« Coluche, l’icône de leur monde décadent »

Editorial de Jérôme Bourbon dans le dernier Rivarol :

« Une société a les héros qu’elle mérite.
Le 19 juin les radios et les télévisions ont rendu des hommages vibrants à Michel Colucci mort accidentellement d’un accident de moto vingt-cinq ans plus tôt. Le dimanche soir France 2 a même diffusé un film à la gloire de l’humoriste, Coluche, l’histoire d’un mec, réalisé par le très conformiste et fort médiocre Antoine de Caunes. Une salopette, le costume de scène fétiche du comique, en bronze grandeur nature, a été installée à Montrouge, la ville de son enfance, dans les Hauts-de-Seine.
Il faut dire que Coluche est devenu une institution et qu’il a été canonisé par la bien-pensance médiatique avant même sa disparition.

L’actuel maire de Paris, l’inénarrable Bertrand Delanoë, a cru bon d’inaugurer une place Coluche dans la capitale à une intersection à la limite des 13e et 14e arrondissements, entre la rue d’Alésia et la rue de Tolbiac il y a déjà près de dix ans. L’on dénombre une quinzaine de places, de rues ou d’avenues portant son nom dans toute la France dont les villes de Montpellier, Besançon, Châtellerault, Chenôve, tandis qu’un parc a le patronyme de l’humoriste à Vitrolles, l’ancienne mairie de Catherine Mégret.
On a supprimé l’année dernière les dernières rues portant le nom du maréchal Pétain et l’on multiplie les plaques au nom de Michel Colucci. Que l’on préfère un saltimbanque sans éducation au vainqueur de Verdun en dit long sur notre société actuelle. Le parc du Thabor à Rennes possède même un rosier appelé Coluche (peut-on aller plus loin dans le ridicule ?) tandis que plusieurs salles de cinéma et de théâtre ainsi que des studios d’enregistrement ont été baptisés au nom du comédien. Lequel a carrément sa statue au Vigan dans le Gard, qui dit mieux ?

La presse tant nationale que régionale a également consacré autour du 19 juin des articles très louangeurs envers le fondateur des Restos du cœur paré de toutes les vertus et vanté pour sa liberté d’esprit, son insolence, son refus des tabous et du prêt-à-penser. Or, s’il est un homme qui ne s’est jamais éloigné des rives du Politiquement Correct, c’est bien Coluche. Non seulement l’histrion s’est toujours défini comme un homme de gauche mais il a animé avec son ami Guy Bedos le grand concert de SOS-Racisme place de La Concorde le 15 juin 1985 avalisant ainsi une immense escroquerie politique. Celle qui consistait à diaboliser les Français refusant à bon droit l’invasion de leur pays en les traitant de racistes.

De plus, même s’il n’en fut pas le seul responsable, Coluche a puissamment contribué à la généralisation de la vulgarité et de la grossièreté à la radio et à la télévision. Que l’on songe à son insupportable duo avec Maryse sur Europe1, émission radiophonique où il multipliait les jurons, les insultes et les plaisanteries grasses et déshonnêtes. On ne peut nier que l’homme ait eu au départ quelque talent, gâché cependant à force de se complaire dans le scatologique, le malsain, le faisandé, le registre facile. Pierre Desproges qui, lui, était beaucoup plus irrévérencieux envers les puissants (que l’on pense à son sketch hilarant sur les juifs!) le lui en avait d’ailleurs fait le reproche un jour alors qu’il était interrogé par Canal plus.

Coluche a incarné de manière superlative toutes les dérives de notre société sans Dieu ni maître. Consommateur invétéré de drogues au point d’avoir rendu cauchemardesque le tournage de Tchao Pantin de l’aveu même du réalisateur, le comique s’était prononcé en faveur de la légalisation du cannabis. Proposition que défendent depuis longtemps les Verts — qui montrent ainsi le peu de cas qu’ils font de la véritable écologie — et qui est aujourd’hui renouvelée par les députés socialistes désireux d’acheter le vote des jeunes générations. Or, même si la loi actuelle n’est nullement appliquée, il est évident qu’une dépénalisation de la drogue accroîtra encore son usage comme la légalisation de l’IVG a fortement augmenté le nombre des avortements. Car si une chose est permise légalement, comment s’y opposer avec efficacité? De plus, il est paradoxal de toujours vouloir renforcer les sanctions envers les automobilistes et dans le même temps de favoriser l’usage de stupéfiants dont on connaît les effets désastreux sur les conducteurs.

