Thierry Meyssan : fin de partie au Proche-Orient

Depuis onze mois, les puissances occidentales et du Golfe conduisent une entreprise de déstabilisation de la Syrie. Plusieurs milliers de mercenaires se sont infiltrés dans le pays. Recrutés par des officines de l’Arabie saoudite et du Qatar au sein des milieux extrémistes sunnites, ils sont venus renverser « l’usurpateur alaouite » Bachar el-Assad et imposer une dictature d’inspiration wahhabite. Ils disposent du matériel militaire le plus sophistiqué, incluant des systèmes de vision nocturne, des centraux de communication, et des robots de combat urbain. Soutenus en sous main par les puissances de l’OTAN, ils ont en outre accès aux renseignements militaires indispensables, notamment des images satellites des déplacements des troupes syriennes, et des interceptions téléphoniques.

Cette opération est présentée mensongèrement au public occidental comme une révolution politique écrasée dans le sang par une dictature sans pitié. Bien sûr, ce mensonge n’est pas universellement accepté. La Russie, la Chine et les États américains membres de l’ALBA le récusent. Chacun dispose en effet d’expériences historiques qui leur permettent de comprendre rapidement ce qui est en jeu. Les Russes pensent à la Tchétchénie, les Chinois au Xinkiang, et les Américains à Cuba et au Nicaragua. Dans tous ces cas, au-delà des apparences idéologiques ou religieuses, les méthodes de déstabilisation de la CIA étaient les mêmes.

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Groupe d’opposants au gouvernement syrien, appartenant à la nébuleuse communement appelée « armée syrienne libre ».

Le plus étrange dans cette situation est d’observer les médias occidentaux s’auto-persuader que les salafistes, les wahhabites et les combattants de la mouvance Al-Qaïda sont épris de démocratie, alors que ces derniers ne cessent d’appeler sur les chaînes satellitaires saoudiennes et qatarie à égorger les hérétiques alaouites et les observateurs de la Ligue arabe. Peu importe qu’Abdelhakim Belhaj (numéro 2 d’Al Qaida et actuel gouverneur militaire de Tripoli, Libye) soit venu personnellement installer ses hommes au Nord de la Syrie, et qu’Ayman Al-Zawahiri (numéro 1 d’Al-Qaïda depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden) ait appelé au jihad en Syrie, la presse occidentale poursuit son rêve romantique de révolution libérale.

Le plus ridicule, c’est d’entendre les médias occidentaux répéter servilement les imputations quotidiennes de la branche syrienne des Frères musulmans diffusant des dépêches sur les crimes du régime et ses victimes, sous la signature de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme. Et d’ailleurs, depuis quand cette confrérie de putschistes s’intéresse t-elle aux Droits de l’homme ?

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Ayman Al-Zawahiri, numéro 1 d’Al-Qaida depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden, a appelé au jihad aux côtés des Occidentaux pour faire tomber le régime baasiste syrien.

Il aura suffi que les services secrets occidentaux mettent en scène un fantoche « Conseil national syrien », avec pour président un professeur de la Sorbonne et pour porte-parole la maîtresse de l’ancien patron de la DGSE, pour que des « terroristes » deviennent des « démocrates ». En un tour de main, le mensonge est devenu vérité médiatique. Les personnes enlevées, mutilées et assassinées par la Légion wahhabite sont devenues dans la presse des victimes du tyran. Les conscrits de toutes confessions qui défendent leur pays face à l’agression sectaire sont devenus des soldats alaouites opprimant leur peuple. La déstabilisation de la Syrie par des étrangers est devenue un épisode du « Printemps arabe ». L’émir de Qatar et le roi d’Arabie saoudite, deux monarques absolus qui n’ont jamais organisé d’élections nationales dans leurs pays et embastillent les contestataires, sont devenus des chantres de la révolution et de la démocratie. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, qui viennent de tuer 160 000 Libyens en violation du mandat qu’ils avaient reçu du Conseil de sécurité, sont devenus des philanthropes responsables de la protection des populations civiles. Etc.

Cependant la guerre de basse intensité que la presse occidentale et du Golfe dissimule derrière cette mascarade a pris fin avec le double veto russe et chinois du 4 février 2012. L’OTAN et ses alliés ont été sommés de cesser le feu et de se retirer, au risque d’assumer une guerre régionale, voire mondiale.

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Le président syrien Bashar al-Assad et le ministre russe des affaires étrangères Serguei Lavrov le 7 février à Damas.

