Le « politiquement correct » en Histoire (par Jean Sévillia)

Entretien réalisé pour la sortie de son nouveau livre «  Historiquement incorrect », Vous trouverez l’intégralité de l’interview de Jean Sévilla ici. Pour acquérir l’ouvrage, rendez-vous ici.

Globalement, il s’agit d’une lecture du passé commandée par l’idéologie actuellement dominante. Quelle est cette idéologie ? Celle d’un monde sans frontières, où les enracinements sont condamnés par principe ; d’un monde multiculturel, où toutes les civilisations sont déclarées égales ; d’un monde voué au libre-échange humain et matériel, où toute référence morale et métaphysique est bannie dès lors qu’elle paraît faire obstacle au libre-arbitre individuel. Dans la pratique, en France, le politiquement correct appliqué à l’histoire se traduit par un anti-occidentalisme systématique, par l’aversion à l’égard de notre héritage national, et surtout par une animosité non-dissimulée envers la présence du christianisme dans notre histoire, spécifiquement envers le catholicisme.

Sur le plan méthodologique, le phénomène se traduit par trois procédés principaux. D’abord l’anachronisme : le passé est jugé à partir des critères du présent. Analyser le Moyen Age, par exemple, époque communautaire et sacrale, au nom des droits de l’homme et d’une vision sécularisée de la société, c’est s’interdire de comprendre la civilisation médiévale. Deuxième procédé : le manichéisme. Les bons sont opposés aux méchants, mais toujours Histoire-konk.jpeg selon les canons d’aujourd’hui. Troisième procédé, enfin, la simplification. Alors que l’histoire est le lieu de la complexité, le politiquement correct interprète le passé en fonction d’un ou deux facteurs explicatifs (le racisme, l’intolérance, etc.) tirés de l’arsenal idéologique contemporain.

Lutter contre le politiquement correct en histoire, c’est tenter de retrouver la vérité d’une époque, que cette vérité soit ou non plaisante à nos yeux.

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3 commentaires concernant l'article “Le « politiquement correct » en Histoire (par Jean Sévillia)”

  1. A ces tendances on peut ajouter:

    -la falsification délibérée: à savoir des chiffres, dates, lieurx, noms mensongers pour grossir ou au contraire diminuer l’impact d’un évenement ou d’une décision, ou pour falsifier les relations de cause à effet entre évenements,

    -la schizophrénie. Ou quand on juge une période, un système, un homme, un régime, un héritage au nom d’idéologies qui ont commis bien plus que ce qu’on ne repproche en face. Ce dernier point est fort bien illustré par les boboboys d’ailleurs.

  2. Il y a aussi l’extrapolation qui consiste à prendre un fait vrai mais à le sortir complètement de son contexte et le replacer dans un lien de cause à effet réinventé dans lequel l’évenement est soit grossi de manière à deveneir un monopole factice, soit au contraire ultraminimisé.

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