3000e numéro de Rivarol

Le trois millième numéro de Rivarol, l’hebdomadaire de l’opposition anti-système, vient de sortir.
Aujourd’hui se fêtent par ailleurs les 60 ans de ce journal – champion du nombre de procès subis – lors d’un banquet unitaire.

On peut trouver Rivarol dans de nombreux kiosques (voir sur ce site).

Voici le mot écrit par son dynamique directeur dans ce numéro-anniversaire :

L’espérance est nôtre !

RIVAROL sexagénaire ! Pour mesurer ce que six décennies représentent, il suffit de se remémorer l’état du monde en janvier 1951 : Staline était le maître incontesté de l’Union soviétique, Pie XII régnait sur l’Eglise, le Maréchal Pétain finissait ses jours à l’île d’Yeu, les prêtres portaient la soutane et les militaires l’uniforme, l’avortement restait un crime, la France possédait un immense empire colonial et n’était pas encore en proie à un urbanisme délirant, à une immigration massive, à une insécurité galopante. Le monde a plus changé en soixante ans qu’en deux mille.
Toutes les valeurs ont été subverties, le sens des mots inversé, les institutions anéanties, les intelligences perverties, les consciences détruites. L’invasion de la techno-science, la déchristianisation généralisée, le matérialisme triomphant ont profondément bouleversé la façon de penser et de vivre de nos contemporains. Pendant tout ce temps RIVAROL est resté fidèle à lui-même et il est toujours là, debout : fluctuat nec mergitur. La devise de la ville de Paris s’applique bien à l’Hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne. Voilà quelles sont, me semble-t-il, ses caractéristiques fondamentales :

RIVAROL est d’abord le journal de l’engagement. Ces dernières décennies ont vu la disparition progressive des journaux d’opinion sacrifiés par la société capitaliste. Les groupes bancaires et industriels qui contrôlent la quasi-totalité de la presse écrite ne détestent rien tant en effet que les lignes éditoriales trop marquées, pas assez policées. De sorte qu’aujourd’hui du Figaro à Libération, du Monde à L’Humanité, de L’Express à Rouge, c’est le même conformisme idéologique, la même soumission aux puissances du jour, la même pusillanimité. Car comme le remarquait déjà à son époque le prophète Edouard Drumont dans La France juive : « Notre siècle est effroyablement lâche. » Il est tellement plus facile de s’en prendre à des vieillards inoffensifs comme Papon, Touvier ou Pinochet qu’à la tyrannie de certains lobbies et à la malfaisance de nos gouvernants !

RIVAROL est le journal du risque. Anticommuniste à une époque où toutes les élites intellectuelles avaient les yeux de Chimène pour le petit père des peuples, antigaulliste à un moment où toute la presse bien-pensante manifestait la plus extrême déférence envers le fondateur de la Ve et le fossoyeur de l’Algérie française, il n’a jamais reculé devant les procès, les amendes, les saisies dont il détient le record, ce qui dans les temps actuels est la plus belle des décorations. Dans notre société qui tolère et promeut toutes les violences, toutes les incivilités, toutes les goujateries, qui fait de la vulgarité une fin en soi, jamais la liberté d’expression, de pensée, de critique, de polémique n’a été aussi menacée. Or, plus que jamais le journaliste a un devoir d’impertinence et d’insoumission.

RIVAROL est l’organe du refus radical et constant du système hérité de la Seconde Guerre mondiale et fondé sur le mensonge, qu’il soit historique, statistique, politique ou religieux. Il s’adresse à cette minorité de Français qui ont gardé encore intacte en eux la capacité de se révolter contre l’imposture. Il exprime le rejet d’un ordre établi qui n’est jamais qu’un désordre organisé, qu’une subversion légalisée. Il tente de repérer, de traquer, de dénoncer la duplicité, le cynisme d’une classe politique corrompue et arrogante qui vole, triche, ment pour s’étonner ensuite que beaucoup de Français et de néo-Français agissent comme elle. Notre journal a d’autre part le souci constant de démythification et de démystification de toutes les idéologies (antiracisme, droit de l’hommisme…) qui s’érigent en absolu et sont autant de machines de guerre lancées contre l’Occident.

RIVAROL est le journal de l’intransigeance et de la radicalité. Rien ne lui est en effet plus étranger que l’esprit de compromis, de concession, de modération, autant de mots qui masquent souvent des compromissions voire des capitulations. Beaucoup de défaites de la droite depuis deux siècles s’expliquent précisément par cette tentation de composer avec le régime en place, voire dans certains cas de le rallier. Or, on ne réforme pas un monstre ; on ne discute pas avec ; on le combat de manière frontale. C’est pourquoi il n’y a rien à attendre des modérés, de ces conservateurs à la Millon, à la Boutin ou à la Villiers. Le Christ dans l’Ecriture ne dit-il pas qu’il vomit les tièdes ? Et tous les grands bouleversements historiques n’ont-ils pas été menés à bien par des gens ne renonçant à rien parce que croyant à leur idéal ?