Le 7 février, une importante délégation russe, incluant les plus hauts responsables du renseignement extérieur, est arrivée à Damas où elle a été accueillie par une foule en liesse, certaine que le retour de la Russie sur la scène internationale marquait la fin du cauchemar. La capitale, mais aussi Alep, la seconde ville du pays, pavoisaient aux couleurs blanc, bleue, rouge, et défilaient derrière des banderoles écrites en cyrillique. Au palais présidentiel, la délégation russe a rejoint des délégations d’autres États, notamment de la Turquie, de l’Iran et du Liban. Une série d’accords a été conclue pour le retour à la paix. La Syrie a restitué 49 instructeurs militaires faits prisonniers par l’armée syrienne. La Turquie est intervenue pour faire libérer les ingénieurs et les pèlerins iraniens enlevés, y compris ceux qui étaient détenus par les Français (au passage, le lieutenant Tlass qui les séquestrait pour le compte de la DGSE a été liquidé). La Turquie a cessé tout soutien à l’ « Armée syrienne libre », a fermé ses installations (hormis celle située sur la base de l’OTAN à Incirlik), et a livré son chef, le colonel Riad el-Assad. La Russie, qui s’est portée garante des accords, a été autorisée à réactiver l’ancienne base soviétique d’interception du Mont Qassioum.

Le lendemain, le département d’État des États-Unis a informé l’opposition syrienne en exil qu’elle ne devait plus compter sur une aide militaire US. Comprenant qu’ils ont trahi leur pays pour rien, les membres du Conseil national syrien son partis en quête de nouveaux sponsors. L’un d’entre eux allant même jusqu’à écrire à Benjamin Netanyahu pour lui demander d’envahir la Syrie.

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Déploiement de l’armée libanaise lors de son opération au nord du pays.

Après un délai de deux jours nécessaire à la mise en œuvre des accords, les armées nationales non seulement de la Syrie, mais aussi du Liban, ont donné l’assaut des bases de la Légion wahhabite. Au Nord du Liban, un gigantesque arsenal a été saisi à Tripoli et quatre officiers occidentaux ont été faits prisonniers dans le Akkar dans une école désaffectée de l’UNRWA transformée en QG militaire. En Syrie, le général Assef Chawkat en personne a commandé les opérations. Au moins 1 500 combattants ont été faits prisonniers, dont un colonel français du service technique de communication de la DGSE, et plus d’un millier de personnes ont été tuées. À ce stade, il n’est pas possible de déterminer parmi les victimes combien sont des mercenaires étrangers, combien sont des Syriens collaborant avec les forces étrangères, et combien sont des civils pris au piège de la ville en guerre.

Le Liban et la Syrie ont rétabli leur souveraineté sur l’ensemble de leur territoire.

Des intellectuels débattent de savoir si Vladimir Poutine n’a pas commis une erreur en protégeant la Syrie au prix d’une crise diplomatique avec les États-Unis. C’est une question mal posée. En reconstituant ses forces durant des années et en s’affirmant aujourd’hui sur la scène internationale, Moscou a mis fin à deux décennie d’un ordre mondial unipolaire dans lequel Washington pouvait étendre son hégémonie jusqu’à parvenir à une domination globale. Le choix n’était pas de s’allier soit à la petite Syrie, soit aux puissants USA, mais de laisser la première puissance du monde détruire un État de plus ou de bouleverser les rapports de force et de créer un ordre international plus juste dans lequel la Russie a son mot à dire.

17 commentaires concernant l'article “Thierry Meyssan : fin de partie au Proche-Orient”

  1. L’inattendu se produit !
    Bachar n’a pas la stature de son père : c’est un intellectuel , il ne semble pas fait pour gouverner son pays .
    Son père comprenait d’instinct qu’il ne faut pas laisser une rébellion se développer . L’écraser dès son éclosion , c’est la meilleure façon de limiter la casse et d’assurer l’avenir .
    Quant au petit colonel du KGB il faut le soutenir , inconditionnellement . Notre avenir n’est pas avec les naufrageurs sionistes !
    Dehors , la clique Sarko-Hollande . Ces deux-là ne sont ni de gauche ni de droite , ce sont des figures de ce que notre grand Jules Michelet appelait  » l’anti-France « .

  2. Personnellement, je trouve que l’arrivée de ces islamistes un peu partout serait plutôt une « bonne nouvelle » pour les raisons suivantes:

    – Les pays islamistes n’exportent que peu leurs populations dans les pays occidentaux,
    – Le choc des civilisations que beaucoup attendent se profile de façon certaine,
    – Cela nous donne des arguments pour lutter contre l’immigration,
    – Ca n’arrange pas les affaires de ce pôvre israel qui se retrouve chaque jour plus isolé.