A l’heure où les députés socialistes, encore eux, ont déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale pour légaliser le mariage homosexuel, il n’est pas inutile de rappeler que Coluche s’était affublé d’une robe nuptiale et livré à une parodie de mariage en “épousant”, le 25 septembre 1985, devant moult caméras, l’imitateur Thierry Le Luron. Cette opération d’un goût plus que douteux n’a en tout cas pas porté chance à ses auteurs puisque l’un et l’autre sont morts l’année suivante, Coluche en se fracassant le crâne contre un camion et Le Luron en succombant à une maladie foudroyante — le sida. Par ailleurs, Coluche est probablement responsable du suicide de son meilleur ami Patrick Dewaere dont il avait dévoyé l’épouse. Par une cruelle ironie du destin, Dewaere, inconsolable après le départ de sa moitié partie rejoindre en Guadeloupe un Michel Colucci très pressant et qui venait lui-même de divorcer, se tira une balle dans la tête avec la carabine 22 Long Rifle que l’humoriste lui avait offerte quelques mois plus tôt.

Voilà l’homme que l’on continue à nous présenter un quart de siècle après sa disparition comme un saint des temps modernes. Pour notre part, nous ne communierons pas à son culte. Mais que les politiciens de droite comme de gauche se réclament de lui et lui rendent des hommages dithyrambiques n’a rien d’étonnant. La pourriture ne se plaît qu’au contact de la pourriture. »

Jerome Bourbon.

9 commentaires concernant l'article “« Coluche, l’icône de leur monde décadent »”

  1. Merci de m’avoir fait gouté cette prose, mon instinct me poussant loin de rivarol est maintenant sensé.
    Servons nous donc de Coluche comme bouc émissaire, et amalgamons tout!
    Une petite vidéo montrant que Coluche – que j’apprécie à sa juste hauteur – (cad: pas) savait aussi gueuler contre la gauche!

  2. Excellent article de Jérome Bourbon qui explose l’imposture incarnée par le pitre grossier disparu. Comme il est dit dans le meme article le regrétté Pierre Desproges n’avait pas hésité á souligner le caractère facile, répétitif, vulgaire et outrancier des numéros et saillies de l’histrion décadent.

    On était loin des talents de Pierre Dac, Francis Blanche par exemple!

  3. merci pour son article a J. Bourbon, je dois vous avouer  » Coluche  » m’ a bien fait rire avec les  » lessives « le crédit moins tu peux payer plus tu paye, ce n’est pas la maison qui est cher, c’est le crédit….. c’est vrai qu’il a vendu la vulgarité comme une marque de fabrique « anti systéme  » contre nous.

    Pouvez vous oser avoir l’idée de faire un site internet avec Pierre Dac, Francis Blanche et tous les autres

  4. précisons que de nombreux socialistes qui plaident pour la légalisation du cannabis, julien dray en tête, sont comme par hasard d’origine juive intégriste

  5. « Une société a les héros qu’elle mérite. » Dès la première phrase, tout est dit.
    Et l’exemple de la « place Coluche » de Delanoe est très pertinent. En faisant toute la liste des nom qu’il a choisi d’imposer dans la capitale, on se retrouve avec le panthéon de notre temps. Dans le désordre :

    François Mitterrand, Ben Gourion, Theodor Herzl, Mahmoud Darwich, Marie Trintignan (anciennement square de l’Ave Maria) , Jean Paul II (anciennement place du parvis de Notre Dame) , Ilan Halimi, Alende (anciennement place Santiago du Chili), Marguerite Duras, Louise Michel (au pied du sacré Coeur), Habib Bourguiba, Loulou Gasté, Simone de Beauvoir, Jean Pierre-Bloch (anciennement rue Alexis Carrel), Maurice Audin, Marlène Dietrich, Matoub-Lounès, Henri Krasucki, Marguerite Yourcenar, Olympe de Gouge, Simone de Bauvoir, Jean Jaures, Leon Blum, Blanqui, Mendes France, Mohamed Bouazizi (le vendeur ambulant qui s’est immolé, déclanchant la révolution tunisienne) etc…

    Même en faisant preuve de beaucoup de bonne fois, je n’arrive pas a trouver ce que la plupart de ces personnes on fait pour la France et pour Paris en particulier…
    L’objectif est de rentre les noms de Paris plus A gauche/féministe/homosexuel/Sioniste/Arabe..
    Cela parfois au détriment d’une toponymie jugée trop catholique.

  6. réponse à K.
    Oui Coluche était un grossier personnage. Il a fait sa notoriété sur le vulgaire, et à l’époque, c’était « original ». Homme de gauche il s’est enrichi et la défense de « la veuve et l’orphelin », du « social » et autre baliverne, que prône la gauche est un mensonge.
    On savait la droite bourgeoise or, avec l’affaire DSK, on sait la gauche milliardaire!!!
    Qu’on se le dise! Et qu’on le dise aux socialistes!

  7. Cher Marc,

    Jamais je n’ai dit le contraire, Coluche est en effet vulgaire.

    Je dis que cet article est un mic-mac incroyable et qu’il savait aussi taper sur les « socialistes qui ont de l’argent », choses bien nié ici.

    Bien cordialement,

    K.

  8. @Germanicus

    Juste à côté du Sacré-Coeur, on trouve aussi, si je me souviens bien, la rue du « Chevalier de la Barre ». Ce qui n’est évidement pas un hasard.

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