La théorie du genre : savez-vous réellement de quoi il s’agit ?

Article de fond publié l’Acropole.info : Le 30 septembre 2010, un nouveau sujet de SVT pour les classes de 1ère était officiellement annoncé : « Devenir homme ou femme ».
Dès lors, quelques phrases retenues dans les manuels scolaires, qui se prêtent à l’ambiguïté, ont suscité un véritable tollé dans l’univers de l’enseignement.
« Devenir femme ou homme : ce sera l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée [1]». Vous venez de lire les directives émanant de ministère de l’éducation. Mais au-delà de cette incitation à la liberté sexuelle, y-a-t-il matière pour  crier au loup et faire hurler les sirènes médiatiques ?

Pour vous éclairer sur cette question, nous vous renvoyons à l’excellent manuel publié par la Fondation Lejeune. Ce manuel est destiné aux jeunes,  il leur explique en des termes simples les réalités biologiques et les enjeux soulevés par les ambiguïtés et autres « couacs » présents dans leur livre scolaire. Dans l’optique d’apporter une lumière supplémentaire dans le débat, nous nous proposons  ici d’éclairer le lecteur quant à l’origine, au contenu et aux ambitions de la fameuse théorie du genre. Ainsi notre lecteur sera plus à même de juger de l’orientation de nos manuels explosifs et des enjeux soulevés !

Origine de la théorie du genre

La théorie du genre a trouvé le terreau  adéquat dans les aspirations des féministes post Mai 68.
Le féminisme initial était un courant qui se battait pour l’égalité des droits entre l’homme et la femme. Il travaillait en outre à revaloriser la femme parfois maltraitée et bien souvent oubliée dans un coin de cuisine. Il s’agissait pour beaucoup de conquérir certains droits tels que le vote, le travail à salaire égal, l’avortement, etc. Et pour d’autres de mettre à l’honneur les spécificités féminines et leur beauté, même humble.

Après Mai 68, le vent de libération souffla dans les voiles du navire et une bonne partie de l’équipage embrassa le nouveau cap : on ne luttait plus pour la femme, mais on luttait contre LA Femme.

Se dessinèrent alors deux courants féministes, tellement opposés que l’on peine à les regrouper sous le même nom [2] : les essentialistes (ou différentialistes) et les universalistes (ou radicales, ou constructivistes).

Les deux courants féministes antagonistes


Les féministes  essentialistes fondent leur réflexion sur ce postulat de base : il existe un sujet ontologique stable ; la femme est une personne douée de caractéristiques communes à tous les individus de ce sexe.

Prenant l’exact contrepied de ces affirmations, les féministes universalistes nient l’existence du sujet ontologique stable ainsi que l’identité féminine. Pourquoi ? Parce qu’elles ne raisonnent pas de cette manière : nature (donnée et déterminante), donc  identité correspondante, donc  rôle social (à revaloriser)…. Mais de cette manière : rôle social (injuste et insupportable), donc  identité (socialement construite), donc  nature (justificatif inventé).

Mais laissons la parole à l’une de leur théoriciennes : « Pour résumer de façon très schématique notre travail, nous pensons que le genre – les positions sociales respectives des femmes et des hommes – n’est pas construit sur la catégorie (apparemment) naturelle du sexe ; mais qu’au contraire le sexe est devenu un fait pertinent, et donc une catégorie de la perception à partir de la création de la catégorie de genre, c’est-à-dire de la division de l’humanité en deux groupes antagonistes dont l’un opprime l’autre, les hommes et les femmes [3]».

Le féminisme universaliste


Le féminisme universaliste est celui qui tente de prévaloir aujourd’hui, du moins est-il celui qui mène la dance sur le terrain politique et associatif. Exposons donc un peu mieux cette doctrine « radicale ».Comment expliquer l’inversion logique que nous venons d’énoncer dans les paragraphes précédents ?

