Quand les grandes puissances provoquent des guerres pour éviter la faillite…

Lu sur LIESI :

Extraits de l’ouvrage de Jacques Delacroix : 1929-2007 des parallèles stupéfiants – Le Pouvoir occulte met Wall Street dans son ligne de mire.

Bien que ce soit l’un des secrets les mieux gardés de la guerre 1914-18, le Trésor et les finances de l’Empire britannique étaient déjà en faillite au moment où la guerre était déclarée entre la Grande-Bretagne et le Reich allemand. Si l’on examine la réalité des relations financières des principales parties entrées en guerre, on découvre un arrière-fond extraordinaire de crédits secrets, de plans pour partager les matières premières et la richesse physique du monde entier d’alors, sur la base de crédits par tranches. A ce moment-là, il fut décidé que New York devait être le banquier de l’entreprise !

En effet, la Première Guerre mondiale fut déclenchée quand on s’aperçut que les réserves d’or des pays belligérants ne pouvaient pas financer les hostilités ni garantir la valeur des émissions de monnaie fiduciaire des Banques centrales. Comme la production ne pouvait pas suivre le rythme de ces émissions, il s’ensuivit une dégradation constante de la valeur des monnaies et l’instauration de leur cours forcé, souvent accompagné d’un moratoire. Comme les échanges internationaux se réglaient en or, tout fut mis en œuvre afin d’exiger que les réserves d’or des pays belligérants soient envoyées vers les pays créanciers. Ainsi se déplaçait le centre de pouvoir de l’Europe vers les Etats-Unis ! Bien évidemment, l’ampleur de ces mouvements de capitaux déstabilisa les marchés des changes et freina le commerce international.

Transfert des réserves d’or

A en croire les livres d’histoire populaire, c’est un assassinat serbe qui déclencha les hostilités en tuant à  Sarajevo, le 28 juin 1914, l’héritier du trône d’Autriche, l’archiduc François-Ferdinand.. Après un mois de négociations frénétiques, l’Autriche déclara la guerre au petit Etat de Serbie, tenu pour responsable du meurtre. Elle avait été assurée de l’appui de l’Allemagne, au cas où la Russie soutiendrait la Serbie. Le lendemain, le 29 juillet, la Russie donna des ordres de mobilisation à son armée, en préparation de la guerre. Puis le même jour, à la réception d’un télégramme de l’empereur allemand le suppliant de ne pas  mobiliser, le tsar Nicolas II annula ses ordres. Le 30 juil­let, le haut Commandement russe persuada le faible tsar de reprendre la mobili­sation. Le 31 juillet, l’ambassadeur allemand à Saint Pétersbourg remit au tsar une déclaration de guerre. Le 3 août 1914, l’Allemagne déclara la guerre à la France et les troupes alle­mandes envahirent la Belgique. Le 4 août, l’Angleterre déclara la guerre à l’Allemagne en invoquant ses engagements envers la protection de la neutralité belge. Répétons-le encore, la décision britannique d’entrer en guerre pour protéger son voisin belge sur le continent intervenait au moment où le Trésor britannique et le Système de la Livre Sterling étaient de fait en faillite. C’est d’autant plus étonnant à la lecture  d’une série de mémorandums internes du Trésor britannique,  connus désormais des historiens.

En janvier 1914, six mois avant le casus belli de Sarajevo, le chancelier britannique avait demandé à Sir George Paish, haut fonctionnaire du Trésor, de mener une étude exhaustive sur les réserves-or britanniques. Depuis les années 70, la Livre Sterling et la City de Londres représentaient le pivot du système financier et monétaire mondial, de la même façon que New York et le dollar représentent ce pivot depuis 1945 sous le système de Bretton Woods. Le mémorandum confidentiel de Sir George est révélateur de la pensée officielle à Londres à l’époque. Dans son étude, Paish parlait de la sophistication progressive des grandes banques commerciales allemandes depuis les crises des Balkans en 1911-12, ce qui les conduisit à renforcer considérablement leur réserve-or. Paish avertit Lloyd George que tout retrait soudain de fonds hors de Londres  pourrait sérieusement entraver la capacité de la nation à collecter l’argent nécessaire pour mener une grande guerre. C’était, rappelons-le, six mois avant Sarajevo. Les paiements en espèces -or et argent- furent suspendus en même temps que l’Acte bancaire de 1844, ce qui mit à la disposition de la Banque d’Angleterre une grande quantité d’or pour faire face aux paiements de nourriture et de matériels militaires. Les Britanniques reçurent à la place des billets de la Banque d’Angleterre comme cours légal, pendant la durée de l’état d’urgence, soit jusqu’en 1925.

