
Une anecdote révélatrice et quelques chiffres que vous ne trouverez ni chez C-News, ni chez Frontières, ni chez Boulevard Voltaire.
En Palestine, occupée ou pas pour l’instant, ce ne sont pas des islamistes qui persécutent les chrétiens.
« Le 24 janvier 2026, Najat Jadallah Emeid, une femme chrétienne palestinienne, a été grièvement blessée lors d’une attaque menée par des colons israéliens contre sa maison à Birzeit, une ville située au nord de Ramallah, non loin du point de contrôle militaire d’Atara.
Les colons ont d’abord fait paître leur bétail à proximité du domicile de Najat, puis ont délibérément détruit les cultures de la famille, avant de lancer des pierres contre les murs et les fenêtres de l’habitation.
Najat, âgée de 62 ans, a eu le crâne fracturé lors de l’attaque et est actuellement hospitalisée.
Son fils Nafiz a également été blessé aux mains et souffre de plusieurs contusions. Son frère, Eid Emeid, s’est fracturé une main et un doigt en tentant de repousser les colons après avoir vu leur mère gisant au sol, ensanglantée et presque inconsciente.
Pris pour cible à coups de pierres, il a riposté, blessant l’un des assaillants à la tête. Surpris, les colons ont appelé l’armée, qui a arrêté plusieurs membres de la famille chrétienne. Les soldats ont pénétré dans la maison et interpellé Eid, Nafiz ainsi que leurs cousins Saeb et Basem. Seul Nafiz a ensuite été relâché.
« Nous n’avons pas attaqué les colons ; nous ne les avons pas agressés. Nous nous sommes défendus, nous avons défendu notre maison et notre terre contre leur attaque barbare », a expliqué Nafiz.
Nariman Koura, une autre fille de Najat, assure que « ce n’est pas la première attaque » visant la famille, mais la plus récente d’une longue série d’incidents hostiles, souvent commis, selon elle, avec la complaisance des autorités et des forces armées.
« Les colons amènent régulièrement leurs troupeaux ici pour nous harceler et tenter de nous contraindre à partir », explique-t-elle.
Bien que redoutant de nouvelles violences, la famille affirme sa détermination à rester : « Quoi qu’ils fassent, nous ne quitterons pas notre terre. »
Après l’incident, des appels à la violence ont circulé sur les réseaux sociaux, exhortant à la démolition de la maison et à des attaques contre Birzeit et Atara, sans mentionner l’agression de la mère âgée. Wadie Abunassar, coordinateur du Forum chrétien de Terre sainte, a condamné ces faits ainsi que l’arrestation des membres de la famille par l’armée, se disant « sans voix » face à l’ampleur croissante des violences commises par les colons et l’impunité dont ils bénéficieraient.
Selon le Haut Comité présidentiel pour les affaires ecclésiastiques, 41 attaques visant des chrétiens ont été recensées au premier trimestre 2025, comprenant insultes verbales, crachats, jets de pierres et agressions physiques.
Au deuxième trimestre, 69 faits similaires ont été signalés, comprenant notamment des profanations de lieux saints, des actes de vandalisme et des insultes. La ville palestinienne de Taybeh, devenue l’an dernier un symbole de ces violences, en fournit un exemple marquant.
Par ailleurs, entre le 23 décembre 2025 et le 5 janvier 2026, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a documenté 44 attaques de colons en Cisjordanie, ayant causé d’importants dégâts matériels et fait au moins 33 blessés palestiniens, dont des enfants.
Cette situation a également entraîné le déplacement d’environ une centaine de familles palestiniennes, contraintes de fuir sous les menaces et l’intimidation. Des militants locaux évoquent un « plan de nettoyage ethnique » visant certaines localités.
source : SOS Chrétiens d’Orient, avec Vatican news, asia news