
François Durvye, conseiller de l’ombre de la candidate depuis 2021, adoubé caution patronale du parti en avril dernier en même temps que conseiller spécial de Jordan Bardella, ne prendra pas part à la campagne présidentielle qui s’ouvre.
En privé, l’ancien patron d’Otium, le fonds d’investissement de Pierre-Edouard Stérin, actionnaire de Valeurs actuelles, l’admet sans ambages : impossible de faire le service après-vente d’un programme économique auquel il ne croit pas. […]
Cette décision a mûri au cœur de l’été, d’un commun accord. Marine Le Pen a informé son ancien conseiller qu’il ne ferait pas partie de son équipe présidentielle. « Pendant la campagne, elle veut des gens en qui elle a confiance à 100 % » , confie un pilier du RN. « Ce n’était plus le cas de François Durvye. Leur relation s’est diluée, elle ne l’écoutait plus. » Le polytechnicien de 43 ans aurait pu continuer ses fonctions auprès de Jordan Bardella, mais écarté de la campagne, cela n’avait à ses yeux plus de sens. […] » (source VA)
Marine Le Pen fera donc campagne avec sa famille, avec ses courtisans socialisants comme Jean-Philippe Tanguy et avec la garde rapprochée qui l’escorte depuis trente ans.
Thomas Joly commente :
Marine Le Pen veut gagner la Présidentielle en appliquant le programme économique de ceux qui ont ruiné la France.
À force de vouloir séduire l’électeur de gauche, le RN finit par lui vendre ce que la gauche lui vend depuis quarante ans : toujours plus de dépenses, toujours moins de réalisme économique.
Le meilleur exemple reste les retraites. Notre système par répartition est déjà déficitaire : le COR chiffre son déficit à 5,1 milliards d’euros en 2025 et prévoit des besoins de financement persistants jusqu’en 2070.
Cette gigantesque mécanique intergénérationnelle ressemble chaque année davantage à une pyramide de Ponzi : les actifs d’aujourd’hui (de moins en moins nombreux) paient immédiatement les pensions d’aujourd’hui (de plus en plus nombreuses), tandis que la démographie se dégrade.
Que propose Marine Le Pen ? Non pas de préparer l’avenir mais de revenir sur une réforme de 2023 déjà très insuffisante et de maintenir des départs possibles à 62 ans, voire 60 ans pour certaines carrières.
C’est exactement l’inverse qu’une droite nationale économiquement sérieuse devrait proposer : organiser progressivement la transition vers une part croissante de capitalisation, afin que chacun se constitue des droits adossés à une épargne réelle et transmissible.
Mais Marine Le Pen préfère la vieille potion socialiste : promettre aujourd’hui et envoyer la facture demain.
Même son conseiller économique François Durvye a fini par quitter le navire. Hier, il a annoncé son départ et son refus de participer à la campagne présidentielle, en assumant son désaccord avec une ligne économique qu’il ne pouvait plus défendre. La question des retraites était précisément l’un des principaux points de friction.
Le symbole est désastreux : quand votre propre caution économique préfère partir plutôt que défendre votre programme, le problème n’est plus seulement comptable. Il devient politique.
À vouloir ratisser constamment à gauche, Marine Le Pen risque surtout de laisser en jachère tout un électorat de droite qui attend baisse drastique de la dépense publique, liberté économique et réforme de l’État.
Économiquement, elle regarde dans le rétroviseur.
Stratégiquement, elle joue avec le feu.
Et à force de vouloir être la meilleure candidate de la gauche sociale, elle va inéluctablement finir par convaincre l’électeur de droite de chercher ailleurs.
► voir aussi : Florilège de citations gauchistes de Marine Le Pen
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