Belgique : Laura, 24 ans, en bonne santé physique, sera euthanasiée cet été

Laura

Ceux qui mettaient la Belgique en garde lorsqu’elle adoptait l’une des premières lois d’euthanasie au monde voient leurs inquiétudes devenir réalité…

La dernière histoire en date est racontée par le journal belge De Morgen, qui a rencontré « Laura », 24 ans, candidate à l’euthanasie. Elle est en excellente santé physique, de nombreux amis l’entourent, elle aime sortir et boire du bon café. Mais sa vie prendre fin cet été. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas envie de vivre. Ses dépressions la tourmentent : depuis trop longtemps, elle s’imagine que « vivre, ce n’est pas son truc ».

L’histoire de la jeune femme est terrible. Elle naît dans une famille qui éclate à cause de la violence et de l’alcoolisme de son père. Elle est séparée de son père pour des raisons de sécurité et sera donc élevée par ses grands-parents maternels, qui lui offrent sécurité, affection, structure. Malgré tout, dès la grande section, elle se demande se qu’elle fait sur terre. A six ans, elle rêve de se tuer. C’est le début d’un long tunnel, qui passera par l’automutilation, l’incompréhension, les souffrances.

Laura a besoin de croire que ce n’est pas son enfance chaotique qui lui a donné ce désir d’autodestruction : « Même si elle a contribué à ma souffrance, je suis convaincue que j’aurais eu ce désir de mort si j’avais grandi dans une famille tranquille et stable. Je n’ai tout simplement jamais voulu vivre. »

Après une scolarité difficile, marqué par les comportements autodestructeurs dont la gravité n’a pas frappé les responsables de l’école, Laura se lance dans le théâtre, emménage avec une amie : « J’avais tout en fait : un appartement sympa, une passion amoureuse très agréable, j’étais occupée à plein temps par le théâtre ». La voilà donc au sein d’une relation homosexuelle qu’elle lâche après s’être disputée avec son amie en raison de sa dépression.

A ce moment-là un psychiatre la met au défi de se faire interner, en abandonnant le théâtre. Elle se laisse convaincre et découvre une vie « lourde » : ses automutilations augmentent en intensité, elle se frappe contre les murs. Elle a l’impression d’abriter un monstre qui cherche à s’échapper de son corps. L’agressivité, la colère, la douleur ne sont en rien soignés par les psychiatres et Laura est une patiente si difficile qu’elle est régulièrement renvoyée chez elle pour que le personnel puisse souffler.

C’est à l’asile psychiatrique qu’elle rencontre Sarah, qui organise précisément sa propre euthanasie. Laura est séduite : les deux femmes parlent de la mort et elle décide de réclamer elle aussi une piqûre mortelle. Entre la demande et l’exécution, il faut compter entre un an et dix-huit mois. Laura a fait cette demande ; l’échéance est pour l’été.

Il lui a fallu d’abord acquérir la conviction – à l’aide de sa thérapie – que son enfance n’était pas la cause de ses souffrances, mais quelque chose qu’elle porte en elle. Laura ne se supporte pas… Elle souffre d’un mal de notre temps, lié à l’identité et à l’être. Trois médecins ont décidé qu’elle souffrait de manière insupportable et qu’elle doit pouvoir mourir.

A l’heure actuelle, Laura s’efforce d’offrir à ses proches – sa mère, ses grands-parents – le plus de présence possible. Et elle organise tout : sa mort dans le studio où elle passe deux jours par semaine, ses funérailles… « Je trouve cela agréable d’y penser. » Elle prépare ses dernières paroles.

Voilà où mène l’autonomie du patient, poussée à l’extrême. Voilà où mène la faillite d’un système qui ne sait plus donner de raisons de vivre.

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