RIVAROL est le journal de la fidélité. Et d’abord de la fidélité à nos morts. A tous ceux qui ont combattu contre le communisme et pour la sauvegarde de l’Europe blanche et chrétienne. Fidélité à une ligne politique, fidélité à un idéal, celui d’une France enfin libérée de l’« immigration-invasion » (dixit Giscard), de la colonisation marxiste, de la domination de certaines forces occultes et prête alors à renouer avec sa vocation millénaire à la grandeur et au prestige.

RIVAROL est enfin le journal de l’espérance française. Sans doute ce mot vous surprendra-t-il tant souvent vous nous faites le reproche d’être trop pessimistes. Mais notre devoir est de regarder la vérité en face, et la réalité est sombre : notre pays est aujourd’hui envahi, avili par la pornographie, menacé de démembrement par les menées séparatistes, vidé de sa substance par l’européisme d’inspiration mondialiste. Le français lui-même est mis en cause par la réapparition artificielle de dialectes régionaux et par l’émergence de l’horrible « parler-Jeune ». Le franc, notre compagnon de route depuis Jean II le Bon, a disparu en 2002 de sorte que les enfants des écoles n’apprennent plus à compter avec notre monnaie nationale. On efface ainsi de leurs structures mentales jusqu’au mot même de France. De plus, toutes les capacités de résistance ont été méthodiquement mises à bas : l’armée réduite à néant, la famille éclatée et parodiée, l’école ruinée par les pédagogies rousseauistes et assiégée par les nouveaux barbares, la patrie anéantie, l’Eglise éclipsée, occupée, occultée par des intrus qui détruisent la foi catholique et s’acharnent à obstruer les canaux de la grâce. Les Français eux-mêmes de courageux, travailleurs, polis, élégants, vifs, honnêtes qu’ils étaient sont trop souvent devenus pleutres, paresseux, grossiers, débraillés, amorphes, corrompus.

Il n’est plus de chrétienté, plus de civilisation, mais une société déstructurée, déracinée, atomisée, un agrégat d’individus réduits au statut de consommateurs. Nous vivons l’époque de l’absurde et du néant, mais à la différence du XXe siècle, il est fort peu d’artistes, de dramaturges, de philosophes, de poètes ou de théologiens pour dire cet absurde. Nous connaissons un de ces moments historiques où il est impossible de réussir de grandes choses tant l’ennemi semble avoir tout submergé. Il ne reste alors qu’à sauvegarder ce qui peut l’être. Au moment des grandes invasions barbares, n’est-ce pas ce qu’ont fait les chrétiens en se repliant dans les monastères et en rendant ainsi possible le moment venu une éblouissante renaissance médiévale ?

Plus modestement, notre rôle à RIVAROL, c’est de maintenir et de transmettre notre héritage national et européen. Dans l’espérance de jours meilleurs. Car comme l’écrivait dès 1954 dans nos colonnes Pierre-Antoine Cousteau : « L’espérance est nôtre » (RIV., 25 mars 1954). Cette disposition d’esprit, qui ne se confond ni avec le simple espoir (laissons-le à Malraux !) ni avec cet optimisme artificiel qu’on nous vend quotidiennement, est ce qui nous aide à vivre et à combattre dans ce monde irrespirable où l’air manque à nos poumons. Mais grâce à vous, amis lecteurs, grâce à votre soutien, vos conseils, votre confiance, vos réprimandes le cas échéant (et c’est nécessaire dans une famille qui s’aime), nous nous sentirons encore longtemps la force de crier avec Bernanos : « ILS NE NOUS AURONT PAS ! ILS NE NOUS AURONT PAS VIVANTS ! »

Jérôme BOURBON.

1 commentaire concernant l'article “3000e numéro de Rivarol”

  1. Six décénie de rivarol quel triste aniversaire et quel grand journal!

    Et oui mais hélas il y a + 60 ans dans les barges du débarquement du 6 juin 1944 revenaient nos rats de la 3 eme république nous permettant de vivre ainsi plus de 70 ans de décadence car comme le disait l amiral de Gaule (le fils du général) les fourriers de l’invasion ( désastre de juin 40) suivait les troupes américaines. De fait la France d’aujourd’hui n est que la continuité de la 3 ème république.
    Nous avons perdu nos colonies certe.
    Nous avons perdu l Algérie c étais prévisible.
    Maintenant il s agit de ne pas perdre l hexagone c est à dire le foyer national français car nous n avons pas de terre promise .
    Aujourd’hui devant la basilique de Saint denis ou est enterré le plus grand des Français Charles le Marteau (martel) sur une terre franque voit déferler la pire invasion de notre histoire!

    France qu’ as tu fais de ton bapteme?

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