Les véritables raisons de l’intervention française en Côte d’Ivoire

C’est une véritable coalition diplomatique qui s’est abattue sur Laurent Gbagbo suite à l’annulation, par le Conseil Constitutionnel,  de la victoire de son rival Alassane Ouattara. Pourquoi la France s’est-elle ainsi positionnée en sa faveur ? Certes, comme les médias le relaient sans arrêt, Alassane Ouattara a occupé de hauts postes en tant que fonctionnaire ou politicien. Le plus symbolique étant celui de Directeur adjoint du FMI entre 1994 et 1999. De ces années, lui restent les séquelles d’une politique libérale, renforçant sa position et son crédit auprès de la France. L’histoire d’amour entre le président élu de Côte d’Ivoire, mais contesté, et la France commence en 1990, lorsqu’Alassane Ouattara épouse Dominique Novion. Le mariage entre les deux tourtereaux est célébré par un certain… Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine.

Femme d’affaires française, elle gère la fortune de plusieurs présidents africains. Le président Ivoirien de l’époque, Félix Houphouët-Boigny, ou encore le défunt, Omar Bongo, lui confient leurs propriétés immobilières. Sa société, le Groupe AICI International, a depuis ouvert différentes agences en Afrique et plus particulièrement à Yamoussoukro, capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire. Les liens qui unissent les deux hommes vont bien au-delà du simple cadre politique. Alassane Ouattara le confirme lui-même. Dans une interview au site JeuneAfrique.com, il explique que le président français est « un ami ». « Je lui téléphone chaque fois que je passe par Paris et je le vois de temps à autre », ajoute-t-il.

Alassane Ouattara en visite à l’Elysée

600 entreprises françaises en Côte d’Ivoire

Les deux politiciens partagent cette amitié avec des hommes d’affaires français dont Martin Bouygues ou Vincent Bolloré, pour les plus connus. « B and B », comme ils sont surnommés à Abidjan, ont profité, avec d’autres industriels français, de la privatisation des secteurs vitaux de l’économie ivoirienne pour s’implanter dans le pays. Une privatisation, au profit d’entreprises françaises, réalisée par Alassane Ouattara, lui-même, alors qu’il était le Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny. Pour exemple : la société Dafci. Filiale du groupe Bolloré jusqu’en 2004, elle est spécialisée dans le négoce du café et du cacao en Côte d’Ivoire. Deux produits qui sont les fleurons de l’économie ivoirienne. Bolloré, possède aussi la Sitarail, société qui gère la ligne ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou, et qui exerce un monopole sur les activités du port de conteneurs d’Abidjan. Ses intérêts économiques s’étendent bien au-delà de la Côte d’Ivoire ; il finance la fondation de l’épouse du président camerounais. Leur retrait du pays aurait de fortes conséquences économiques et sociales. En tout, près de 600 entreprises françaises sont implantées dans le pays moteur de l’Afrique de l’ouest.

Même s’il se défend d’être le candidat de l’Elysée, « la France souhaite que les Ivoiriens élisent démocratiquement leur président, […] moi aussi » a-t-il confié à JeuneAfrique.com, Alassane Ouattara entretient des liens proches avec des politiciens et des industriels français présents en Côte d’Ivoire. De là à expliquer la position de la France dans ce dossier brûlant ? Il n’y a qu’un pas que beaucoup ont franchi. Une attitude critiquée et qualifiée de suivisme de celle des États-Unis.

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