On la conçoit lorsqu’on fait intervenir ce donné capital pour les universalistes : l’hétérosexualité est un outil politique. (En effet, la famille étant la cellule première, constitutive de toute société, il faut parvenir à stabiliser cette cellule en faisant la promotion de l’hétérosexualité, puis de la forme patriarcale, en interdisant le divorce, etc.). « La catégorie de sexe est une catégorie politique qui fonde la société en tant qu’hétérosexuelle. (…) La catégorie de sexe est la catégorie qui établit comme  »naturelle la relation qui est à la base de la société (hétérosexuelle) et à travers laquelle la moitié de la population – les femmes – sont  »hétérosexualisées » (…) et soumises à une économie hétérosexuelle »[4] ».  Alors on comprendra aisément que le pouvoir politique a tout intérêt à justifier naturellement ou moralement l’obligation de l’hétérosexualité : en faisant des rôles féminin et masculin des états de fait voulus par leur identité respective, puis en façonnant  ces identités  sur la base d’une prise de conscience (ou appropriation) de leur substrat naturel.

Cette justification théorique opérée par le pouvoir est une pure construction puisque le statut de la femme est injuste et ne peut donc avoir été voulu ou déterminé par la nature.  Mais de toute façon il n’existe pas de nature pour une universaliste :

« Ainsi, le genre est toujours un faire, mais non le fait d’un sujet qui précèderait ce faire. Repenser les catégories du genre en dehors de la métaphysique de la substance est un défi à relever à la manière de ce que Nietzsche notait dans La généalogie de la morale : à savoir qu’ « il n’y a point d’’’être’’ caché derrière l’acte, l’effet et le devenir ; l’’’acteur’’ n’a été qu’’’ajouté’’ à l’acte –l’acte est tout ».[5] ».

On peut dire que le travail lent et minutieux du pouvoir est plutôt bien réussi puisque « chacun de nous est la  »somme » des transformations effectuées par les mots. Nous sommes à ce point des êtres sociaux que même notre physique est transformé (ou plutôt formé) par le discours – par la somme des mots qui s’accumulent en nous [6]».

« Vous dites ? … Une objection ? »

« Mon bon sens se braque ! Je ne peux gober de telles inepties ! », pensez-vous…
Le découpage de l’humanité en ‘’homme’’ et ‘’femme’’ est un phénomène évident et universel, il faut se lever de bonne heure pour nier cette réalité constatable par tous. De plus, chacun pourra observer les qualités physique et psychologique  propre à l’un ou l’autre sexe : des propriétés qui sont variables, certes, mais tout de même suffisamment constantes pour qu’on puisse les remarquer.

Votre objection n’effraye aucunement nos féministes. Lisez plutôt : « Pour la plupart des gens, y compris des féministes, le sexe anatomique et ses implications physiques dans la procréation crée ou permet la domination d’un groupe sur l’autre. J’inverse la série sexe anatomique/division du travail/domination : c’est l’oppression qui crée le genre. La hiérarchie de la domination du travail est antérieure, d’un point de vue logique, à la division technique du travail.

C’est elle qui la génère et qui crée les rôles sexuels, ce qu’on appelle le genre, et le genre à son tour, génère le sexe anatomique en transformant en distinction socialement pertinente une différence anatomique en elle-même dépourvue d’implications sociales. Les positions sociales respectives des femmes et des hommes ne sont pas construites sur la catégorie apparemment naturelle du sexe : au contraire, le sexe devient un fait pertinent, une catégorie de la perception, à partir du genre, c’est-à-dire de la division de l’humanité en deux groupes antagonistes dont l’un opprime l’autre : les hommes et les femmes. Aujourd’hui, ce que j’appelle matérialisme pourrait aussi s’appeler constructivisme social. Il s’agit d’une démarche antinaturaliste qui affirme la primauté des rapports sociaux. Ce qui est perçu ou non, ne peut jamais préexister à un ordre social[7] ».
En effet, le sexe, selon elles, est une réalité anatomique qui n’a pas plus d’importance que la couleur des yeux par exemple et qui ne justifie aucunement le découpage de l’humanité en deux identités types, féminine et masculine. « Je conclus que le genre n’avait pas de substrat physique,  – plus exactement, que ce qui est physique (et dont l’existence n’est pas en cause) n’est pas le substrat du genre. Qu’au contraire c’était le genre qui créait le sexe : autrement dit, qui donnait un sens à des traits physiques qui, pas plus que le reste de l’univers physique, ne possèdent de sens intrinsèque[8] ».  Ou encore, dénonçant la position essentialiste : « En effet, la perception dépend de la signification – on ne perçoit que ce qui a un sens. Et le sens étant une chose humaine, seuls les humains peuvent le donner. Or l’idée d’un genre assis sur un sexe présuppose que le sexe existe avant et indépendamment du sens qui lui est donné : qu’il a un sens par lui-même. C’est la difficulté majeure de cette position[9] ».

