C’était un… 2 février

► Fête de la Chandeleur : voir ici.

 

962 : Otton Ier est couronné empereur des Romains par le pape Jean XII. Durant un long règne, il donna à la royauté germanique un rayonnement et un prestige hors pair, tant par le sens de la gestion politique que par les victoires militaires. Il s’était proclamé roi d’Italie après avoir épousé en 951 la reine Adélaïde, veuve du roi Lothaire et restaura – après Charlemagne – la dignité impériale à son profit.
C’est la fondation du « Saint-Empire romain germanique » (même si cette dénomination n’apparaît qu’au XVe siècle).

1594 : mort, à Rome, du compositeur italien Giovanni Pierluigi da Palestrina, dont le corps sera inhumé dans la basilique Saint Pierre. Appelé par le pape Jules II, ce grand maître de la musique polyphonique devint maître de chapelle et laissa une œuvre considérable.
Ici, pour se faire une idée, une interprétation de son Magnificat quarti toni :

1688 : mort, à Paris, du marin et marquis Abraham Duquesne, qui fut charger par Louis XIV de purger la piraterie en Méditerrannée. Il ne devint pas amiral en raison de ses convictions calvinistes.

Statue de Duquesne, place Duquesne à Concarneau (Finistère)

1861 : mort, à 31 ans, de Théophane Vénard, l’un des martyrs français les plus populaires du XIXe siècle. Jeune prêtre des Missions étrangères de Paris, il fut envoyé en Chine, puis affecté au Tonkin (nord du Viet-Nam), où il entra clandestinement en 1854. La situation était alors difficile pour les chrétiens, les persécutions intenses. Il se réfugia dans des grottes ou des cachettes, protégé par des villageois chrétiens. Il y traduisit des épîtres en vietnamien et fut nommé supérieur du séminaire local. En 1860, il fut dénoncé par un villageois et capturé, puis exécuté l’année suivante par décapitation.
De nombreuses similitudes existent entre la spiritualité de Théophane Vénard (connue par les nombreuses lettres qu’il a écrites tout au long de sa vie) et celle de sainte Thérèse de Lisieux, tant dans la recherche de la « petite voie » spirituelle que sur la vision de la mission. Il fut béatifié en 1909 par saint Pie X.

1941 : création du Rassemblement national populaire (RNP) – l’un des deux grands partis collaborationnistes, avec le PPF de Doriot – dirigé par Marcel Déat, homme politique de la gauche socialiste et pacifiste.
Dans l’Œuvre, son quotidien, Déat annonce la création du parti et attaque durement Vichy (après le limogeage de Laval) et Maurras.
Les autorités d’occupation imposent dès le départ une fusion du RNP et du MSR d’Eugène Deloncle, mais la cohabitation ne prend pas, entre rivalités des chefs et divergences entre des hommes issus de la gauche pacifiste et de la droite nationaliste. Le MSR partira en octobre de la même année et le RNP continuera.

1943 : après six mois de combats féroces, la titanesque bataille de Stalingrad prend fin, avec une victoire de la Russie bolchevique (dont près de 500 000 soldats auront été tués et 4300 tanks, 15700 canons et 2700 avions détruits) face aux troupes germano-italo-romano-hongroises. C’est un tournant stratégique majeur de la Seconde Guerre mondiale. La résistance acharnée de la VIe armée allemande aura permis toutefois de sauver les troupes du Caucase et du Don.

1960 : au cours de son procès en Cour militaire de justice pour l’attentat manqué du Petit-Clamart, l’ingénieur militaire Jean Bastien-Thiry lit sa déclaration, restée fameuse, mais qui ne lui évitera pas la peine de mort :

[…] Nous n’avons pas agi par haine de de Gaulle, mais par compassion pour les victimes de de Gaulle et pour sauvegarder des vies humaines innocentes sacrifiées par un pouvoir tyrannique. Saint Thomas d’Aquin nous dit : « C’est le tyran qui est séditieux et qui nourrit dans le peuple les discordes et la sédition ; car le régime tyrannique n’est pas juste et n’est pas ordonné au bien commun ; sont dignes de louange ceux qui délivrent le peuple d’un pouvoir tyrannique ». […]
Nous avons exercé le droit de légitime défense contre un homme, au nom de ses victimes, au nom de nos concitoyens et au nom de nos enfants ; cet homme est ruisselant de sang français et il représente la honte actuelle de la France. Il n’est pas bon, il n’est pas moral, il n’est pas légal que cet homme reste longtemps à la tête de la France ; la morale, le droit et la raison humaine s’unissent pour le condamner. La vérité que nous avons dite, et que bien d’autres que nous ont dite avant nous, restera attachée au nom de cet homme, où qu’il aille et quoi qu’il fasse. Un jour cet homme rendra compte de ses crimes : devant Dieu, sinon devant les hommes.
Le pouvoir de fait a la possibilité de nous faire condamner ; mais il n’en a pas le droit. Les millions d’hommes et de femmes qui ont souffert dans leur chair, dans leur cœur et dans leurs biens, de la politique abominable et souverainement injuste qui a été menée, sont avec nous dans ce prétoire pour dire que nous n’avons fait que notre devoir de Français. Devant l’Histoire, devant nos concitoyens et devant nos enfants, nous proclamons notre innocence, car nous n’avons fait que mettre en pratique la grande et éternelle loi de solidarité entre les hommes. […]

► à ce sujet, on peut lire le petit livre écrit par l’abbé Rioult : Jean Bastien-Thiry, De Gaulle et le tyrannicide (Aspect moral d’un acte politique).

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