La cocacolaïsation des vins de Bordeaux est en marche !

Lu sur le site du Renouveau français Bordeaux :

« François Jumeau, 42 ans, vient d’être nommé directeur marketing du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB)1.
Après avoir été successivement assistant chef de produit de Henkel cosmétiques, puis assistant chef de produit de la lessive Le Chat Machine il a été Responsable promotions de Coca-Cola France pour l’ensemble des Pôles marketing. Bien qu’il ait aussi évolué dans la bière (Kronenbourg) puis le vin de Champagne (Moët Hennessy), on peut bien se demander ce qu’un tel pedigree indiquait pour occuper ce poste clef, avec un budget pour 2011 de 17 millions d’euros. C’est que cette nomination entre dans le droit fil de la politique initiée par le CIVB, depuis au moins la présidence de Hubert Bouteiller (propriétaire heureux du château Lanessan)qui déclarait dans les années 90 « que les vins de Bordeaux, par leur diversité, étaient trop compliqués à faire valoir ».
Premier résultat observé et déclaré lors de la conférence de presse de rentrée du CIVB, l’annonce de la création d’un nouveau vin ! (il en manquait sans doute…)
« Un vin léger, sans trop de tanin, sans trop d’alcool, fruité », un vin qui n’existe plus depuis plus d’un siècle, le Claret, qui sera commercialisé en 2012 sous l’appellation Bordeaux. Si ce vin dispose toujours d’un cahier de charges, il faut vraiment fouiller dans les caves de quelques rares châteaux pour retrouver la trace de ce nectar douteux. En fait, un vin générique, un vin de cépage (Merlot) censé récapituler ce qui ferait l’esprit des vins de Bordeaux.

Les petits récoltants qui mettent avec obstination un soin jaloux à faire valoir leur production particulière seront ainsi ravis d’apprendre que le CIVB leur dame le pion avec cette invention bon marché (mais qui va coûter des millions pour sa mise en place et sa publicité) destinée aux palais pas trop distingués des anglo-saxons et des jeunes français non encore initiés au vin. La Cocacolaisation des vins de Bordeaux est en marche !

L’obsession du produit unique et universel qui nie les spécificités, l’identité, la diversité, la richesse d’un terroir unique au monde. Il faut donc coûte que coûte pour le CIVB « rendre l’offre plus visible pour le consommateur », c’est-à-dire en réduire la complexité, qui a pourtant un sens pour plus de 10 000 châteaux, qui ne s’appellent pas tous Yquem ou Haut-Brion. Après avoir en 2009 simplifié quelques appellations, ce qui a eu pour effet de brouiller encore plus les lignes, le CIVB, tout à ses « apéro-vintage » dans des bars « branchés » parisiens à destination de quelques bobos, enfonce les producteurs-récoltants dans une marge de plus en plus étroite. Quant à ceux qui ne veulent plus payer leurs cotisations, paraît-il obligatoires, (le CIVB est-il bien à même de lever un impôt ?)ils sont qualifiés de « groupuscule de casseurs ».
La mainmise du CIVB sur les vins de Bordeaux se signale à l’infini. Pour l’heure c’est l’avenir des paysans viticulteurs à court, moyen et long terme, qui est en jeu. A ceux-ci, en difficulté croissante (plus de 1000 ha de terres agricoles disparaissent chaque année en Gironde, avec une concentration des propriétés et une diminution du nombre des producteurs), le CIVB propose gentiment des audits de gestion, en relation avec des banques qui sont pour beaucoup propriétaires de vignobles.

Si la Gironde est le pays des classements et des hiérarchies, c’est que la vigne, qui prospère dans tous les terrains, en tire des sucs bien différents, élaborant ainsi une royale gamme de vins qui étonne par sa variété presque infinie du goût, de la finesse et de la couleur. Chaque commune, et plus particulièrement chaque cru, a sa particularité bien distincte. C’est cette subtilité que le CIVB veut réduire, quand il s’agirait au contraire de la mettre en valeur, du Médoc à l’Entre-Deux-Mers, du Blayais au Sauternais. Les casseurs ne sont pas ceux que l’on croit.
Maximilien (Pour le Renouveau Français Bordeaux)
1) Le CIVB a été créé en 1948. Il réunit les représentants des trois familles de la filière bordelaise : la viticulture, le négoce et le courtage. Avec un budget 2011 de 31,1 millions d’euros, le CIVB est censé mené trois missions : économique, technique et marketing/communication. »

11 commentaires concernant l'article “La cocacolaïsation des vins de Bordeaux est en marche !”