Les fondations de la domination britannique instaurée après 1815 pourrissaient déjà à l’époque depuis une cinquantaine d’années. Dans les années 50 du XIX° siècle, la Grande-Bretagne avait été la première puissance industrielle du monde. Mais, notamment à partir de la panique de 1857, les élites britanniques commencèrent à piller systématiquement leur propre économie industrielle ainsi que celle du reste du monde[1]. Après 1857, la politique officielle adoptée par la Banque d’Angleterre consistait à réguler la quantité de réserves-or mondiales, alors basées à Londres, en élevant ou abaissant les taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre, plutôt qu’en traitant les causes sous-jacentes de la stagnation technologique domestique. Donc, à la suite de ce changement politique fondamental, alors que l’or quittait l’Angleterre et mettait en danger les réserves de crédit du pays, la Banque d’Angleterre réagit en haussant ses taux, à commencer par son taux d’escompte bancaire. L’or se mit alors à affluer vers Londres, depuis d’autres centres tels que Paris et  New York. Bien sûr, l’investissement dans l’industrie nationale s’effondra  et les exploitations agricoles péricli­tèrent en Angleterre. Mais jusqu’à la fin des années 1890, la Grande-Bretagne tenta de compenser cette dévastation en saignant ses colonies, surtout l’Inde, contrôlant les termes d’échanges à l’avantage du pouvoir financier de la City de Londres. La famine, la dépression industrielle et des conséquences semblables de par le monde étaient le fait de ces cercles qui forgeaient les politiques monétaires comme les Barings, les Rothschild[2], les Hambros. Toutefois, jusqu’en 1914, ces manipulations se  révélèrent inefficaces[3].

Dès les années 1890, du point de vue du  développement technologique et agricole, l’industrie britannique s’était fait amplement dépasser par le reste du monde. Deux nations venaient en tête : l’Amérique et l’Allemagne. Dans les années 1870, 1′Allemagne avait commencé à bâtir sa propre structure bancaire indépendante pour libérer son com­merce extérieur de la finance londonienne. En 1893,1′Allemagne répondit à une panique bancaire provoquée à Berlin en convoquant une commission nationale. Composée de dirigeants de l’industrie, de l’agriculture, du gouvernement et de la banque, elle était représentative de tous les groupes d’intérêt économiques de la nation. Il en résulta des lois strictes imposées aux autres nations industrielles, limitant, voire interdisant le commerce à terme et d’autres formes de spéculation en bourse. Le crédit fut alors orienté vers l’investis­sement, l’agriculture et l’industrie. On développa rapidement la flotte al­lemande de manière à donner au pays un plus grand contrôle sur son propre commerce, brisant le monopole britannique sur les transports marchands. Les machines allemandes, de qualité supérieure, commencèrent à pénétrer les marchés anglais et même américains. La domination de l’Empire britan­nique était menacée. Mais l’Establishment britannique refusa de se rendre à l’évidence en changeant de cap après cinquante années d’une politique industrielle de désinvestissement monétariste[4]. A la place, il se prépara à la guerre pour réorganiser les conditions de fonctionnement de l’économie mondiale[5]. Au lieu de moderniser l’industrie britannique, l’Angleterre se tourna vers ses amis dans la communauté bancaire internationale de New York, et négocia « un très gros prêt ». Londres joua bientôt son va-tout. Son marché à l’investissement le plus important depuis les années 1870 était les Etats-Unis…


[1] C’est encore la même chose aujourd’hui avec les Etats-Unis…

[2] Les Rothschild sont la plus puissante des dynasties de la Banque depuis le XIXème siècle.

[3] C’est précisément ce qui arrive aujourd’hui aux Etats-Unis : malgré les manipulations des statistiques, des taux d’intérêt et des marchés de matières premières, les effets recherchés par les familles bancaires sont de plus en plus réduits dans le temps !

[4] Que s’est-il passé aux Etats-Unis ces trente dernières années ? La même politique de désindustrialisation fut appliquée par la Haute finance… comme s’il était prévu d’engager les Etats-Unis vers une voie sans retour.

[5] En 2007, que s’apprêtent  à faire les dirigeants américains pour l’ensemble du Moyen-Orient ?

4 commentaires concernant l'article “Quand les grandes puissances provoquent des guerres pour éviter la faillite…”

  1. Ce qui confirme ce que tout le monde sait : aujourd’hui toutes les conditions sont réunies pour que le pays qui perd le contrôle de l’économie à l’échelle de la planète déclenche une nouvelle guerre .
    Une vraie guerre , pas un hors-d’oeuvre genre Afghanistan ou Irak .
    Qui sera visé ?
    La Chine est l’adversaire tout désigné . Il est redoutable . Uncle Sam a favorisé son ascension ^pour renforcer l’enrichissement de ses financiers . Les ouvriers et les employés qui perdaient leur emploi , c’était le moindre de ses soucis .
    Une guerre contre un nouveau pays arabe , inutile . Ils sont en-dessous de tout .
    L’adversaire idéal devrait tout de même permettre à l’économie de ce bon Uncle Sam de se reconstituer . Il n’est pas facile à trouver …si l’on ne veut pas de guerre mondiale à l’issue incertaine.

