaoud est finalement condamné à 6 mois de prison avec sursis. Reste l’obligation de soins.

Source : Le Point

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