Conseil d’Etat & crèches dans les mairies : la réponse délirante du Grand Orient de France

godfLe 9 novembre dernier, le Conseil d’Etat a autorisé sous strictes conditions, l’installation de crèches dans les mairies. Les pré-requis sont « le contexte de l’installation : celui-ci doit être dépourvu de tout élément de prosélytisme » ; « les conditions particulières de l’installation » ; « l’existence ou de l’absence d’usages locaux » ; enfin le « lieu de l’installation ».

Car, pour le Conseil d’Etat, si l’article 28 de la loi de 1905 pose l’interdiction « d’élever ou d’apposer des emblèmes ou signes religieux sur les emplacements publics », tout le problème de la crèche est qu’elle peut avoir « plusieurs significations. Elle présente un caractère religieux ; mais elle est aussi un élément des décorations et illustrations qui accompagnent traditionnellement les fêtes de fin d’année, sans signification religieuse particulière ».

En résumé, le Conseil d’Etat autorise les crèches en mairie car elles sont aussi des décorations profanes ou folkloriques pour la période de Noël. C’est incroyable d’en arriver à devoir faire un numéro d’équilibriste juridique pour autoriser une tradition religieuse multiséculaire, mais on attendait pas mieux de la République.

Il n’en fallait pas moins à une ramification de la secte maçonnique, la loge du Grand Orient de France, pour sortir un communiqué délirant. Selon ces bouffeurs de curés; la décision du Conseil d’Etat « fragiliserait même le principe de laïcité dans notre pays » (si seulement…).

Voici la totalité du communiqué :

Crèches de Noël : le principe de laïcité fragilisé

Pour le Grand Orient de France, la décision du Conseil d’Etat du 9 novembre dernier relative à l’installation des crèches de Noël dans les édifices publics fragilise le principe constitutionnel de laïcité dans tous ses éléments constitutifs : neutralité des personnes publiques à l’égard des cultes, liberté de conscience et égalité des droits des citoyens devant la loi.

Les contorsions du Conseil d’Etat visent à accorder aux crèches de Noël une pluralité de significations et singulièrement un caractère festif impossible à appréhender objectivement en droit pour autoriser, sous des conditions au périmètre incertain, ces crèches dans les bâtiments publics.

Elles le conduisent à écarter l’application de la loi de 1905, notamment dans ses articles 2 et 28.

La haute juridiction administrative s’interdit ainsi de garantir l’obligation de neutralité de la puissance publique. En permettant une plus grande immixtion du religieux dans la sphère publique, cette décision contribue à une confessionnalisation de la société que nous dénonçons comme contraire à la liberté de conscience.

En reconnaissant la primauté des prétendues traditions chrétiennes de la France sur la loi républicaine, elle affaiblit le principe d’égalité tel qu’il est défini par l’article 1er de la Constitution (« sans distinction d’origine, de race ou de religion ») et porte en elle le germe de revendications identitaires dangereuses pour la cohésion nationale.

Le Grand Orient de France condamne fermement le glissement sémantique encouragé par cette décision, c’est à dire la transformation d’une manifestation objectivement cultuelle en manifestation festive culturelle.

 

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