Il y a 50 ans : promulgation de la « nouvelle messe »

Ce jour-là, Paul VI introduisit un nouveau rite de la messe, avec la constitution Missale Romanum. Il s’agissait d’un rite constitué ex novo. Prévu en latin, il fut très vite célébré dans les langues locales et contribua à vider largement les églises (« sans le latin la messe nous em… » chantait Brassens).

La messe traditionnelle, codifiée par le grand concile de Trente (1563) mais remontant à bien plus loin, fut de facto interdite. Des prêtres en moururent de chagrin.

Après la « réforme » (pour ne pas dire révolution, en divers domaines) théologique opérée par le concile Vatican II (qui voulut concilier la religion catholique et le monde moderne issu des « Lumières », et qui fut un « 1789 dans l’Eglise » d’après le cardinal Suenens, l’un de ses partisans), c’était au tour de la « réforme » liturgique, décidée par ce même concile.

En janvier 1964, Paul VI avait institué une Commission, en vue de l’élaboration du nouveau rite, d’une ampleur démesurée : 250 experts, sans compter les cardinaux et les évêques. À partir de la session d’octobre 1966, cinq, puis six observateurs protestants assistèrent aux assemblées de ce Consilium (en effet il fallait que le nouveau rite permette d’ôter les obstacles au rapprochement avec les protestants…).
Une partie essentielle de ce nouveau rite a été rédigée dans l’urgence… au  bistrot.

Dans la première version de l’Institutio generalis du nouveau missel, à l’article 7, on lit : « la Cène dominicale ou Messe est la synaxe sacrée ou le rassemblement du peuple de Dieu se réunissant sous la présidence du prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur. » Cette définition n’implique ni la Présence Réelle et la Transsubstantation, ni la réalité du Sacrifice, ni la sacramentalité du prêtre qui consacre, ni la valeur intrinsèque du Sacrifice eucharistique indépendamment de la présence de l’assemblée, et est donc contraire à ce qu’a défini le Concile de Trente.

Le nouveau rite « s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les « canons » du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte l’intégrité du Mystère », signalèrent les cardinaux Ottaviani et Bacci, à l’occasion de la parution du Bref examen critique du nouvel Ordo missae.
Ce texte a été réédité et est disponible ici. Nous invitons tout le monde à le lire pour prendre rapidement connaissance du débat.

On peut lire aussi, sur un plan historique, le livre intéressant et complet de l’abbé Barthe : La Messe de Vatican II.
Nous conseillons aussi, entre autres excellents et nombreux livres, L’Explication de la messe (traditionnelle) de Dom Guéranger.