    Je préfère un islamique qui vit de ses traditions sur sa terre plutôt à un « arabe » mondialisé qui rêve de venir en Europe pour acheter une paire de Nike.

  3. D’accord avec Albert ! Il faut s’unir pour s’opposer aux visées hégémoniques de l’axe Washington-Jérusalem !

  4. Entièrement d’accord avec Mur du Sion, à une nuance près : ces populations ne viennent pas pour une paire de pompe de marque ou pour les aides sociales ( enfin pas que…). Leur motivation est principalement de remplir le ventre des jeunes décérébrées par l’athée-levy-sion ( pour s’en convaincre il y a qu’à regarder les PAN/PAB dans les rues ). Et tout ça pour le plus grand bonheur des mondialistes cosmopolites et leur lobby qui-n’existe-pas.

  5. en fait , c’est israel qui veut faire main basse sur la Syrie et c’est pourquoi ses paillassons sionistes occidentaux incitent à cette guerre criminelle qui n’a rien de démocratique !
    israel voudrait surtout s’approprier tous les territoires Syrie /Irak, Iran / Lybie et jusqu’à Bakou ,dans leurs délires de crapauds voulant se faire plus gros que le beauf americain asservi à leur propagande sioniste ., Et bien sur s’approprier tous les gisements et routes du pétrole de la frontière chinoise jusqu’au Maroc !!
    Heureusement l’ours russe de Poutine et le dragon chinois ne vont plus laisser faire ces cinglés qui en plus sont cul et chemise avec les wahabites qui financent le terrorisme islamiste depuis des années !

  6. Bachar, le médecin spécialiste réputés de Londres à tout à fait était à la hauteur de la situation, Bravo, respect….il restera dans l’Histoire

    Content de voir mes frères, Viking de Russie, (Varéque) après avoir résisté à l’américanisation forcé de leur Pays, suite à l’effondrement du système Soviétique, la Russie s’est trouvé confronté au défi de renouer avec d’autre source d’identité….

    l’effondrement des Soviets a libéré les Russes de la tutelle de ce nous appelons le Politiquement correct, ils ont une liberté de parole et de pensée chez eux, beaucoup plus libre que chez nous : les Droits de l’Hommiste…

    Les Occidentaux étaient fort aise de ricaner sur une Union Soviétique en proie à une idéologie stupide et victime d’un système économique idiot. Ces 2 handicaps surmontés, la Russie nous a montré avec la Syrie et demain, l’Iran, son grand Retour.

    L’avenir de l’Europe est avec les Russes, pourquoi ? les deux futurs dominants : partenaire/adversaire seront les USA et les chinois, ils feront tout, pour empêcher de nouveaux acteurs d’acquérir une indépendance, une autonomie, pouvant remettre en cause leurs sphères d’influence et de partage du monde…

    l’intérêt des Bombricains s’est de développer une insécurité aux frontières de l’Europe servant directement leur complexe militaro-industriel, tout en freinant le développement économique de nos proches voisins, tout en s’appropriant leur ressources. L’effet de cette politique est de pénaliser, en privant leurs produits de débouché, la croissance de l’Europe et de la Russie.

    L’Europe est particulièrement visé par l’effondrement :

    L’immigration/invasion organisé par les Juifs avec l’aide des Loges Maconique à leurs ordre : coûte notre l’argent, nos impôts… apporte des cultures et des QI décadents : Les Blancs sont destinés à devenir des Palestiniens en Europe… Des doutes, en 2011 les naissance en Iles de France des extra Européens ont été supérieur à celle des Européens, bientôt, nous les Blancs, nous seront chez nous, chez EUX… pas dans 100 ans, dans 10/20 ans, donc demain.

  7. Le « contenu » des « JiTé » (je mets des guillemets à « contenu », puisqu’il s’agit surtout d’un contenant…) s’est miraculeusement transformé ! On dirait que tous les journaleux ont subitement « débugé » de la Syrie…! (Bravo Thierry Meyssan, et merci « contre-info »).

    ces gratte-chiures sont vraiment des rats ! (aujourd’hui, c’est commentaires sportifs à rallonge et cure de nouilles en Grèce…).