  1. Coca-Cola 12° , « ils » vont oser! pas vraiment étonnant pour des gens qui ont la haine de tout ce qui est terroir, bignou, bourré, bérêt basque… 😉

  2. L’homme produit du vin à Bordeaux depuis 2 000 ans. Il semble que des vignes existaient déjà avant l’arrivée des romains en 56 avant JC. Le poète Ausonius l’a raconté. D’ailleurs un château dans la région porte son nom: le « Château Ausone ».

    Contrairement à d’autres régions de France où le vin était sous le controle des moines, à Bordeaux, ce sont les marchands qui ont développé le vin.

    Au début du second millénaire la région de Bordeaux était sous domination anglaise. Des centaines de bateaux chargés de tonneaux de « Claret » embarquaient pour l’Angleterre. Le « Claret » était un vin rouge léger que les anglais adoraient, Le mot est toujours utilisé pour se référer à du Bordeaux rouge. Quelques producteurs essayent de recréer le « Claret » tel qu’il était produit et bu il y a 1 000 ans.

    Au 14ème siècle, la moitié de la production de vin de Bordeaux partait sur des bateaux, principalement pour l’Angleterre.

  3. Le « Clairet »[modifier]
    Louis Le Nain, Le Repas de paysans, 1642.

    À partir du XIIIe siècle, la région bordelaise et, dans une moindre mesure, les autres régions de production, établissent avec l’Angleterre et les pays nordiques un fructueux commerce de « claret » ; les domaines importants de l’archevêché de Bordeaux produisaient à cette époque 87 % de clairet pour 13 % de vin rouge (vinum rubeum), et une part tout à fait négligeable de vin blanc. Ces proportions étaient la règle, non seulement dans le bordelais, mais également dans les autres régions viticoles françaises.

    La demande de « clairet » est encore en hausse au XVIe siècle, et à cette époque c’est toujours le vin préféré des anglais. Mais il est également très apprécié dans l’Europe du Nord, où l’acheminent les marchands flamands et hollandais qui introduisent à cette époque la pratique du sulfitage. Il faut remarquer qu’à la même époque, les peintres hollandais n’ont représenté dans les carafes et les verres, que du « vin clair ». Les statistiques douanières du port de Bruges révèlent que la consommation de clairet est en Belgique, au XVe siècle et XVIe siècle, de 76 litres par habitant. À Paris, un inventaire de 169 caves de financiers réalisé dans la première moitié du XVIIe siècle fait état d’une proportion de 80 % de « clairet ».

    Les écrits de médecins renseignent sur la perception que l’on avait des clairets ; on appréciait leur vivacité, leur fraîcheur, on les considérait comme des vins « sains », « nourrissant peu le corps », et destinés aux consommateurs urbains et plutôt aristocrates.

    À cette époque, le clairet est fait par « saignée », mais comprend aussi parfois un mélange de raisins blancs et de raisins noirs, puisque l’on considérait alors que complanter des cépages rouges et blancs pouvait à juste titre protéger la récolte des gelées.

    C’est en 1682 dans le vignoble d’Argenteuil que l’on note pour la première fois parmi toutes les dénominations désignant les vins clairs, l’apparition du terme « vin rosé ».

  4. véridique : aux usa , pepsi-cola ou l’autre , veulent lancer et imposer sur le marché américain des cocas contenant de l »embrion humain , il parait que des tas de gochistes en raffolent ! si, si, c’était publié sur le site infowars d’alex jones il y a moins de 2 samaines !

  5. Merci à Picolo pour ce rappel historique sur notre beau vignoble .Que le Clairet fut le vin préféré des anglais ne constitue pas , à mon humble avis une référence ! en effet , quand on connaît « le palais  » des britons en matière de bouffe on peut être dubitatif …Lorsque vous allez au super marché et que vous vous baladez dans le rayon vin et alcools , avouez qu’il y à de quoi vous gratter le crâne surtout si comme moi , vous n’avez pas fait oenologie deuxième langue !
    « « rendre l’offre plus visible pour le consommateur , c’est-à-dire en réduire la complexité  »  » comme le voudrait le CIVB ne me semble pas une si mauvaise idée que cela et de toutes manières je pense qu’au final , le consommateur saura trancher et si le Clairet et à ranger dans la catégorie « grosse merde  » sa vie sera de courte durée …

  6. « Un vin léger, sans trop de tanin, sans trop d’alcool, fruité » ça s’appelle du jus de raisins, de la vinasse de clodos…..

    Les manifs en colère: « Francois Jumeau-salaud! le Peuple aura ta peau! »

    Qu’il la garde & se la foute au cul, sa saloperie de vinasse synthétique cuvée ‘monoprix’!!

    Le « Château Coca-Cola » ne passera pas! préparez vos pétoires à chevrotine!

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