Christine Boutin renonce finalement à sa double rémunération

L’ancienne ministre du Logement a annoncé jeudi qu’elle renonçait aux 9.500 euros mensuels dont elle bénéficiait pour une mission sur la mondialisation. «Beaucoup de gens vont être confrontés au même problème» que moi, a-t-elle averti.

Il aura fallu à peine quarante-huit heures pour que l’ancienne ministre cède face à la pression. Christine Boutin, sous le feu des critiques après les révélations du Canard enchaîné sur son salaire de 9.500 euros pour mener à bien une mission sur la mondialisation, a annoncé jeudi au JT de France 2 renoncer à son salaire.

«Oui, j’ai pris une décision, mais ce n’est pas le gouvernement qui me le demande», a-t-elle affirmé. Elle a précisé qu’en raison de la polémique, elle avait décidé «de mener cette mission de façon gracieuse». La présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD) a précisé qu’elle conservait sa retraite de parlementaire, d’un montant de 6.000 euros. Elle continuera par ailleurs à toucher son indemnité d’élue au conseil général des Yvelines, d’environ 2.000 euros mensuels. Soit un total de 8.000 euros au lieu de presque 17.500 euros.

«J’ai entendu les Français qui ont de petits salaires qui, aujourd’hui, ne peuvent pas comprendre qu’il y ait ainsi un responsable politique qui ait une rentrée d’argent de près de 18.000 euros», a-t-elle expliqué. Elle a également indiqué qu’elle conservait ses collaborateurs (au nombre de trois) pour sa mission, rémunérés, selon la Charente Libre, 6.000, 5.000 et 4.700 euros nets par mois. Le 1er juillet prochain, un 4ème collaborateur rémunéré 6.000 euros devrait par ailleurs venir renforcer l’équipe.

Mais l’ex-ministre ne compte pas faire seule les frais de cette polémique. «Je suis en train de créer une jurisprudence avec cette décision, parce qu’il y a beaucoup de gens qui se trouvent dans cette situation et qui vont aujourd’hui ou demain être confrontés au même problème», a-t-elle averti.

La réponse de François Fillon ne s’est pas fait attendre. Quelques minutes après l’allocution télévisée de Christine Boutin, le premier ministre l’a félicité de sa décision et a annoncé que les rémunérations octroyées à des personnalités pour des missions seraient désormais cadrées «selon une doctrine uniforme». «Cette doctrine fixera des références, notamment sur leur niveau, les éventuels cumuls, et bien sûr prendra en compte la nature et les exigences de chaque mission», conclut-il.

Reste à savoir si Henri de Raincourt sera concerné. Jeudi, le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement a déclaré toucher, en plus de son indemnité de ministre, «une petite partie» de sa retraite de sénateur. Interrogé sur Public Sénat sur le montant exact de de cette retraite, l’ancien sénateur a simplement répondu: «je n’en sais rien parce que je ne suis pas au taquet».

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