  8. Albert dit: « Dehors , la clique Sarko-Hollande . Ces deux-là ne sont ni de gauche ni de droite , ce sont des figures de ce que notre grand Jules Michelet appelait » l’anti-France « »

    Mais dites-le clairement, les deux sont juifs et si Sarkozy n’a jamais caché ses origines séfarades, les médias se gardent bien d’aborder ce sujet à propos de Hollande et pourtant ils l’est et il faudrait bien que le peuple de France le sache.

  9. Bravo encore, Thierry Meyssan est d’une intelligence lumineuse et fait un travail extraordinaire pour donner une version alternative et surtout, logique et fondée de la réalité.
    En cela, Thierry Meyssan fait partie des grands résistants au Nouvel Ordre Mondial promu en France par l’ensemble de a classe politicienne, UM-PS en tête !
    Je bénis cet homme et je lui déclare mon admiration et ma reconnaissance pour ce qu’il fait, pour redorer un peu le blason terni de mon pays, souillé par les crimes Sarkozystes. Pays qui se prétend démocratie, avec « Liberté-égalité-fraternité » sur les frontons de nos mairies, et qui avance l’agenda des Elites criminelles et corrompues !
    Le discours du CRIF m’a glacé le sang, constatant la haute trahison au peuple Français et les projets d’entraîner le pays dans une guerre sanglante et injuste de plus (après la Lybie)… Nous avons tant besoin d’entendre enfin la voix de la vérité.

    Merci à Thierry Meyssan.

  10. Comment ose t-on arborer des mots comme liberté égalité fraternité en France alors qu’il ne s’agit que de mots vides de sens dans ce pays. Ce mots n’ont de valeur que pour des politiciens pouris : liberté de tuer un pays, égalité seulement pour eux et eux seulement , fraternité entre gens de la même obédience ou faisant partie du petit peuple qui n’existe pas mais les deux sont possibles. Comme ça on est certain de tout avoir.
    Quand au benêt de peuple français : Qu’il crêve !

  11. LES FRUITS DU REDÉPLOIEMENT NEOCON-SIONISTE AU MOYEN ORIENT :LIQUIDATION DES CHRÉTIENS UN PAYS APRÈS L’AUTRE: CHRÉTIENS D’IRAK , COPTES D’EGYPTE MAINTENANT CHRÉTIENS DE SYRIE :

    VOR AUSSI : http://www.maryakub.org

    (BRAVES INSURGÉS DE « LA RÉVOLUTION DEMOCRATIQUE SYRIENNE » BIEN AIMÉE DE NOS OBAMA , BHL, DE NOS DROIT-DE-L’HOMMISTES ET DE NOTRE PRESSE COUCHÉE… !!! )

    *SYRIE: LA CHASSE AUX CHRETIENS ET AUX ALAOUITES A COMMENCÉ DANS CERTAINS QUARTIERS DE HOMS

    L’insurrection armée « s’islamise » de plus en plus

    par Kipa Apic

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29175

    Damas, 9 février 2012 (Apic) L’insurrection armée en Syrie « s’islamise » de plus en plus, d’après divers témoignages récoltés sur place par l’agence de presse catholique AsiaNews, à Rome. Le patriarche melkite Grégoire III Laham, qui réside habituellement dans la capitale syrienne Damas, refuse cependant pour l’instant de qualifier d’intercommunautaire le conflit qui ensanglante son pays.

    4 (suite 2)L’agence de presse catholique AsiaNews affirme le 8 février que la violence augmente chaque jour davantage contre les minorités alaouites et chrétiennes, et contre tous ceux qui sont soupçonnés d’être du côté du gouvernement.

    Il faut poser le problème en termes sociaux, « parler de citoyens syriens, et non pas de chrétiens », assure de son côté le patriarche Grégoire III. Dans une interview publiée mardi 7 février dans le quotidien francophone « L’Orient-Le Jour », publié à Beyrouth, il considère que le problème n’est pas religieux, « même si certains introduisent cet élément dans leur analyse ». Il n’empêche que les trois évêques de Homs et de Hama, un prélat catholique et deux orthodoxes, ont quitté la ville, annonce pour sa part l’agence de presse missionnaire Misna à Rome. « Seuls des prêtres orthodoxes et quelques autres catholiques sont restés à Homs ».
    La violence vient des deux partis en conflit

    Selon les témoignages recueillis sur place par l’agence AsiaNews, la situation interne en Syrie montre des signes d’une radicalisation confessionnelle croissante. Si ces témoins veulent rester anonymes pour raison de sécurité, c’est parce que ceux qui ne partagent pas la vision des groupes armés sont repérés et souvent éliminés physiquement.*

    Ces témoignages vont à l’encontre de la vision simpliste des médias internationaux qui s’appuient trop souvent sur des sources militantes et non vérifiées. « Nos sources sont des voix qui racontent une histoire différentes de celle qui prévaut dans les mass médias, et qui montrent que la violence exercée sur la population vient des deux partis en conflits », souligne AsiaNews.

