Damien Le Guay à propos du suicide organisé : « La dignité nouvelle est celle d’une orgie sexuelle jusqu’à la fin. Si cette dignité-là est impossible, la dignité de se donner la mort s’impose. »

Une analyse percutante, quoique discutable à plusieurs titres, concernant la manipulation médiatique de Jacqueline Jencquel et de ses copains journalistes par Damien Le Guay pour Le Figaro.

 FIGAROVOX.- Dans une vidéo pour le site Konbini, une femme de 74 ans en pleine santé évoque son souhait de recourir au suicide assisté «parce qu’il faut bien fixer une date» (sic.). Que cela vous évoque-t-il?

Damien LE GUAY.- Une dame prénommée «Jacqueline» se présente dans une vidéo, sur ce site, et indique en effet qu’elle a décidé de «recourir au suicide assisté» en janvier 2020. Elle est bien portante, n’a pas de maladie, n’est pas en «fin de vie» mais, pour appréhender des possibles dégradations, elle ira en Suisse pour se suicider car, ajoute-t-elle, elle ne trouve pas en France ce qu’elle souhaite.


Sur un canapé, elle discute avec «Hugo», âgé de 28 ans (à savoir Hugo Clément – du Petit journal puis du Quotidien) et justifie sa décision. S’agit-il d’une initiative strictement personnelle d’une dame qui se sent faiblir? Non. Tout au contraire. À la fin de l’entretien, elle dit même faire ici un «geste militant». Et ce geste fait l’objet d’une orchestration médiatique qui, comme toujours dans ces affaires, ne doit rien au hasard. En même temps que cet entretien, Jacqueline apparaît aussi sur un autre site («Brut») et accorde un entretien au Nouvel Obs. Aussitôt, agitation dans le landerneau médiatique: le Point, RTL, 20 minutes… tous reprennent cette «nouvelle» (en est-elle d’ailleurs une?) sans le moins du monde la mettre en perspective, l’interroger ou même dire qui est cette dame – ce qui serait la moindre des choses pour des journalistes.

Car cette «Jacqueline», dont le «cas est unique», nous dit avec admiration le Nouvel Obs, n’est pas n’importe qui. Elle fut (ce qui n’est jamais dit) pendant longtemps vice-présidente de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité): le plus actif lobby militant en faveur de l’euthanasie. Il ne s’agit donc pas d’une «nouvelle» venue de nulle part mais, bel et bien, d’une opération de lobbying en faveur du suicide assisté relayée par des médias complaisants. L’ADMD, pour faire avancer sa cause, met en scène régulièrement des cas particuliers et les médias dominants, acquis à la cause, s’en font l’écho. L’année dernière, il s’agissait de l’«affaire Anne Bert» qui, pendant neuf mois, a occupé le terrain médiatique avant d’aller en Suisse pour recourir à une injection létale. Maintenant c’est l’affaire «Jacqueline Jencquel». Avant encore, d’autres affaires qui se déroulent à chaque fois de la même manière: un cas particulier mis en exergue, une orchestration médiatique puissante, un débat qui n’en est pas un en ceci qu’il est unilatéral, des questions qu’il est impossible de poser et de nombreux journalistes qui sont à la fois juges et parties. Je note, par exemple, que les deux parrains de «l’opération ADMD Tour 2018» qui a fait la promotion de l’euthanasie cet été, étaient Wendy Bouchard (Europe 1) et Olivier Minne (France Télévision).

Quand l’ADMD parle, tous les médias relaient sa propagande avec complaisance ; quand la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs) qui représente presque toutes les associations et tous les professionnels de la fin de vie en France, se prononce, peu de médias reprennent ce qu’elle dit et lui ouvre leurs portes. Il y a là une situation qui devrait attirer l’attention du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) tant les entorses à l’équité journalistique sont constantes, répétées, flagrantes. À la longue, cette inégalité de traitement devient insupportable. Elle empêche les débats, force l’opinion à penser d’une manière binaire, loin de la complexité des situations de fin de vie. Elle considère l’euthanasie comme évidente, allant de soi. Dès lors il est inutile de donner la parole à ceux qui défendent d’autres solutions, inutile de mettre en perspective ces questions. L’émotion est là, prenant toute la place, saturant l’espace médiatique au détriment des discussions.

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