  2. En n1914, la Russie était l’un des rares pays dans lequel il y avait non seulement croissance économique forte, mais aussi l,encaisse Or dépassait largement la monnaie mise en circulation.

    Ceci explique en bonne partie 1917…

  3. 18 mai dernier lors des célébration du 60ème anniversaire des relations diplomatiques CHINE-PAKISTAN

    ‘Lors de sa rencontre avec son homologue pakistanais Syed Yusuf Raza Gillani, le Premier ministre chinois a déclaré que l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Pakistan devaient être respectés par la communauté internationale…Cette position de la Chine est conséquente et ferme, a souligné Wen Jiabao.’
    source: http://french.peopledaily.com.cn/Chine/7384663.html

    “Any Attack on Pakistan Would be Construed as an Attack on China”
    http://tarpley.net/2011/05/21/us-pakistan-near-open-war-chinese-ultimatum-warns-washington-against-attack/

  4. C est l une des raisons pour laquelle je crois au crack boursier en octobre prochain.IL manque 1 000 milliards pour les dégats au Japon et depuis plusieurs années l oncle Sam refuse de dire les chiffres réel des liquidités en circulation.Et comme les dettes publiques sont au sommet et le système bancaire non réformé les pays qui énergeront en cas de crise financière grave seront ceux qui ont vérouillés les matière premières (irak…).
    Pour ce qui est des guerres ne revont pas elles ont toutes pour fond l’économies depuis la nuit des temps ( les echanges pétroliers en euro ont déterminés la 2 eme guerres du golfe).
    pour ce qui est des crises elles sont ciclyques :1696 1708 1714 1720 1745 1763 1772 1783 1793 1797 1804 1810 1813-14 1818 1825 1830 1836-39 1847 1857 1873 1882 1929 1956 1973 1979 1987 2001 2008
    Certain évidemment l’impute à x ou y raison le vrai problème réside en l année 1688 ou le puissant lobby international de l usure profita de la révolution anglaise pour changer les règle du jeu ( cette fameuse ruche qui me vaut des censures régulières).

    Une guerre, une crise, une révolution permet de battre à nouveau les cartes et de changer les règles.

    En 1694 Guillaume d’orange stahouder de hollande devint roi d angleterre.

    Deja en 1290 le roi edouard 1er chassa le lobby internationnal de l usure mais celui ci dans les fourgons de l armée de Cromwell (1599 1658) revenait.

    Guillaume 3 d orange Nassau n est plus un monarque de droit divin difficilement corruptible il est controler par un parlement . La mort de Jacques 2 roi légitime est dut a un puissant groupes de banquiers anglo-hollandais qui a financer la guerre .Pour payer les soldats Guillaume 3 doit accepter un deal .

    En garantie d’un pret de 1 200 000 livres-or le roi concédait le droit de fonder un établissement bancaire privé aux statuts véritablement révolutionnaire!!!

    Le parasitisme fut des lors institué au royaume désunie.UN pret a 6/100 sur son pret de 1 200 000 livres or garanti par l état et remboursable en or en plus l établissement privée s’octroit le droit de s’appeler banque d’angleterre.pour la première fois dans l histoire le droit régalien de battre la monnaie passait dans des mains privées.La banque d angleterre multipliait pas deux les revenues de son capital et son capital lui meme en créant du numéraire ex-nihilo.

    Résumons le gouvernement anglais recevais des livres or et les emprunteurs privés des billets de banques garanties par l état.
    A charge pour ces 2 catégorie de débiteurs de payer les intérets et d’amortir les fond empruntés .
    Dans de tel condition seul le lobby s’ enrichie et pendant ce temps les particuliers et l état s endettent de manière continuelle.

    donc de nos jour le rapport or contre papier monnaie vas en s’emplifiant et donc a la fin le papier ne vaut plus rien en cas de crise ce sont vos biens qui donne de la valeur a vos crédits …le lobby récupère vos biens a chaque crise.Le papier ne vaut plus rien en cas de crise mais il reste vos dettes et vos biens…donc on annule les dettes contre vos biens.
    Une crise c est un moyen de remettre tous a plas et de s emparer des bien réel .

    En 1944 avec les accord de Bretton wood le dollard devient unité monétaire de référence et depuis 1976 tout lien entre le dollard et l or est supprimé.

    Donc maintenant c est papier papier et encore papier…la suite et bien je vous laisse devinez en octobre.

    bon baiser du japon

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