Pour les universalistes, le sexe est du genre. C’est-à-dire que le sexe, en tant que réalité signifiante, est une construction sociale, établie par le pouvoir, dans le but de fonder les relations hétérosexuelles.

Alice Lespinet

11 commentaires concernant l'article “La théorie du genre : savez-vous réellement de quoi il s’agit ?”

  1. Les petits garçons aiment les soldats, et les petites filles les poupées…Les grands garçons aiment les poupées, et les grandes filles les soldats! C’est ma théorie à moi quant au « gender », et je l’ai maintes fois vérifiée.

  2. Si je peut encore me permettre … 🙂

    Les gens qui font l’ENA : nos politique actuels, dont éric de AgoraVox montrent qu’ils sont tous issu de l’ENA, parce que sélectionné de la même façon, ils ont tous des QI élevés, même Hollande, même Royal, ils sont sélectionné en fonction d’une forme d’intelligence et se font connaissance les uns avec les autres sur les bancs des grandes écoles; Mais la forme d’intelligence qu’ils ont est remise en question par un type du site planète UMP :

    http://www.planete-ump.fr/t24554-Les-enarques-Hollande-Aubry-sont-ils-obsoletes.htm

    Désolé pour le dérangement :-p

  3. Quel que soit le degré d’intelligence des hommes, elle est un don de Dieu et doit être tourné vers le Bien. Vers Dieu.
    A partir du moment où on se sert de la ruse, de la fourberie et de tout ce qui peut être une conséquente de notre intelligence que l’on détourne volontairement de son but au profit du Mal, elle est la révélation du « Non serviam » de Lucifer, l’archange le plus beau et le plus intelligent des quatre. Lucifer qui veut dire Lumière de Dieu, c’est pas rien comme nom quand même. Dieu a demandé aux Anges de se mettre au service des hommes par l’intermédiaire de Marie, ce que Lucifer n’a pas accepté jugeant l’homme trop inférieur à lui-même, alors une femme pensez donc ! Il s’est détourné de Dieu. Que font les politiciens si ce n’est de se croire bien supérieurs au commun des mortels et se supposer les seuls à les gouverner ?

  4. Ces femmes-braguettes se fondent sur la science qui révèle la parthénogénèse chez les abeilles. Et pour cela, elle pensent qu’on pourra trouver un jour le moyen de se passer de la semence de l’homme.
    En attendant, elles veulent faire procéder à des grossesses dans des utérus en silicone ; on a déjà le bébé éprouvette me direz-vous ; oui, mais l’utérus en silicone permettrait de développer toute la grossesse, pas seulement quelques jours dans un tube.
    Docteur Frankenstein n’est pas un simple roman finalement.

  5. Wilsdort

    Si que j’ai bien comprendu, les petits garçons aiment les soldats et les petites filles les poupées. Pis après les grands garçons aiment les petits garçon et les soldats jouent à la poupée? j’ai pô bien retiendu là. J’membrouille… ça doit être le « gendre » dont on cause?

  6. 🙂 Si l’identité naturelle n’est qu’une vue de l’esprit, elle a encore de beaux restes comme on le constate dans un de leur sujet de réflexion:

    Les hommes proféministes : compagnons de route ou faux amis ? Francis Dupuis-Déri

    …l’auteur montrera, dans une perspective féministe radicale matérialiste (Christine Delphy), que les hommes, même les mieux intentionnés, sont toujours privilégiés en tant que mâle. Il proposera conséquemment que les hommes proféministes s’engagent dans un processus de disempowerment. En reprenant la distinction entre le « pouvoir sur » (pouvoir de domination) et le « pouvoir de » (pouvoir d’agir), l’auteur clarifiera ce qu’il entend par disempowerment, soit un processus par lequel des hommes devraient travailler individuellement et collectivement à limiter le pouvoir qu’ils exercent sur les femmes et les féministes. Il rappellera enfin que, malgré leurs bonnes intentions, l’engagement des hommes proféministes recèle toujours un potentiel problématique pour des féministes et que c’est le rapport de force créé et entretenu par des féministes qui pousse des hommes à se dire proféministes et qui limite les effets négatifs de leur engagement.

    http://www.tumultueuses.com/Les-hommes-profeministes

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