    OBEIR AUX INSURGES OU MOURIR

    Ainsi, note-t-elle, deux jeunes pères de familles ont été tués à Homs, « mais pas par l’armée… » Leur unique faute, être allés acheter du pain pour tous ceux qui avaient trop peur pour sortir de leur maison. Ils ont été abattus dans la boulangerie. D’autres ont été assassinés uniquement parce qu’ils travaillaient dans leur magasin et n’avaient pas adhéré à la paralysie de la ville décrétée par les insurgés.

    L’opposition et les pays arabes demandent que le régime retire ses blindés des rues. Mais les personnes interrogées ont rappelé que c’est grâce aux blindés de l’armée qu’elles ont pu passer la dernière fois qu’elles sont revenues d’Alep, au début de décembre. Elles n’ont plus osé s’y rendre en voiture depuis.

    3’Suite 3’L’armée avait créé un corridor pour les voitures civiles. « Les voitures et les bus ont passé au milieu des tirs, entourées par les blindés… S’il n’y avait pas l’armée pour contrôler, personne ne pourrait plus passer sur les autoroutes… Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de violence de la part de l’armée, il y en a, c’est sûr, pas question d’être naïfs! »

    3 (suite 3)A HOMS, LES CHRETIENS SONT DANS LE COLLIMATEUR DES INSURGES

    A Homs, relève AsiaNews, les chrétiens sont désormais dans le collimateur des insurgés sunnites, comme le sont les alaouites, la minorité à laquelle appartient le président Bachar al-Assad. LES INSURGES N’EPARGNENT PERSONNE: un chrétien de Tartous raconte par exemple que ses trois neveux, fils de son frère, ont été abattus à Homs, dans leur atelier, simplement parce qu’ils réparaient une voiture appartenant à la police.

    Si la situation est grave pour les chrétiens, le fossé s’est encore davantage creusé entre sunnites et alaouites, la confession à laquelle sont rattachés les Assad. Les sunnites ont peur de traverser les villages alaouites, et vice-versa. Dans certaines zones, les deux forces sont présentes en alternance, ce qui génère une situation de peur constante au sein de la population.

    D’autres sources locales, non liées au régime en place à Damas, critiquent la manière dont les médias, notamment internationaux, décrivent la situation sur le terrain. Ils disent que depuis la mi-mars 2011, la répression de la révolte par l’armée a fait plus de 6’000 morts en Syrie, alors que nombre de civils, sans parler des soldats et des membres des forces de sécurité loyalistes, ont été tués par les insurgés. AsiaNews parle de « mur inexpugnable de la désinformation ».
    Les chrétiens de Syrie vont-ils partager le sort de leurs coreligionnaires d’Irak ?

    « La réalité n’est pas binaire (…). Elle est complexe. Y aura-t-il encore une place pour les chrétiens syriens dans la déstabilisation en cours dans cette société composite ? Le destin de la Syrie va-t-il ressembler à celui de l’Irak, nous le savons pas », écrit pour sa part le Monastère de Saint Jacques le Mutilé (Deir Mar Yakub) Cf. http://www.maryakub.org.

    2 : (suite 4) Sur le site internet de ce couvent, situé dans le village de Qâra, à 15 km de l’Antiliban, à la frontière libanaise, et à 100 km au nord de Damas, on peut lire que les chrétiens du diocèse de Homs, Hama et Yabroud étaient intégrés au tissu social comme des citoyens à part entière, mais la situation a radicalement changé.

    Le Monastère, qui milite « contre tout ce qui est contraire à la loi de Dieu et aux droits de l’homme », déclare prendre position pour les pauvres et les maltraités, « particulièrement pour les civils innocents, qu’ils soient ciblés par le régime ou par les bandes armées de l’insurrection ».
    « Le peuple veut déclarer le Jihad ! »

    « Avant les évènements qui ensanglantent la Syrie, il était inconvenant de décliner sa confession religieuse. Aujourd’hui il n’en est plus ainsi. Le conflit qui s’instaure est passé d’une réclamation populaire de liberté et démocratie à une révolution islamiste.

    Le vendredi 20 janvier le slogan fatidique a été brandi par les Comités de coordination de la révolution: « Le peuple veut déclarer le Jihad ! ». Jusqu’à présent nous n’avons pas fait état d’une ’persécution’ directe qui frapperait les chrétiens. Ils étaient englobés dans les sévices ciblant la population participant à la vie civile. Mais il semble que la donne commence à changer. Comme si la tendance qui couvait devenait dorénavant une consigne. Le futur le dira ».
    La liste des attentats antichrétiens s’allonge

    Le Monastère de Saint Jacques le Mutilé a dressé une liste des attentats contre les chrétiens de ces dernières semaines, à commencer par l’assassinat par les insurgés, le 25 janvier, du Père Basilios Nassar, curé grec orthodoxe du village de Kfar Bohom, dans la province de Hama. Il a été abattu alors qu’il venait en aide à un homme agressé par les insurgés dans la rue Jarajima à Hama. « C’est la première fois, depuis l’insurrection, qu’un prêtre est la cible de la violence aveugle qui est devenue l’arme redoutable d’une insurrection de plus en plus manipulée », peut-on lire sur le site internet du monastère. « Ce meurtre est alarmant. Il conforte les craintes de voir la révolution syrienne tourner au conflit confessionnel. Sous couvert d’une quête de liberté et de démocratie les insurgés se révèlent comme des islamistes qui s’en prennent à des civils innocents dans une démarche de discrimination religieuse ».

    1 : (suite 5 Le site mentionne également l’exécution le 26 janvier, devant sa maison, de Zafer Karam Issa, un major âgé de 30 ans appartenant à la communauté chrétienne, abattu d’une centaine de balles par un commando dirigé par le fils de l’Emir islamiste de Yabroud, M. Khadra. Durant la même semaine, un jeune chrétien, Khairo Kassouha, âgé de 24 ans, a été lui aussi abattu en sortant de chez lui à Kusayr.

    Le Père Mayas Abboud, recteur du petit séminaire grec-catholique à Damas, témoigne de ce qu’il a entendu au téléphone de la veuve de Nidal Arbache, un chauffeur de taxi abattu par les insurgés. « Ici à Kusayr nous sommes livrés au bon plaisir des insurgés qui font la loi chez nous. Nous nous attendons à toutes sortes de sévices. Nous n’avons rien ni personne pour nous protéger. Je vous en supplie Père, prenez cela comme un testament. S’il m’arrive quelque chose de fâcheux je vous confie mon fils, prenez soin de lui. Toute notre famille est menacée par les bandes armées ».

    A Kusayr, un cousin de Père Louka, curé de Nebek, raconte qu’il rentrait dans la localité lorsqu’à un rond-point de la ville il a été arrêté par des insurgés. « Ils m’ont réclamé mes papiers et m’ont fait attendre deux heures pour vérifier si mon nom est cité dans les listes issues par les comités de coordination de la révolution qui sont désormais des organes de référence judiciaire. Si mon nom avait été mentionné, j’aurais été exécuté sur place comme ils le font avec d’autres ».**

    A Homs, la liste des victimes s’allonge, selon le Monastère: Plus de 230 chrétiens ont été abattus. Plusieurs sont kidnappés. Souvent les insurgés réclament une rançon qui varie entre 20’000 et 40’000 dollars par personne. Certains quartiers mixtes comme Bab Sbah ou Hamidiyeh à Homs voient 80% de leurs habitants chrétiens les déserter pour s’établir chez des amis ou des parents dans les régions de la Vallée des chrétiens. Les chrétiens de Hama et de sa province font de même. « Le mouvement est progressif mais implacable », peut-on encore lire sur le site du Monastère Saint-Jacques-Le Mutilé http://www.maryakub.org. (apic/asian/com/be)

    Articles de Kipa Apic publiés par Mondialisation.ca

  12. Merci, DomRémy pour vos excellentes infos .Je ne savais pas que les terroristes lslamistes anti-Syrie étaient déjà à assassiner des centaines de Chrétiens ! C’est donc un terrorisme qui cible particulièrement les non-muzzs avec des complicités locales haineuses,envieuses et meurtrières , et seulement accessoire qu’on prétend faire une pseudo-liberation syrienne anti-Assad ,une facade fafriquée ,donc , par les merdias en occident pour dissimuler le but du carnage :génocider les Chrétiens dans les pays muzzs ,sous couvert de démocratie , faut pas se gener , puisque çà convient aus interets sionistes ….

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